‹ La Bruyère; textes choisis et commentésChapitre 29 sur 54 · LA BRUYÈRE GENTILHOMME DE M. LE DUC · texte numérisé non relu

LA BRUYÈRE GENTILHOMME DE M. LE DUC

sable ; le 28 mai le scrutin définitif confirmait les précédents. Le moraliste dès lors procédait à la rédaction de son discours de réception, cependant que les épigramnies pleuvaient sur la Compagnie.

Au dire de Boursault, deux heures avant l'introduction du récipiendaire, les académistes « trouvèrent sur leurs tables » ce quatrain ironique :

Quand, pour s'unir à vous, Alcide se présente, Pourquoi tant crier haro?

Dans le nombre des quai'ante, Ne faut-il pas un zéro?

Le lundi 15 juin 1693, eut lieu au Louvre la cérémonie de la réception devant un grand concours de monde.

M. l'abbé Biguon, dit Donneau de Visé dans le Mercure galant, confirmé siu" ce point par les Registres de V Académie, parla le premier, et fit un discours où l'on n'admira pas moins l'ordre et la fiaison ingénieuse de chaque matière que la beauté de l'expression et le tom* agréable des pensées. Ce discoui's, prononcé fort noblement, charma toute l'assemblée et, ce qui vous convaincra que les applaudissements furent sincères, c'est que M. l'archevêque de Paris, étant arrivé quand M. l'abbé Bignon était tout près de finir, le pria de ne le pas priver de la satisfaction d'entendre ce qui venait d'avoir une approbation générale. Ce grand prélat joignit ses prières à l'empressement que chacun faisait paraître de jouir encore du même plaisir, et M. l'abbé Bignon, ne lui pouvant refuser ce qu'il demandait si obligeanunent, recommença son discours. L'applaudissement fut encore plus fort qu'il n'avait é<é la première fois et l'on n'y trouva pour tout défaut que celui d'être trop comt.

Au milieu de ce parterre de gens illustres et de grands seigneurs, La Bruyère ne pouvait faiï'e que triste figure. H se dressa et « ânonna » le discours suivant, dont il dut, à plusieurs reprises, reprendre les passages balbutiés.

Page 1