A. — CÔTES DE LA MER NOIRE
La mer Noire (bulg. Tcher no-More, turc Kara-Deniz) baigne rexlrcmilé orientale de la Bulgarie au nord et au sud des Balkans.
Les côtes bulgares commencent h 150 kilomètres au sud des bouches du Danube, non loin de Mangalia^ cette dernière ville se trouvant encore sur le territoire roumain. Elles sont d'abord constituées par Textrémité de la plaine basse et marécageuse de la Dobroudja, dont la plus grande partie appartient depuis 1878 à la Roumanie.
Dans cette région, la côte se dirige presque exactement du nord au sud, puis à partir du cap Kali-Akva, ou Guélaréy elle se retourne vers le sud-ouest, de manière h décrire une grande concavité qui se termine au nord de Varna et au milieu de laquelle se trouvent les ports de Ballchik et de Kavarna qui, bien que situés sur une côte rectiligne, sont favorisés par la direction de celle-ci, qui les abrite contre les vents du nord et, par la profondeur des eaux, dans le voisinage du rivage.
La côte commence déjfi à s'élever ; le cap Kali-Akra atteint une hauteur de 60 mètres au-dessus de la mer* Les grands bâtiments ne peuvent s'avancer que jusqu'à 10 et parfois 15 kilomèlres de la terre.
La baie semi-circulaire do Varna est comprise entre
les caps de Saint-Dimiiri et de Galata. Sa profondeur varie de 1 îi 10 mètres jusqu'à 53 mètres du rivage, de 10 h 18 mètres jusqu'à 700 mclrcs, et de 18 îi 27 à partir de cette dernière distance jusqu'à 2 kilomètres.
Cette baie a le grave inconvénient d'ôtre absolument ouverte aux vents du nord-est; en outre, le fond est trop peu consistant pour retenir les ancres des navires pendant les tempêtes. Pourtant le port de Varna, situé au fond de cette baie est le plus injportant de la Bulgarie, quoique moins favorablement doué que celui de Bourgas en Boumélie. L'existence de la voie ferrée de Varna à Roustchouk, qui jusqu'à ces dernières années faisait partie de la route la plus directe pour se rendre de i*Europe centrale à Constanlinoplc, a largement contribué à maintenir et à accroître Timporlance du port de Varna.
En quittant, au cap de Galnlit^ la baie de Varna, la côte reprend sa direction nord-sud et la conserve jusqu'au cap Emineh {Eminskii nos), oii vient se terminer la chaîne des Balkans. Entre ces deux caps se trouve l'embouchure du Kamtchik. Celle portion de la côte devient de plus en plus escarpée, et la ligne d'ancrage, éloignée de 4 kilomètres du rivage au nord de l'embouchure du Kamtchik se rapproche ensuite jusqu'à 1 ou 2 kilomètres.
Au delà de ce cap, la côte se retourne brusquement vers l'ouest, selon une direction à angle droit sur la précédente. C'est le commencement d'une vaste échancrure de 40 kilomètres environ d'ouverture exlérieuro dans laquelle se trouvent plusieurs golfes assez étendus. Le premier est celui de Mescmrrin ou Missivri, à l'extrémité ouest duquel se trouve la ville dont il porte le nom. Celle-ci est située à la pointe d'une petite près-
qu'ile et rattachée seulement h la terre par une chaussée. Sur la côte voisine se trouvent des dunes formées de sables dont la disposition change selon les vents.
Plus au sud-ouest on rencontre une seconde baie dont une partie de la côte est bordée par un lac salé, à Texlrémité duquel se trouve la ville d'Ank/tialo.
En ce point commence la baie de Bourgas. Celle-ci a une étendue de 12 kilom. 500 de l'est à Touest et une longueur de 10 kilomètres. La ville elle-môme et son port se trouvent à l'extrémité ouest du golfe, et en arrière, à peu de distance, s'ouvrent dans les terres trois grands lacs communiquant avec la mer par des passages plus ou moins étendus. Au sud-est de Bourgas, dans une échancrure du rivage large de 3 kilomètres et longue de 8, se trouve Texcellent mouillage de Tchenguéné- Kaléci, le seul point de ce littoral où les navires puissent trouver un abri sûr.
