‹ La Bulgarie chrétienne, ètude historiqueChapitre 44 sur 50 · SITUATION ACTUELLE · texte numérisé non relu

SITUATION ACTUELLE

leur indépendance : ils espéraient fermement querétendard de fa Grèce serait Tétendard général de la chrétienté en Orient. Aussi , avec une confiance aveugle, mais touchante, commencèrent-ils leur mouvement dans les principautés danubiennes, c'est-à-dire, dans un pays qui n*est pas grec. Ils s'aperçurent tout de suite que les chrétiens qui n'étaient pas de leur race ne les suivaient pas dans une lutte engagée pour la nationalité grecque et voudraient combattre eux-mêmes pour leurs propres nationalités ^.

Déjà la Moldavie et la Valachie sont revenues à leur culture nationale d'origine latine. La Servie a recouvré un clergé indigène et la langue slave liturgique. La même aspiration se manifeste aujourd'hui dans la Bulgarie, qui n'est pas favorisée, comme ces autres provinces , par une demi-indépendance politique, mais où le sentiment national n'est pas moins prononcé. La Bosnie a la même tendance.

On doit reconnaître que la plupart des pays qui ont voulu se soustraire à l'hégémonie de la Grèce lui devaient cependant beaucoup sous le rapport intellectuel et religieux. Les Grecs prétendent qu'il

1. Il n*y eut d'exception que pour les Épîrotes du rite grec qui sont hellénisés et pour quelques tribus valaques isolées au milieu des Grecs et des Albanais. Quelques-uns des hommes les plus remarquables de la Grèce sont d'origine valaque ou albanaise.

70 LA BULGARIE CHRÉTÏBNNE.

eût été pt-éférable, pont l'Orient chrétien < que la scission n*eût pas lieu. Ils ont peut-être raison. En tout cas, ce ii'est pas notre fôute si les Gfècs oirt perdu leuf suprématie ; nous ne les ettipéchoris pas de la reconquérir s'ils le peuvent. Nous n'atotis, sous ce rapport, ril parti 'pris ni p^éféreïiCè; mais cette impartialité même nous oblige à eonstatêf qti'à tort ou à ntisoïi « aujourà'hui Rourhains et Slaves préféreraient iin joug odieux à Thégémonie grecque.

Il n'entre pas dans nos vues d^exposer en détail la querelle qui se débat en ce moment entré les Grecs et les Bulgares^ Nous avons voulu seulement en indiquer les origines historiques. Voici, du rester les griefs actuels contre le haut clergé grec , tels qu'ils sont formulés dans une sorte de manifeste bulgare, qui a paru en plusieurs langues * :

tt ip ... Considérant les épiscopats et les archié- < piscopats comme des spahiliks et des fiefs, doiit ils « peuvent tirer de l'argent et en* remplir leiiir^ cdf- « fres, le patriarche et le synode ont soin d'élire tou- « jours pour évêques, non pas ceux qui sont éclairés, « et qui ont une instruction solide et une Vie exeiil- « plaire et édifiante, mais bien ceux qui leur donnent « le plus d'argent... comme l'avouent les évêques « eux-mêmes quand ils forcent leurs troupeaux à « leur donner de l'argent.

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