AGRICULTURE — COMMERCE — INDUSTRIE RICHESSES MINIÈRES
Caractère essentiellement agricole du pays. — Division de la propriété. — Prix des terres. — Caractère des paysans. — Statistique des récoltes. — Céréales. — Progrès à accomplir. — Vignes. — Mûriers. — Essence de roses. — Elevage, commerce des œufs. — Caisses agricoles. — Reboisement. — Commerce extérieur et intérieur. — Industrie. — Richesses minières et possibilité d'une grande industrie. — Combustibles. — Minerais métalliques. — Sources thermales.
Agriculture, les céréales.
La Bulgarie est un pays essentiellement agricole, dont la véritable fortune, dont l'avenir principal est dans l'agriculture. Les deux tiers de ses exportations sont des céréales. La grande industrie a, comme nous le verrons, peu de chances de s'y constituer; mais la fertilité du sol, dont il sera facile d'augmenter encore le rendement par l'introduction de méthodes plus modernes, peut remédier à cette lacune et l'attention du Gouvernement bulgare a été, depuis quelques années, tout particulièrement attirée sur ces questions : en partie, grâce à l'intervention d'un ministre remarquable, M. Ghénadief, qui, au lieu de dédaigner, comme tant d'autres, le çort^ii^M^^ ^^
FAgriculture et du Commeroe, a e^ rintelligence d'en comprendre l'intérêt fondamental.
En Bulgarie, les trois quarts de la population sont agriculteurs. Le régime de la propriété, qui date en grande partie de la période turque, est assez spécial. Théoriquement, le propriétaire universel du sol est l'État; le propriétaire pratique n'est légalement qu'un fermier perpétuel et héréditaire; son fermage se trouve, en fait, représenté par un impôt qui est une dlme : le dixième des revenus, soit en argent, soit parfois en nature. Les communes seules font exception et détiennent à perpétuité des forêts pt des pâturages, pour lesquels elles ne paient rien.
Si nous laissons de côté cette fiction, la propriété est, en général, très divisée, souvent i ou 2^ hectares seulement par individu (au total 546000 propriétaires) : régime qui a les plus grands avantages sociaux en intéressant la masse de la nation à la protection et à la conservation de la propriété, mais qui les compense par des inconvénients pratiques quand il s'agit d'organiser la culture sous une forme industrielle. Cependant il existe de grands propriétaires terriens, dont nous avons rencontré des exemples dans la Dobroudja; de ce côté, on trouve des terres de 2 et 3000 hect^es, avec des tètes de bestiaux par centaines.
Le prix des terres est naturellement très variable d'un point à Tautre. En laissant les villes de côté, dans la Bulgarie du Sud, il atteint 1 500 francs l'hectare; dans la Dobroudja, il est d'environ 300 francs. Le revenu peut être, proportionnellement, très élevé : ce qui correspond d'ailleurs au fort intérêt que rend généralement l'argent en Bulgarie (8 pour 100 commercialement). Le produit brut par hectare de blé atteint, dans la Dobroudja, 200 francs et, net, près de 30 francs. La main-d'œuvre est abondante et à bon marché.
J'ai déjà donné une idée de ce qu'est le paysan