‹ La Bulgarie d'hier et de demainChapitre 4 sur 198 · LA POLITIQUE BULGARE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE BULGARE

souverains qui nous font Famitiéde visiter Paris; mais,; tout le reste du temps, la caractéristique de T «opinion • publique », en matière de politique étrangère, est de n'avoir aucune espèce d'opinion. Et cela vaut mieux en somme ; car le suffrage universel est un enfant qu'on ne saurait laisser sans danger toucher à la diplo* matie.

Dans les pays balkaniques, il n'en va pas de même ; là, toute l'existence nationale dépend de ces combinaisons politiques qui, seules, ont fait ou laissé faire la Grèce, la Serbie, la Roumanie, la Bulgarie; pas de question; plus grave, plus vitale. Aussi chacun, dans ces petits peuples, a les yeux fixés sur les grandes nations qui jouent tantôt le rôle de gendarmes et tantôt celui de Mécènes. Plus ou moins bruyamment, avec plus ou moins d'exubérance et de vantardise suivant le caractère de la race, chacun discute les solutions que verra éclore l'avenir. Le courant est général ; le voyageur, d'abord le plus indifférent, le plus étranger à ces querelles locales, qui arrivait uniquement préoccupé d'art, de science ou d'histoire, est endoctriné, catéchisé, sommé de se prononcer, de prendre parti ; on n'admet pas la tiédeur ; toute restriction semble un outrage; l'impartialité est trahison... Il n'est pas permis de met- > tre le pied en Grèce, en Bulgarie, en Roumanie, en ; Serbie, sans avoir une opinion sur la Macédoine, et la contagion est telle d'ailleurs que, cette opinion, on la prend très aisément ; au bout de peu de temps, on remanie la carte d'Europe tout comme un autre et l'on résoud, trois fois par jour, la question d'Orient, la

question russe ou l'avenir de la 'monarchie austrohongroise, comme les jeunes diplomates en chambre de nos journaux graves ou de nos revues jaunes, bleues ou roses.

Je n*ai pas la prétention d'avoir échappé plus qu'un autre à ce petit ridicule et, puisqu'en somme le problème politique s'impose à tout voyageur en Orient, je dirai bientôt, en toute incompétence avouée, les réflexions qu'ont pu me suggérer plusieurs voyages successifs en ces pays.

Dans le domaine économique enfin, le développement delà Bulgarie peut nous toucher très vivement; nous n'avons pas le droit d'ignorer que, depuis trente ans, s'est formé et a grandi là-bas un pays sérieux, dont les ressources s'accroissent d'un mouvement continu. Ce pays n'est pas encore et ne sera pas, avant longtemps, industriel ; c'est un pays de cultures qu'enrichit la prospérité de ses blés et l'économie têtue de ses habitants. Ce pays fait un vigoureux effort pour se développer en tous sens; il a eu, jusqu'ici, la sagesse de peu emprunter au dehors ; aussi sa dette est médiocre ; mais ses capitaux sont insuffisants ; il offre en gage un sol d'une fertilité exceptionnelle, un réseau de chemins de fer important, des ports et le travail d'une population laborieuse; et, se tournant vers l'Europe, il lui demande l'argent nécessaire pour achever son réseau de routes et de voies ferrées. Il a besoin d'elle également pour toutes les marchandises que la richesse croissante des habitants rend nécessaires. Jusqu'ici, il a été, à tous égards, dans le domaine économique,

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