LB SECOND BMPIRE BULGARE
« à ton empire Nous t'accordons le droit de
« faire frapper de la monnaie à ton effigie..., ete ^.w Ce qui suit a rapport à l'Église ; nous le retrouvons avec plus de détail et de précision dans le privilège adressé au primat de Temovo : « Nous t'établissons (c primat dans le royaume des Bulgares et des Vala- « ques, et, par le présent privilège, nous concédons (c à l'église de Temovo l'autorité primatiale ; nous « établissons que toi et tes successeurs, qui te suo- « céderaient dans la dévotion au Saint-Siège , vous « aurez, comme primats, la prééminence sur les « autres métropolitains de la Bulgarie et de la Valao chie , et ces métropolitains montreront à toi et à « tes successeurs, dans la forme canonique, la révéa rence due à un primat. Nous voulons faire savoir « à ta fraternité que, chez nous, ces deux mots <( primat et patriarche ont presque la même signifi- « cation , puisque les primats et les patriarches ont « la même autorité sous des noms différents. Par « ce présent privilège , nous accordons aussi à toi « et à tes successeurs la faculté d'oindre , de bénir « et de couronner les rois des Bulgares et des Vala- (( ques. A ta mort, nul ne pourra être subreptice- « ment élevé sur le siège de Temovo, mais bien « celui qui y aura été élu canoniquement suivant la « coutume approuvée. Que celui qui aura été élu w par le métropolitain et les èvêques qui pourront 1. Assemani, tome V, page 139.
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« se trouver présents soit consacré évéque soleun nellement. Une fois consacré, il enverra au SaÎDtc( Siège des nonces, pour demander le pallium , in- « signe de la plénitude du pouvoir pontifical. Â son « avènement , il prêtera serment à nous ou à nos « successeurs et à TÉglise romaine. Mais lorsqu'un c( des métropolitains soumis à ta primatie sera mort, « c*est toi qui confirmeras Téiection du succès- « seur et donneras à sa personne la consécration « épiscopale. Avec des nonces de l'Église à laquelle « il faut pourvoir, tu manderas des nonces à toi pour (( demander au Saint-Siège le pallium que nous t'en- « verrons volontiers et avec plaisir par ces nonces. « Tu le recevras sous notre cachet et tu le conféreras « solennellement dans la forme au métropolitain (( élu. Si nous jugeons à propos qu'un légat ou un (( nonce y assiste , tu accompliras la cérémonie ex n œquo et de concert avec lui. De même, pour (c l'Église bulgare et valaque, nous te T5oncédons de « faire chaque année, le jour de la Cène de Notre- « Seigneur, le chrême et l'huil^ des catéchumènes
(c et des malades, etc En outre, nous accordons
« à ta fraternité la faculté de faire porter devant toi « dans toute la Bulgarie et la Valachie la croix et « une bannière représentant la passion de Notre- « Seigneur *. »
i. Le texte de cet acte se trouve au livre VII» des Lettres dlnnocent m, et dans Assemani, tome V, page 140.
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' Cet acte est comme la charte de l'Église vlachobulgare; on voit que le primat ou patriarche de Ternovo y reçoit des pouvoirs très -étendus, qui le constituent véritablement autonome et autocéphale , puisque l'élection a lieu dans le pays et que le primat ou patriarche a le droit de consacrer le chrême. Il n'y a rien, dans cet acte, qu* puisse inquiéter la jalousie nationale la plus soupçonneuse, et cependant Fépiscopat indigène trouve dans ses rapports avec la cour de Rome des garanties d'indépendance contre l'arbitraire du pouvoir temporel.
L'on remarquera que, dans ces communications, le pape se sert du mot primat qu'il déclare équivalent à celui de patriarche, tandis que le roi bulgare et le primat aussi depuis sa consécration emploient ordinairement le mot patriarche. Il est probable que Joannice tenait à ce que son Église n'eût pas une qualitication inférieure à celle de l'Eglise de Constantinople. Ce qu'il faut considérer ici; ce n'est pas le titre, mais les attributions^. « Un primat « comme celui de Temovo , dit le continuateur de « Farlati, équivaut à un patriarche, avec cette difa férence seulement que le primat commande à « moins de provinces ecclésiastiques que le patriar- (t che. » Pour prendre un exemple actuel , il est
i. Le nom de patriarche avait été même donné primitivement à tons les évoques. (Grégoire, page 148.)
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certain que l'archevêque primat des Arméniens unis est bien réellement le chef d'une Église autocéphale, tandis que le patriarche de Venise et celui des Indes ne sont que décorés d'un vain titre.
Le cardinal Léon arriva à Temovo le 15 octobre 1204. Le 7 novembre suivant, la ville et l'église étant magnifiquement ornées, il sacra le primat ou patriarche Basile, et le lendemain, aux applaudissements de l'armée et des citoyens^ il couronna le roi Joannice. Ce prince envoya alors au pape deux jeunes Bulgares avec prière de les faire élever dans les lettres latines, afin que des communications directes pussent s'établir avec Rome.
Mais dans l'intervalle qui s'était écoulé entre l'exaltation d'Innocent III et le couronnement de Joannice, les croisés latins s'étaient emparés de Gonstantinople et avaient soumis tous les États voisins, à Texceplion de la Bulgarie. Aussi Joannice terminet-il sa lettre de remercîment au pape, après la mission du cardinal Léon, par cette phrase significative : (( Quant aux Latins qui sont entrés à « Constanlinople, je demande à Votre Sainteté de « leur écrire qu'ils se tiennent à distance de mon « empire, et, comme mon empire ne leur a fait « aucun mal, qu'ils ne m'insultent pas. S'ils m'at- « taquent et m'insultent, et qu'à la suite il en pé- « risse quelques-uns , que Votre Sainteté ne re- <( garde pas mon empire comme suspect, mais que