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AGRICULTURE BULGARE

bulgare : très travailleur, très économe, un peu routinier comme tous les paysans. Rendu conservateur par la possession d'un coin de terre, il s'y attache âprement ; il naît et vit pour lui ; son existence a pour but de l'arrondir. Il tient, en outre, à avoir son chez soi, sa maison à lui. C'est, d'une façon générale, un trait du caractère bulgare; même dans les villes, les maisons à plusieurs étages sont rares et se louent mal; les caravansérails de nos capitales européennes n'ont pas de succès. Dans les campagnes, les mdXsons de paysans sont rapprochées les unes des autres^ pour se fournir un appui mutuel, qui n'est plus nécessaire aujourd'hui, mais dont le besoin, remontant au temps des Turcs, a créé cette habitude traditionnelle. Il n'existe pas de fermes isolées dans la campagne ; le paysan, qui habite dans les villages, est souvent obligé de faire plusieurs kilomètres pour aller labourer son champ; les villages, à peu près abandonnés, demeurent alors sous la garde féroce et vigilante des chiens; le laboureur, avec sa femme et ses fils, part le matin, rentre le soir.

D'après une statistique récente, la moitié environ du sol est en pâturages, un. quart en terres arables, 17 pour 100 en forêts et bruyères, 3,26 en prairies, 1,20 en vignes. Ce n'est pas tout à fait l'impression que laisse la traversée de ces grandes plaines fécondes, de ces riches plateaux, où pas un pouce de terre n'est en friche, où pas même une haie ne vient interrompre les étendues indéfinies de labours et de pâturages; mais il faut, comme en tous pays, tenir compte des régions montagneuses et déshéritées, qui, dans les Balkans et le Rhodope, modifient les statistiques. Les 17 pour 100 de forêts ne doivent pas, d'ailleurs, être envisagées comme exploitables; une très grande partie est encore en taillis, en mâc^ub inutilisables, une forte proportion est en bruyèreîJ tftérile^et^

dans les forêts proprement dites, qui, sur les Balkans, par exemple, sont formées d'arbres superbes, il est peu de zones assez facilement accessibles pour donner lieu à une exploitation rationnelle.

Le travail du sol comprend quelques éléments accessoires, qui sont loin d'être sans valeur et dont je parlerai bientôt, comme la culture d€s mûriers pour les vers à soie, celle des rosiers pour l'essence de roses, les vignobles, les tabacs, le chanvre, le pavot, le lin, et j'aurai également à dire un mot des forêts et du reboisement ; mais le point de beaucoup le plus important, qu'il faut traiter d'abord, est, on le conçoit, la culture des céréales.

Ces céréales sont, à peu près par parties égales, le blé (dont on cultive deux qualités, le blé dur et le blé tendre roux) et le maïs. Les deux sont souvent alternées. Ainsi, du côté du Danube, quand on défriche, les terres neuves seraient trop fortes pour le blé qui verserait. Il faut alors commencer par les épuiser un peu en cultivant sept ans de suite du maïs; après quoi on alterne entre le maïs et le blé. Egalement parce que la terre est considérée comme trop forte, on ne met, en bien des cas, aucun engrais; non seulement on n'apporte pas d'engrais artificiels, mais on n'utilise même pas les engrais de ferme. C'est une des curiosités du Déli-Orman et de la Dobroudja, à l'occasion desquels je l'ai signalée, que les montagnes de fumier inutilement accumulées et perdues aux abords des villages et des fermes. Ce fumier, prétend-on, amènerait la verse. Cependant (ce qui semble au premier abord un peu contradictoire) on garde souvent la vieille habitude des jachères, poussée à ses extrêmes limites; c'est une année sur deux que l'on laisse reposer la terre, le paysan n'utilisant en labours que la moitié de son champ. Il est vrai que l'autre moitié n'est pas perdue puisqu'on y met paître les

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