LES CHARBONNAGES DES BALKANS
en filets, où Ton trouve à peine quelques dizaines, quelques centaines, rarement quelques milliers de tonnes; c'est une ressource locale très intéressante et qu'utilisent déjà les fabriques des petites villes industrielles, telles que Gabrovo, Slivno, Kasanlik, etc., situées au pied des Balkans; ce n'est pas, comme on l'avait espéré, la base d'une grande industrie houillère, et les difficultés de transport au point de consommation, qui ont été grandes jusqu'ici, n'ont pas permis encore de produire nulle part un tonnage sérieux.
De tous ces gisements, le seul où une exploration méthodiquement conduite et longtemps poursuivie ait fait reconnaître un gisement un peu continu et un peu important est celui qui se trouve au sud de Trevna, près de Rade vt si, et qui porte le nom de Mine Prinz Boris. Les recherches en ce point datent déjà de (ort loin, puisque, dès 1871, un ingénieur autrichien, M. Er. Schrôckenstein, fut appelé par le gouverneur turc de Routschouk pour les étudier et les apprécier. C'est sur ses conseils que fut constituée plus tard, en 1897 si je ne me trompe, par un entrepreneur français, M. de S..., une Compagnie franco-belge, à laquelle sont dus les travaux actuels. Cette Compagnie a fait d'assez grosses dépenses, exécuté avec un luxe excessif des voies extérieures, plans inclinés, installations, etc.; puis elle a été obligée de s'arrêter, en attendant la construction par l'Etat d'une ligne de chemin de fer, qui, dans quelques années, lui permettra de revivre. Sans entrer dans les considérations techniques, qui seraient ici hors de propos, on peut dire que, dans le principal quartier de la mine, dit le quartier Amélie, on a déjà reconnu un faisceau charbonneux persistant et relativement régulier de trois ou quatre couches, sur 3 à 400 mètres en direction et 60 mètres en inclinaisoD .
En dehors de la mine Prinz Boris, on a, comme \^
Fai dit, trouvé de nombreuses lentilles limitées, telles que celles de Karpazan, Lev, Belnovreoh, Seltsi, Boukova-Poïana, etc. Une seule de ces zones, sur laquelle les explorations commencent à peine, celle de Tchoumerna à Boukova-Poïana, paraît présenter quelque régularité.
Ces charbons des Balkans, là où on les exploite aujourd'hui, doivent supporter un long trajet à dos de mulet, qui les grève d'une quinzaine de francs par tonne. C'est donc tout au plus si, dans les conditions actuelles, ils peuvent, dans la zone des Balkans, lutter contre les charbons anglais, qui coûtent de 35 à 45 francs la tonne rendus aux divers points de la Bulgarie, ni contre ceux d'Héraclée, moins coûteux, mais de qualité inférieure, (du moins tels qu'ils arrivent souvent au consommateur après être sortis de Turquie plus ou moins à la dérobée).
Eij dehors de ces charbons tertiaires et secondaires que nous venons d'étudier, on a encore reconnu, dans le carbonifère de la vallée de l'Isker, quelques anthracites analogues aux schoungites du lac Onega, que leur dureté extrême semble rendre inutilisables.
Si l'on cherche alors par quelles autres ressources la Bulgarie pourrait suppléer à cette disette de combustibles pour se créer une industrie, on peut songer aux forces hydrauliques et aux bois. La « houille blanche » n'est pas d'une abondance extrême dans les Balkans ; cependant elle existe et on l'utilise déjà en d'assez nombreux points pour des moulins à farine, des moulins à foulon ou d'autres petites usines. Quant aux forêts, il est certain que, par un reboisement méthodique et un aménagement rationnel, on peut trouver, en ce sens, de grandes ressources dans les Balkans. J'ai assez dit la beauté des grandes futaies centenaires, qui couvrent le flanc nord. Les maquis, aujourd'hui sans valeur, qui les remplacent sur le