INDUSTRIE BULGARE
être capables, sous des formes primitives, cotonnades pour le linge et les habits d'été, laines filées à la maison, tapis grossiers, etc. Le départ d'une grande partie de la population turque a arrêté un moment certaines industries, en attendant qu'elles se reconstituassent dans des mains bulgares. Ailleurs, par exemple pour l'industrie autrefois florissante de la soie, la dévastation des mûriers n'a pu être réparée qu'au bout de quelques années. En outre, comme je viens de le dire, il s'est produit l'évolution naturelle de tous les pays où se créent des moyens de communication, des routes de voiture ou surtout des chemins de fer : évolution qui amène souvent les habitants des petites villes à considérer d'abord comme un désastre la création des voies ferrées, par lesquelles ils sont mis en rapports plus directs avec le reste du monde. Les centres commerciaux se sont trouvés déplacés, les habitudes d'achat ont été modifiées, certaines industries locales se sont vues anéanties par la concurrence. La Bulgarie tout entière a trouvé plus commode, pour bien des petits produits qu'elle fabriquait autrefois, de s'adresser à l'étranger.
Afin de favoriser dans l'avenir le développement industriel, le gouvernement a accordé aux matières premières la franchise des droits d'entrée avec des réductions sur les tarifs de transport. De grands avantages ont été promis à tous ceux qui installent une fabrique pour la production de marchandises déterminées (fils, draps, soie, voitures, produits de l'industrie chimique, verres, bouteilles, allumettes, objets en fer, etc.). Aux termes de la loi sur l'industrie, du moment qu'une telle fabrique emploie un capital d'au moins 25 000 francs, ou donne du travail à au moins vingt-cinq ouvriers et qu'elle est installée d'après des systèmes perfectionnés, elle est exemptée, pendant quinze ans, des droits fonciers et de ^^^«^X.'i,
du droit de timbre sur les contrats conclus en vue de la fondation et sur les actions^ du droit d'entrée sur les machines, etc.. En outre, les produits de ces fabriques sont préférés aux produits étrangers pour les besoins de l'Etat et des communes, alors même qu'à qualité égale, leur prix est sensiblement plus élevé.
Néanmoins l'industrie bulgare n'a quelque développement que pour l'utilisation de certains produits du sol : par exemple pour la filature et le tissage de la laine. Il existe, de plus, des distilleries d'alcool de grain, des brasseries, des minoteries, des menuiseries, des tanneries, des fabriques de ciment, quelques fabriques de sucre, etc..
On peut se faire une idée de ces rudiments industriels en visitant le petit musée commercial d'exposition et de vente pour les produits indigènes que le ministère du Commerce de Sophia a eu la bonne idée de s'annexer.
Ce sont d'abord les étoffes de laine et les draps de soldat, grossiers mais inusables, que l'on fabrique à Slivno dans dix-huit usines, à Gabrovo, etc., et dont on fait une certaine exportation en Turquie ; la passementerie de laine vendue dans le pays ; les tapis, de couleurs un peu rudes, mais bien caractéristiques, confectionnés par exemple à Kotel ; puis les étoffes tissées à la main comme en Orient; un peu de chapellerie, de coutellerie; la soie que l'on commence à filer, ou dont on exporte les cocons; l'essence de roses que j'ai déjà signalée. Au total, un dixième de la population bulgare est occupée par l'industrie dans 440 établissements, représentant un capital de 50 millions et comprenant : 88 minoteries; 25 brasseries; 24 filatures; 12 tanneries; 12 distilleries; 10 fabriques de tapis; 10 fabriques de bonneterie; 10 fabriques de draps et 10 fabriques de savon.