COMBUSTIBLES MINÉRAUX
Combustibles minéraux et possibilités d'une GRANDE Industrie.
L'industrie minière, qui favorise et accélère parfois dans une telle mesure Tessor des pays neufs, est malheureusement peu développée encore en Bulgarie et, malgré les recherches nombreuses et persévérantes entreprises sur certains indices, on n'a encore trouvé que peu de gisements susceptibles d'ulie réelle extension industrielle. Là encore le gouvernement bxilgare fait les efforts les plus louables pour favoriser les études, pour en centraliser les fruits et pour tenir le public au courant des résultats réellement obtenus, sans encourager ces spéculations excessives qui, entraînant bientôt des déceptions et des ruines, éloignent ensuite pour longtemps les capitalistes sérieux. La section des mines, instituée au ministère du Coihmerce, est spécialement chargée de ce service.
Parmi les richesses minières reconnues, la houille tient de beaucoup la première place, grâce aux mines que l'Etat lui-même exploite à Pernik et qui fournissent la majeure partie de la consomiâation locale; mais cette production, insuffisante pour la consommation actuelle si restreinte, le serait à plus forte raison pour permettre un véritable essor industriel. Aussi Tattention publique a-t-elle été très vivement attirée sur les possibilités de mise en valeur future qu« peuvent offrir certaines régions charbonneuses, surtout dans les Balkans. En raison de l'importance que présente cette question ée la iiouille, je vais entrer, à ce propos, dans quelques détails ^
1. Les résultats scientifiques de mes études en Bulgarie ont parus dans deux mémoires des Annales des Mines (mars 1905 et août 1906) sur la Formation charbonneuse supracrétacée des Balkans et ïtiydrologie souterraine de la Dobroudja bulgare, auxquels on voudra bien se reporter pour les questions techniques.
Actuellement, la consommation totale de charbon dans toute la Bulgarie n'atteint pas 150000 tonnes, celle de coke ne va pas à 1 000 tonnes. Dans ces conditions, la Bulgarie n'importe que très peu de houille étrangère, environ 27 000 tonnes, fournies : 11 800 tonnes par l'Angleterre, 7 300 par les mines d'Héraclée en Turquie d'Asie, 8 000 par l'Autriche et la Russie. Sur le reste, 110 000 à 120 000 tonnes viennent de Pernik, où le charbon est un lignite tertiaire ; d'autres petites mines de lignite [Balcan, Bobov-doP) fournissent 5 000 tonnes, le Balkan donne quelques centaines de tonnes, etc..
J'ai déjà dit plus haut quelques mots de ces mines de Pernik, qui alimentent presque exclusivement le chauffage de Sophia et les chemins de fer (propriété de l'Etat comme la mine elle-même). Ces gisements, situés au sud-ouest de Sophia, forment un petit bassin tertiaire, dans lequel on a reconnu déjà plusieurs couches presque horizontales (à 6® d'inclinaison), que l'on exploite par galeries en direction débouchant au jour, avec division en cinq étages et foudroyage. La couche supérieure a 5 mètres de hauteur totale, dont 2 m. 20 de hauteur utile; la seconde 3 m. 50, dont 2 m. 80 en charbon. Ce sont les seules utilisées jusqu'ici ; mais des sondages ont fait, en outre, reconnaître une troisième couche inférieure, épaisse de 2 m. 20, dont 1 m. 60 en charbon, que l'on pourra exploiter par puits lorsque les couches supérieures seront épuisées dans une quinzaine d'années. La couche supérieure a environ 200 mètres de longueur suivant l'inclinaison. Les mines occupent, pendant l'hiver, quand les travaux de la campagne sont arrêtés, jusqu'à 1 000 et 1 200 ouvriers, dont un grand nombre retournent travailler aux champs pendant l'été. Malgré
1. Le bassin important de Bobov-dol a été réservé à l'Etat par la loi de 1892.