Voyez les OEut-res de Racine^ tome VI, p. 648, note
3. Suivant un critique, ce sobriquet rappellerait la liaison de la Bruyère avec la veuve d'un personnage qui, parmi ses prénoms, avait compté celui de Maximilien : nous reviendrons sur cette hypothèse inadmissible. Un autre, M. Destailleur, y voit une sorte de jeu de mots : Maximilien^ l'homme aux maximes. La Bruyère, a-t-on dit encore, connaissait fort bien l'histoire contemporaine de Hongrie, et il aurait pu en parler tout aussi bien que l'électeur de Bavière lui-même, fameux par ses hauts faits en Hou- La Bruyère, i p
xc NOTICE BIOGRAPHIQUE
Déjà préparé pour l'impression , le manuscrit que la Bruyère portait ainsi à Auteuil commençait par sa traduction, puisque Boileau donne à son ouvrage le titre de Théophraste. On s'est demandé souvent si la Bruyère a composé ses Caractères avant de traduire ceux de Théophraste; ou si, au contraire, c'est par imitation et après avoir achevé sa version qu'il a écrit ses propres remarques, comme pour en grossir son livre. On s'en tient généralement à la seconde hypothèse, et je conviens qu'elle se concilie mieux que la première avec cette déclaration de la Bruyère, qu'il pubhe de nouveaux caractères, à la suite de sa traduction, « dans l'esprit de contenter ceux qui reçoivent froidement tout ce qui appartient aux étrangers et aux anciens, et qui n'estiment que leurs mœurs*. >> Timide et naïve excuse de la hardiesse qui le fait se présenter au public avec le titre d'auteur ! Je crois cependant, contrairement à l'opinion commune et à la déclaration de la Bruyère lui-même, qu'il n'a traduit Théophraste qu'après avoir composé le premier texte des Caractères de ce siècle, celui des éditions i à m, où rien ne rappelle les Caractères grecs.
Sans doute, si l'on prend les Caractères de la Bruyère dans l'une des éditions complètes, on constatera çà et là l'imitation flagrante de la manière du disciple d'Aristote. Aussi M. Challemel-Lacour a-t-il pu signaler, avec la plus parfaite justesse, une manifeste analogie de procédé chez Théophraste et chez la Bruyère^. Très-souvent, en effet, comme il l'a fait remarquer, les caractères de la Bruyère ne sont pas simplement des portraits moraux; très-souvent, à l'exemple de Théophraste, la Bruyère y peint « l'extérieur, » y relève « les signes particuliers, » même « les tics, » ajoutant minutieusement « le relief des habitudes physiques » aux analyses plus intimes. Dans les caractères auxquels je fais allusion, dans ceux de Drance^ de Gnatbon, de Giton, dans bien d'autres eneore, il use largement
grie, Maximilien II ; de là viendrait peut-être le nom qu'il s'agit d'expliquer : cette troisième conjecture nous paraît aussi peu acceptable que la première. Quanta la seconde, nous n'osons ni l'écarter absolument a priori^ ni l'appuyer.