Fleury, Histoire ecclésiastique, liv. XI, chap. ix
Pierre, a toujours eu la suprématie sur tous les patriarchats de la chrétienté ; mais il n'exerce pas de juridiction directe. et immédiate sur les diocèses relevant de ces autres patriarchats , quoiqu'il soit en communion avec eux. « Le pape, dit Joseph de « Maistre, est revêtu de cinq caractères bien distincts, a car il est évéque de Rome , métropolitain des « églises subw^bicaires , primat d'Italie, patriarche « d'Occident et enfin souverain pontife. Le pape n'a (( jamais exercé sur les autres patriarchats que les « pouvoirs résultant de ce dernier; de sorte qu'à a moins de quelque affaire d'une haute importance, « de quelque abus frappant ou de quelque appel « dans les causes majeUres, les souverains pontifes (( se mêlaient peu -de l'administration ecclésiastique « dans les églises orientales. »
La juridiction du pape s'appliquait, au contraire, directement, dès le iv® siècle, en Asie Mineure, en lllyrie, en Thrace, en Macédoine, de même qu'en Italie, en Gaule, en Espagne et en Afrique. Ces pays formaient le patriarchat particulier de Rome. On sait, en outre, par les actes du concile de Nicée, que cette autorité directe du Saint-Siège était ordinairement, dans certaines parties du patriarchat de Rome, déléguée à quelque siège secondaire qui avait plusieurs évêchés sous sa dépendance. Ainsi, pour ne parler que de l'Orient, il y avait, en 325, des exarchats à Éphèse en Asie , à Césarée en Cappadoce