‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 147 sur 198 · LE GOUVERNEMENT BULGARE · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT BULGARE

L'histoire contemporaiAe de la Bulgarie depuis 1878 et la formation des partis. — Le prince Alexandre de Battenberg. — La période russe et la réaction libérale. — La guerre contre la Serbie. — La régence de Stamboulof . — Le règne du prince Ferdinand. — La période autrichienne. — L'évolution vers la France et le retour à la Russie. — L'entente serbe. — Le rôle personnel du prince Ferdinand. — Le parlement bulgare (Sobranié) et la division des partis.

L'Histoire contemporaine de la Bulgarie

ET LA formation DES PARTIS.

LA Bulgarie ne s'appartient à elle-même et n'a commencé à se constituer un gouvernement que depuis son émancipation définitive en 1878. C'est donc depuis ces vingt-cinq ou trente dernières années que les partis politiques s'y sont formés et y ont évolué; c'est dans la même période que les relations étrangères de la principauté bulgare, très directement influencées par la politique intérieure, sur laquelle elles avaient à leur tour un contre-coup immédiat, ont passé par des tâtonnements, des oscillations, des essais successifs, avant d'arriver au mode d'équilibre actuel. II nous faut, dès lors, pour acquérir quelque idée de ce gouvernement bulgare, reprendre l'histoire du pays au point où nous l'avons laissée dans les premiera cYi^.^\\.T^^ ^<e^ ^^

livre, c'est-à-dire à Torigine de la Bulgarie contemporaine, pour l'amener jusqu'à nos jours.

Dans ce bref récit, on ne trouvera pas, bien entendu, des tableaux d'élections au Sobranié ni Ténumération des divers ministères qui ont pu se succéder : il est toujours fort peu intéressant de savoir des noms de ministres, et la politique Intérieure d'une nation, déjà fort insipide quand on s'y trouve mêlé comme concitoyen, devient encore moins attirante quand on l'envisage de très loin. Mais, comme je viens de le rappeler, dans un pays en voie de cristallisation encore imparfaitement orientée, la politique de partis se solidarise avec la politique étrangère et, par là, elle nous touche bien davantage ; car il ne saurait nous être indifférent de savoir si la Bulgarie se tourne vers la Russie, vers l'Autriche, ou même, à plus lointaine distance, vers la France. C'est ce côté de la question que je vais surtout examiner. Nous rencontrerons d'ailleurs, chemin faisant, dans cette histoire, quelques incidents dont la belle couleur romantique n'est pas par elle-même à dédaigner.

Quand la Bulgarie eut été émancipée à San Stefano, puis à Berlin, par raction directe et par la volonté de la Russie, il semblait naturel à tout le monde qu'elle devint une sorte de province russe avancée et c'est un peu à quoi tous s'attendaient, en Europe, en Russie et même en Bulgarie. Depuis longtemps les Bulgares, encouragés, poussés en avant par les agents russes, s'étaient habitués à compter sur leurs grands frères slaves ; beaucoup d'entre eux, parmi les plus marquants, avaient fait leur éducation en Russie et se considéraient eux-mêmes comme à demi russes; il n'était question, en Bulgarie que du « tzar libérateur » ; enfin, depuis près d'un an déjà, dès l'arrivée des Russes au sud du Danube, un gouvernement russe avait commencé à fonctionner et ne demandait qu'à continuer.

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