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B. — IMPORTANCE POUR LES AUTRES ANIMAUX

Il ne faut pas perdre de vue que brucella abortus est capable d’infecter un grand nombre d'animaux, en particulier, le porc, le cheval et le mulet, le mouton, la chèvre, etc.

L'espèce porcine peut être infectée comme le prouvent les cas signalés par Haye et Traum en Amérique, par Marcis en Hongrie.

D'après Cotton, la relation entre la maladie des bovins et des porcs n’a pas encore été établie. Il semble difficile d’infecter, expérimentalement, la vache avec une souche porcine d’abortus et inversement la truie avec une souche bovine.

Schrœder et Cotton, puis Cotton et Buck, n’ont pu obtenir l'infection de la truie par les voies naturelles avec des brucella isolées des bovins, alors qu'ils réussissent toujours avec celles qui proviennent des porcs. La chose est cependant réalisable, si l’on introduit l’agent dans les replis de la conjonctive ou sous la peau. |

I1 faut considérer que l'infection naturelle diffère souvent, par ses résultats, des expériences même les mieux conduites, et ne retenir que la possibilité d'infection, par la variété bovine de brucella abortus, de l’espèce porcine.

Ces animaux, en général nourris de lait ou de ses sousproduits, les uns et les autres souvent virulents, sont particulièrement exposés à la contamination par la vache.

Les accidents produits se rapprochent de ceux observés chez les bovins.

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Ils se résument, le plus souvent, en des avortements infectieux, à la suite desquels les truies sont très malades pendant deux à trois semaines, mais se rétablissent très rapidement. W.-E. Cotton signale que l’on peut trouver des infections génitales graves, provoquées par la rétention de débris placentaires et se traduisant par de la métrite chronique, de la métro-péritonite et des lésions ovariennes.

Les verrats semblent être touchés beaucoup plus souvent que les taureaux ; ils jouent probablement un rôle important dans la transmission des germes.

Les jeunes succombent en grand nombre à la maladie. Les Professeurs Uranow et Bohl ont décrit, comme séquelles de ces accidents épizootiques dus à brucella abortus, la stérilité d’un nombre considérable de mères et de fréquentes boiteries des postérieurs.

La maladie n’a pas ici la même gravité que pour les bovins.

Ceci paraît trouver une explication dans les conditions spéciales qui président à l'élevage du porc et le peu de réceptivité que montre cet animal pour les microbes de souche bovine.

Il est intéressant de noter que le passage du bacille abortif dans l’espèce porcine s'accompagne d’une transformation de ses propriétés :

Les souches isolées de cette espèce conservent leurs caractères morphologiques, mais elles poussent très bien à l'air libre, lors d’un premier isolement, et se montrent généralement plus virulentes.

Les expériences effectuées en 1929 par Forest Huddleson et Hallman ont montré que ces souches étaient plus patho-

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gènes pour le singe, que celles du mélitensis ou de l’abortus isolé de l'organisme bovin. D'après Schræœder et Cotton, la différenciation des origines de l’abortus serait possible, la difficulté de l'infection réciproque mise à part, grâce à ce fait, que leur inoculation au cobaye ne donne pas les mêmes lésions. Avec les brucella isolées du porc, on trouve une tendance à la nécrose et aux affections des os ; il apparaît des localisations anormales, au niveau des orbites par exemple.

L'espèce chevaline est beaucoup moins fréquemment atteinte.

Les chances d'infection sont réduites : l’ingestion de lait par les chevaux est, en France du moins, un fait exceptionnel ; de plus, ils sont entretenus dans des bonnes conditions hygiéniques.

Il semble cependant que, dans quelques circonstances, la transmission du germe abortif aux équidés peut avoir lieu, surtout par le contact.

Rinjard a signalé des avortements chez la jument où le rôle de brucella abortus ne peut être mis en doute. La maladie se traduit, plus généralement, par des localisations pyogènes :

Rinjard et Hilger, dans une région où les accidents suppuratifs au niveau du garrot et de la nuque, accompagnés de nécrose tendineuse ou aponévrotique, étaient fréquents, ont mis en évidence l’action de ce microbe, comme générateur de tels accidents.

Van der Hoeden, à la suite de recherches sur la présence de la brucella chez le cheval, a signalé la possibilité de lui attribuer des infections pyogènes variées.

Hulten a signalé un cas de contamination typique par la vache.

Fitch, Lucile Bishop et L. Boyd, étudient aussi la question : examinant 61 cas de fistules nécrotiques et de maux de garrot, ils obtiennent une agglutination à un taux égal ou supérieur à 1 % dans 76 % des cas. Ils mettent le microbe en évidence par culture sur 22 % des malades.

Ces mêmes auteurs n'arrivent à reproduire les lésions, que par inoculation directe du germe dans le ligament cervical.

L'’infection des équidés ne serait pas exceptionnelle, aussi sans imputer systématiquement à l'agent de la brucellose toutes les suppurations persistantes, y a-t-il lieu de le suspecter dans les fermes où les bovidés sont infectés, lorsque les accidents ne relèvent d'aucune blessure grave, ou deviennent fréquents sans raison.

Les espèces ovine et caprine, ne semblent pas, jusqu'à présent, avoir subi de pertes bien alarmantes. Elles sont cependant sensibles aux brucella.

On sait depuis longtemps, que le mélitensis est pathogène pour ces animaux.

On peut admettre que l’abortus est aussi capable de les infecter, malgré la difficulté que l’on éprouve à en apporter la preuve et à déterminer la part qui revient à chacun des deux germes voisins. De nombreuses observations établissent que la maladie peut revêtir, chez la brebis, la même allure que chez la vache.

La brucellose ovine et caprine se traduit par des avortements qui surviennent du troisième au quatrième mois de la gestation, Ils ne sont pas constants et ne se produisent qu’une fois pour une même femelle. On observe aussi de la stérilité transitoire, de la métrite purulente ; des dimi-

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nutions ou suppressions de la sécrétion lactée ; des pertes nombreuses d’agneaux venus à terme, par septicémie brucellique ou arthrites spécifiques.

D'autres espèces animales peuvent être infectées par les brucella.

A côté des animaux de laboratoire, sensibles à ces microbes, comme le cobaye, le lapin, le rat, etc... il faut citer les carnivores, les oiseaux.

Van Saceghem a rapporté qu’au Congo belge, dans certaines fermes, des avortements chez la chienne étaient constatés en même temps que chez la vache.

Les chiens peuvent s’infecter par le contact ou l’ingestion de lait bacillifère, de produits virulents, et propager la brucellose bovine, comme la fièvre ondulante.

Dargène et Bazy ont attribué un foyer épidémique de celleci, à une chienne reconnue malade. Dans certains cas, l’avortement de cet animal peut être le point de départ du diagnostic de l'infection chez les bovins.

An Amérique, des chats ont été trouvés porteurs de brucella abortus.

L'année dernière, Violle a signalé comme possible la transmission de la fièvre ondulante par les oiseaux. Des expériences ont montré que certains de ceux-ci, comme le pigeon, le pinson, la grive, s’infectent facilement. Il en serait de même de la poule, de la pintade, etc.

Les sujets infectés succombent à la maladie ou demeurent porteurs de germes.

En résumé, les dangers de la maladie déjà considérables pour la seule espèce bovine, sont encore augmentés par la transmission à de nombreux autres animaux.

En dehors des pertes causées à ceux-ci, ces circonstances

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