Tome II, p
SUR LA BRUYERE. cxxv
casion de prononcer une autre harangue devant l'Académie : n'ayant jamais été son directeur, il n'eut point le devoir de prendre la parole en son nom, et jamais il ne proposa d'ajouter au programme des solennités académiques la lecture d'un morceau composé par lui*.
Au moment oîi il était appelé à partager ses travaux, l'Académie achevait son Dictionnaire, qui devait paraître au mois d'août 1694. Le Dictionnaire terminé, elle consacra ses délibérations « à recueillir et à résoudre des doutes sur la langue, » suivant les expressions de l'abbé d'Olivet^, en vue de la grammaire qu'elle avait le projet de rédiger. La Bruyère était candidat ou était bien près de l'être lorsqu'il publia, dans le chapitre de Quelques usages^, sa dissertation sur les mots que la mode avait abandonnés, montrant ainsi qu'il était prêt aux discussions qui occupaient la Compagnie. Sa parfaite connaissance de la littérature, ses réflexions sur l'histoire des mots, le travail incessant de son esprit, toujours à la recherche des tours, des ressouxTes, des artifices que peut offrir la langue, avaient fait de lui un lexicographe et grammairien très-compétent et autorisé. Mais s'il se mêla aux études philologiques de l'Académie, il le fit sans bruit''. Du moins assistait-il aux séances d'élections. A la première des élections qui suivirent la sienne, il ne pouvait refuser son concours à la candidature de la Loubère, qui s'était retiré devant lui; nous le retrouverons à la troisième, faisant montre d'une égale indépendance
1. Après la date de sa réception, son nom ne devait plus être inscrit qu'une fois sur le registre des séances de l'Académie : le i5 juin 1696, trois années jour pour jour après sa réception, un mois après sa mort, la Compagnie, convoquée par billets, assista à lui service religieux, célébré en sa mémoire, à l'église des Carmes des Billettes.