‹ La bruyèreChapitre 61 sur 81 · Voyez tome II, p. ioi-io3, n" 56 ; et p. 5i4 et 5i · texte numérisé non relu

Voyez tome II, p. ioi-io3, n" 56 ; et p. 5i4 et 5i

SUR LA BRUYERE. cxxxix

lui-même a pu se rendre cette justice. Il admirait sa verve et son talent, et l'estimait malgré ses enfantillages. Santeul, de son côté, lui avait pardonné d'avoir publié de lui un portrait ressemblant, et même l'en avait remercié : ce « beau portrait, écrit le président Bouhier en parlant du caractère de Théodas^ plut si fort à Santeul lui-même, que je me souviens d'avoir vu, entre les mains de la Bruyère, une de ses lettres où il l'en remercioit et oîi il signoit : Votre ami Théodas^ fou et sage *. » Quels qu'aient été les nuages qui ont pu troubler leurs relations, et dont nous trouverons bientôt le témoignage dans une citation des Soucenirs de JBou/iier, il y eut, entre le poète et le moraliste, un long commerce d'amitié*, où le premier, bien qu'il fût « avide et insatiable de louanges » et « prêt de se jeter aux yeux de ses critiques, » eut assez de sagesse pour mettre à profit la « censure » du second. Santeul se vantait lui-même de cette docilité que la Bruyère reconnaît et loue en lui : il se donnait, en effet, comme le plus docile de tous les poètes, dans une lettre qu'il écrivait en 1684 à Condé, pour lui annoncer l'envoi k d'ébauches » qu'il lui faisait parvenir par son pédagogue' . Il ne nomme point ce pédagogue, mais, dans l'entourage de Condé, qui pouvaitil appeler ainsi, si ce n'est la Bruyère ? On retrouve plus tard d'autres marques de l'empressement de Santeul à le consulter; nous le voyons, en 1690, remettre à notre auteur la première copie de la Plainte de sainte Hunegonde'' ; et,

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