‹ La bruyèreChapitre 50 sur 81 · Tome II, p. 204-219, n · texte numérisé non relu

Tome II, p. 204-219, n

4. Après sa mort, on ne trouva qu'onze jetons de l'Académie dans le meuble où il les plaçait : ils ne témoigneraient même pas de sa présence à onze séances, car quarante jetons d'argent, delà valeur de 40 sols, étaient distribués entre les membres seuls qui étaient présents à l'ouverture de la séance. Il serait possible, du reste, que la Bruyère eût donné ou vendu une partie des siens.

cxxvi NOTICE BIOGRAPHIQUE

vis-à-vis de ses amis de l'Académie et d'un ami du dehors qui était secrétaire d'Etat, le contrôleur général Pontchartrain.

La Loubère obtint la succession de l'abbé François Tallemant, qui était mort le 6 mai, huit jours avant le premier scrutin de l'élection qui nomma la Bruyère, et plus d'un mois avant sa réception. En le remerciant dans son discours d'un désistement qui n'était que l'ajournement à brève échéance de sa candidature, la Bruyère lui avait presque promis la place vacante : « Un père, avait-il dit, mène son fils à un spectacle : la foule y est grande, la porte est assiégée; il est haut et robuste, il fend la presse; et comme il est près d'entrer, il pousse son fils devant lui, qui, sans cette précaution, ou n'entreroit point ou entreroit tard*. » La Loubère, qui avait poussé la Bruyère devant lui, devait entrer à sa suite, pour l'exactitude de l'apologue, et il entra ; mais, sur les vingt et un académiciens présents, il y en eut huit toutefois qui n'eurent pas d'empressement à faire honneur à l'engagement que la Bruyère avait pris en leur nom. Le Mercure historique fait remarquer qu'une neuvième voix, se joignant à ces voix dissidentes, eût exclu à jamais la Loubère de l'Académie^. Les adversaires de sa candidature étaient, je pense, les académiciens qui avaient combattu celle de la Bi'uyère, sans tenir compte des vœux de Pontchartrain. Cette fois encore, il s'était dit que le contrôleur général voulait imposer à l'Académie le choix de la Loubère, qui était précepteur de son fils, et le propos avait quelque vraisemblance. Il courut à ce sujet une chanson*, attribuée par quelques-uns à la Fontaine, par d'autres à Chaulieu :

Messieurs, vous aurez la Loubère :

L'intérêt veut qu'on le préfère Au mérite le plus certain.

Il entrera, quoi qu'on en die :

C'est un impôt que Pontchartrain Veut mettre sur l'Académie*.

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