‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 176 sur 198 · EMPRUNTS BULGARES · texte numérisé non relu

EMPRUNTS BULGARES

celui dç 1889, il a été pris hypothèque sur les lignes Tzaribrod-Sophia-Vacarel et lamboli-Bourgas ; pour celui de 1892, sur les lignes Kaspitchan-Sophia-Kôstendil et Routschouk- Varna et sur les revenus des ports de Varna et de Bourgas.

Enfin, les deux derniers emprunts de 1902 et 1904, contractés dans des conditions qui ont offert un certain intérêt politique et dont je vais par suite dire un mot, ont eu pour gages : le premier, les recettes des tabacs [Banderoles et Mourourié) et le second, le reliquat de ces recettes avec les recettes du timbre.

Au moment où l'emprunt de 1902 a été négocié par le Gouvernement bulgare avec la Banque de Paris et des Pays-Bas, une intervention officieuse des Gouvernements français et russe, qui marquait la réconciliation définitive de la Russie et de la Bulgarie, est venue le faciliter. L'appui de la Russie a été notamment marqué par Fintervention de la Banque de l'Etat de Russie, qui, pour la première fois, a ouvert ses guichets à une souscription publique étrangère; celui de la France, par le rôle de notre diplomatie.

Cet emprunt a reçu pour gages le produit de l'impôt sur la consommation du tabac perçu sous la forme des « banderoles » et le produit de l'impôt sur la fabrication, dit « mourourié » : impôts, qui rapportent en moyenne 9600000 francs par an, tandis que l'emprunt exige, pour le service des intérêts et l'amortissement, une annuité de 5 790118 francs. Afin de contrôler ce service, un fonctionnaire français, M. Georges Bousquet, ancien directeur général des douanes, est aujourd'hui fixé à Sophia, où sa fonction principale consiste à encaisser les sommes dues aux emprunteurs contre remise des « banderoles », c'est-à-dire des bandes timbrées destinées à envelopper les tabacs, qui restent sous sa garde.

Le succès de cet emprunt a amené la Bulgarie ^ ^tv

contracter, deux ans plus tard, en 1904, un second de môme importance et par les mêmes intermédiaires : emprunt dont une forte partie est destinée à payer la commande de batteries de canons au Creuset et dont 20 millions serviront pour la ligne Tirnovo-Borouchtitza. Ce second emprunt de 100 millions a reçu, pour gages, outre le reliquat des recettes des tabacs, les recettes du timbre.

Au total, les recettes, affectées maintenant aux deux emprunts de 1902 et 1904, ont été : en 1902, de 13 429 000; en 1903, de 14364 000; en 1904, de 16 263 000, contre un ensemble d'annuités de 11 253 000.

Depuis longtemps il est, en outre, question de convertir les anciens emprunts bulgares^.

Situation monétaire. Change, etc.

Le système monétaire bulgare est le même que celui de rUnion latine, avec cette différence que l'unité monétaire, le lev, équivalant au franc, est à base d'or. La monnaie bulgare circule dans les mêmes conditions et avec les mêmes coupures que la monnaie française. I^a Banque nationale bulgare, au capital de 10 millions de francs, émet, en outre, des billets payables en or, à vue et au porteur et ayant cours légal vis-à-vis des caisses de l'État.

La situation monétaire d'un pays se traduit aussitôt par les variations du change. A cet égard, la Bulgarie, n'étant pas encore endettée bien sérieusement vis-à-vis de l'étranger et ayant, d'autre part, une balance commerciale habituellement favorable, s'est trouvée, jus-

1. Au moment où l'on imprime ce livre (février 4907), on annonce l'émission à Paris d'un nouvel emprunt 4 1/2 0/0 de 142 millions, dont 53 millions destinés à la conversion des emprunts de 1888 et 1889. En échange, l'industrie française obtient une commande de 25 millions de fournitures militaires faites au Creusot.

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