FINANCES BULGARES
taires, ont atténué la gravité de ces opérations. Pourtant, il est bien certain, pour quiconque envisage Tavenir financier de la Bulgarie avec une sympathie impartiale, que, de ce côté, est le vrai point d'interrogation, dans un pays d'ailleurs très en mesure, par sa richesse agricole et par les qualités de ses habitants, de payer les dépenses qu'a pu et pourra encore entraîner son développement économique. La Bulgarie se trouve placée entre son intérêt politique, qui lui commande d'être un pays militairement très fort et de faire des sacrifices à son budget de la guerre pour s'agrandir à la première occasion et, dj autre part, la nécessité, avec des ressources aussi restreintes, surtout aussi dépendantes d'une mauvaise récolte, de procéder en tout très économiquement. Je reviendrai bientôt sur cette question en parlant de l'armée.
Au chapitre recettes, on peut remarquer le rôle que commencent à jouer les revenus des chemins de fer appartenant à l'État. Ces revenus sont encore très faibles, ils ne dépassent guère (et seulement depuis 1904) 2 pour 100 du capital engagé (165 millions en 1903). Ici, comme dans tous les autres pays, on peut donc se demander si ce mode d'exploitation direct par l'Etat est bien rationnel. Cependant, alors que la réponse négative à une telle question n'est (politique à part) pas douteuse pour de grands pays riches comme la France, on peut discuter pour un pays neuf comme la Bulgarie, où l'initiative privée n'aurait pas suffi au début pour engager, sans une très forte subvention, les dépenses nécessaires.
Le gouvernement bulgare semble, d'ailleurs, entrer dans cette voie sociale un peu dangereuse des monopoles et l'on a remarqué que, dans les traités de commerce conclus au début de 1906 avec la France et l'Italie, la Bulgarie s'était réservé encore le droit de monopoliser la poudre, l'alcool et le çétroW»
Dette publique.
La dette publique bulgare atteint au total 357 millions pour une population d'environ 3 800 000 habitants : ce qui constitue un engagement moyen de 99 francs par tête. Cette dette est représentée par les chemins de fer, qui appartiennent presque tous à l'État, et qui produisent déjà 14 millions de revenu par an, par les ports et par le capital de 10 millions fourni en 1885 à la Banque nationale. On peut donc la considérer eomme très faible, surtout quand on la compare à celle de quelques pays voisins ; et, en fait, le taux des derniers emprunts contractés en France en 1902 et 1904 se capitalise à un taux assez restreint de 5 à 5,50 pour 100.
Cette dette se décompose, en chiffres ronds, de la façon suivante :
A l'origine. Amorti. En circalation.
Millions Millions Millions de francs, de francs, de francs.
Emprunt 6 0/0 de 1888 46,77 11,69 35,08
— 6 0/0 de 1880 30,00 7,13 22,86
— 6 0/0 de 1892 124,90 19,76 105,20
— 5 0/0 de 1902 106,00 0,75 105,25
— 5 0/0 de 1904 100,00 d 100,00
Dette de l'ancienne Rouinélie envers
la Porte 10,91 8,51 2,41
Dette envers la Banque agricole
bulgare 2,76
Bons du Trésor au i^^ janv. 1905. 4,40
Dette propre à l'État 377,96
Il faut ajouter l'emprunt 5 0/0 de 1896, garanti principalement par l'avoir de la Banque agricole bulgare et, subsidiairemeiit, parle gouvernement bulgare, dont le total, après amortissement, était, au 1®*" janvier 1905, de 28,65 millions. L'emprunt de 1888 était simplement gagé par les revenus généraux de la principauté ; pour