EXPOSÉ DE LA SITUATION ACTUELLE
Mais les chrétiens slaves, relevant d*Ochrida ou de Fernovo, ne passaient pas seulement sous la juriiiction d'un autre patriarchat , ce qui eût été peu le chose. Rappelons ce qui a été dit plus haut. ^Église bulgare avait adopté la langue slave; le îlergé s'était recruté parmi les Bulgares et il parlait a langue des fidèles. Mais à partir de la suppression les Églises locales, le haut clergé de la Bulgarie fut îhoisi exclusivement parmi des Grecs qui restaient peu de temps dans le pays et n'en apprenaient pas la langue. La liturgie slavonne fut abolie, et les études bulgares proscrites. « A partir de cette époque, dit rhistorien grec Philimon, dont nous aimons ï invoquer ici l'autorité , de nombreuses écoles furent fondées pour helléniser tout l'Orient *. » Jusqu'au commencement du xix® siècle, on put croire
1. "Iva é^e)iXY)via(i)9i v^v l^vaToXriv ânavoev, tome H, page A.
que rélément grec, au point de vue religieux et littéraire , avait reconquis définitivement Tancien empire de Constantinople, puisqu'il dominait exclusivement en Bulgarie et en Servie comme dans la Moldo-Valachie. Mais une réaction nationale contre rinfluence grecque s'est produite depuis le commencement de ce siècle dans toute la Turquie d'Europe, précisément à Tépoque et à Toccasion de la régénération nationale de la Grèce.
Parmi les révolutions qui ont éclaté presque de nos jours dans la Turquie d'Europe, l'éclat de la lutte et l'importance du résultat immédiat ont surtout attiré Tattention sur le triomphe de la Grèce et sur les espérances qui s'y rattachent directement; Ton n'a pas suffisamment remarqué peut-être que le réveil de la nationalité hellénique amena une scission profonde entre les chrétiens d'Orient. Jusqu'à cette époque , il n'y avait à proprement parler ni Bulgares, ni Grecs, ni Slaves, ni Albanais, mais simplement des chrétiens courbés sous le même joug, et parmi lesquels les Grecs étaient incontestablement les plus industrieux et les plus intelligents. Us étaient, par le patriarchat de Constantinople, les représentants officiels de la chrétienté, et ils avaient même réussi à s'imposer, eux simples raïas, aux chrétiens demi-indépendants de la Moldo- Valachie. Ils crurent que cette suprématie ne serait pas contestée lorsqu'ils se lèveraient pour conquérir