III. — ILes écoles bu Ignares en Macédoine
. Le mouvement intellectuel qui eut pour conséquence la résurrection politique de la nation bulgare, s'est, dès les premières années, fait sentir en Macédoine. Nous avons dit que, vers 1848, quatre écoles bulgares existaient dans ce pays. La création de l'Exarchat, permettant la centralisation des efforts des communautés locales, donna un puissant essor à l'enseignement slave et lui permit de lutter presque à armes égales contre les écoles grecques.
Actuellement il existe sous Li haute direction de }/ ' TExarque, une organisation scolaire complète qui s'é- ;' tend à toutes les parties de l'empire ottoman dont la
r population est en partie bulgare, c*est-îi-dire à la Thrace
i. et à la Macédoine.
ï < Un bureau des écoles (outcheben otdêl) est à la tôle \\ de cette organisation; il est chargé entre autres de la
■ répartition des subsides alloués par l'Exarchat. Auprès
' des évêques ou des archiprètres chargés des diocèses se
trouvent des commissions mi-partie ecclésiastiques et laïques, auxquelles sont confiées les affaires adminis- :' tratives, religieuses et scolaires du diocèse; enfin, au
degré inférieur les communautés ou communes nationales, administrent par Torgane de leurs conseils locaux les écoles élémentaires entretenues pour la plus grande partie aux frais des habitants.
En dehors de l'action des autorités religieuses, les écoles bulgares sont soumises à l'inspection des commissions scolaires turques, qui ont seules qualité pour donner aux diplômes la sanction officielle.
L'enseignement bulgare comprend actuellement des écoles secondaires, moyennes et primaires.
Au premier rang se trouve le gymnase de Salonique, l'une des écoles modèles de la région. Cet établissement entretenu par les subsides de l'Exarchat et de la Principauté et par les libéralités des notables bulgares, possède des bâtiments assez vastes et bien disposés, dans lesquels sont logés les élèves dont les familles n'habitent pas la ville. L'installation au point de vue de l'enseignement est très convenable ; les collections servant aux leçons de physique, de chimie et d'histoire naturelle sont suffisamment pourvues.
Le cours des études est réparti en sept classes et
embradso la totalité des connaissances que comporte ;
notre enseignement secondaire classique ; le programme comprend, en eflct, Tinstruction religieuse, la langue bulgare et l'ancien slavon, la philosophie, les mathé* matiques (y compris la géométrie descriptive et môme la géométrie analytique), Thistoire générale et la géographie, l'histoire naturelle, la physique, la chimie> la cosmographie, le dessin, le grec, le latin, le français et le turc.
En 1887, le gymnase possédait 15 professeurs, ayant pour la plupart fait leurs études en Russie, et 293 élèves, originaires de toutes les parties de la Macédoine.
La mission la plus importante du gymnase de Salo*nique est de servir d'école normale pour le recrutement j
du corps enseignant des écoles bulgares de Macédoine*
Le même rôle est rempli en ce qui concerne l'enseignement féminin par V École supérieure des filles de Salonique. Elle comptait, en 1887, 63 élèves réparties en 5 classes. Le personnel enseignant ne comprenait alors que 8 maîtresses, mais les cours les plus importants étaient faits par les professeurs du gymnase, dont la bibliothèque et les collections sont aussi mises à la disposition de l'école des filles.
Des progymnases ou écoles 77ioyemies existent dans toutes les villes de la Macédoine possédant une population bulgare assez importante. Leur programme est à peu près celui de l'enseignement secondaire spécial; le français est enseigné dans toutes ces écoles ainsi que le turc. Les progymnases les plus importants sont établis dans les villes d'Uskub, Vélès, Schtip, Prilep^ Monastir {^i Voden. D'après la statistique que nous avons sous
les yeux et qui correspond à Tannée scolaire 1886-87, i ces établissements possédaient 4 classes avec 4, 5 ou
ï 6 professeurs et une centaine d'élèves (133 à Uskup,
^ : , :, 106 h Monastir, 531 pour Tensemble des 6 écoles). Les * , autres écoles, existant dans 14 villes, étaient encore h
I cette époque incomplètement constituées et ne comp-
ï' taient que de 1 à 3 classes, et de 1 à 4 professeurs. Les
l plus importantes étaient celles d'Okhrida (67 élèves),
; Sérès (30), Névrokop (26), Koukouch (2S). Le nombre
total des élèves était de 263.
I Des écoles moyennes de filles existaient h la mémo
époque dans les villes d' Uskup y Monastir, Prilep, Koukouch et Voden. Le nombre des classes et des maîtresses variait pour chaque école de 1 à 3, et celui des élèves de 5 à 27 (Prilcp) et 40 (Monastir).
Le nombre total des élèves était, en 1887, de 119, y compris 22 jeunes filles suivant h Velès les cours du progymnase des garçons. '
Mais c'est naturellement l'instruction primaire qui est l'objet de la plus grande sollicitude de tous les représentants de la nationalité bulgare, depuis les conseils de village jusqu'il l'Exarque.
Nous devons h l'obligeance dcM.Scliopov, secrétaire . général do l'Exarchat bulgare, la statistique des écoles bulgares, réparties d'après les principales divisions administratives (vilayets et sandjaks), pour les années scolaires de 1885-86 h 1888-89.
Il nous semble utile, afin d'indiquer plus nettement la répartition des écoles sur le territoire, d'en donner aussi la statistique par kaza; mais nous ne possédons ces derniers chiflres que pour l'année scolaire 1886-87.
Slatùtiqiic des écoles bulgares de la Macédoine, pendant les années ■ scolaires 1886-87, 1887-88 et 1888-89.