‹ La Bulgarie chrétienne, ètude historiqueChapitre 14 sur 50 · Histoire de Photius, page 165. — Rohrbacher, tome XII · texte numérisé non relu

Histoire de Photius, page 165. — Rohrbacher, tome XII

rent à quelle Église la Bulgarie appartenait définitivement ^

Le concile était terminé depuis trois jours. Les actes avaient été signés et déposés à Sainte-Sophie, lorsque l'empereur Basile appela dans une conférence particulière les légats du pape, le patriarche de Gonstantinople Ignace, avec les délégués des patriarches d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. Les ambassadeurs bulgares furent entendus: ils déclarèrent que leur pays était administré par un clergé grec au moment de l'invasion, et avait été conquis sur l'empire byzantin. Les légats du pape répondirent que la diversité des langues ne confond pas l'ordre de l'Église; qu'il s'agissait, non de la division des empires, mais du droit des sièges; que les papes avaient incontestablement gouverné ce pays, et que les Bulgares, en se soumettant volontairement à l'Église de Rome, avaient fait rentrer le Saint- Siège romain dans ses anciens droits imprescriptibles. Enfin ils récusaient absolument l'autorité de la conférence pour trancher une question qu'ils n'avaient pas eux-mêmes été chargés de résoudre et qu'ils réservaient à l'examen du Saint- Siège. Ils déclarèrent même û'avance la sentence nulle. L'empereur et les prélats orientaux n'en

i. Assemani, tome II, 1" partie, chap. iv\ page 32, et chap. y, page 36. — Rohrbacher, tome XIL

U LA BUL'GARIE CHRBTIENNfi.

remirent pas moins aux Bulgares une déclaration portant, en langue grecque, qu'ils relevaient du patriarchat de Constantînople*. Ils leur persuadèrent aussi de renvoyer les prêtres latins. La Bulgarie reçut alors un évêque grec* consacré par le patriarche de Constantinople, qui y envoya aussi une grande quantité de moines grecs*'.

Les témoignages des historiens sur lès causes de ce changement des Bulgares sont formels. « Le pape, dit Du Gange, refusant de constituer un patriarche en Bulgarie et retardant de jour en jour d'y envoyer un archevêque qui en remplît les fonctions, les Bulgares embrassèrent l'Église grecque^»

Mais, pour revenir à un ordre d'idées déjà indiqué, cette mutation ne séparait pas encore la Bulgarie de la communion catholique. Le siège de Constantinople était alors occupé par Ignace, que les deux Églises honorent comme un saint, qui reconnaissait la suprématie de Rome, et qu'un concile, présidé par les légats du pape venait de rétablir.

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