La profondeur de cette petite baie est, en outre, partout assez considérable pour que les bûtiments puissent approcher à très faible distance du rivage. C'est la présence de ce mouillage qui donne au golfe de Bourgas son avantage h l'égard de celui de Varna ; autrement, le manque de protection contre les vents du large, la nature défavorable du fond se ressentent également dans les deux endroits.
La ligne jusqu'à laquelle peuvent s'avancer les vaisseaux s'éloigne du rivage à partir du cap Emineh; elle s'en trouve à une distance de 6 à 10 kilomètres. Dans le golfe de Bourgas, cette ligne est en moyenne à 2 kilomètres du rivage.
A l'extrémité de la baie de Bourgas, nous rencontrons la ville de Sozopol (autrefois Siscpolis) située comme Mesemvria et Ankhialo à l'extrémité d'une presqu'île.
Une pelile baie de 3 kilomèlrcs sur û kilomètres el demi située au sud-ouest de celle presqu'île est bien garantie par elle et par Tîle de Krikos, Elle constitue ainsi un assez bon mouillage.
Vu delà de Sozopol, la côte, assez abrupte, bordée . peu de distance par la chaîne de la Strandja-Planina, est extrêmement découpée et présente un nombre considérable de caps et de petits golfes dans lesquels nous remarquerons, sur le territoire ottoman, car la côte bulgare se termine au village de Keupri-Keui, les ports d'Aktebolou (Agathopolis), de Yeniadé et de Midia, Les abords de cette partie de la côte sont dangereux ti cause des bas-fonds.
D. — CÔTES DE LA MER ÉgÉE.
Nous ne pousserons pas plus loin celte description, la partie des côtes de la mer Noire qui se rapproche de Constantinople ainsi que les rives de la mer de Marmara, se trouvant en dehors des régions habitées par la race bulgare. Nous arriverons immédiatement à la mer Egée ou mer de VArchipely appelée par les Bulgares comme par les autres peuples orientaux mer Blanche (bulg. : Délo More; turc : AqDeniz; grec : Aspri thalassa).
A la vérité, la population des rivages de celle mer est presque exclusivement hellénique, mais la race bulgare s'en rapproche assez en beaucoup d'endroits pour que leur description puisse trouver place dans une élude sur la Bulgarie.
La possession d'une partie de ces côtes ouvrant aux Bulgares une route facile vers la Méditerranée aurait eu une importance considérable pour la nouvelle principauté en rendant complèlement indépendantes ses relations avec les puissances occidentales, et le traité de
Sau-Sléfano lui avait en clTcl accor.dc la partie du littoral comprise entre les golfes de Lagos et d'Orfano. On sai que ces concessions furent annulées par le traite de Berlin.
Le littoral de la mer Egée est généralement bas et marécageux. Il se dirige de Test à Touest et possède une forme assez régulière, mais il présente plusieurs golfes étendus.
Le premier et*le plus vaste est le golfe de Saros, presque parallèle au détroit des Dardanelles dont il est séparé par la presqu'île de Gallipoli.
A l'ouest de celui-ci se trouve le golfe d'Enos dans lequel se jette la Maritsa. Il fournit aux navires un excellent abri contre tous les vents, sauf celui du sud-ouest, mais il est peu profond et sujet à s'ensabler, surtout dans le voisinage de la ville d'Enos, ce qui a conduit îi porter plus à l'ouest, à Dédéagatch^ où l'abord est plus facile, la tête de ligne du chemin de fer venant d'Andrinople par la vallée de la Maritsa. Le golfe de Lagos, h l'ouest de celui d'Enos, est préférable h cause de sa plus grande profondeur qui est de 18 mètres h peu de distance de la terre et est encore de 6 mètres tout près du rivage.
Ce golfe communique avec le lac nommé Bourou- GiieuL
Après avoir dépassé l'embouchure de la Mesta, nous arrivons au port de Kavala, puis à celui d'Orfano h l'entrée du golfe du même nom, limité Ix l'est par la curieuse presqu'île de la Clmlcidiqiie, dont nous n'avons pas h nous occuper, sa population étant exclusivement grecque, h l'exception de quelques moines russes et serbes habitant trois des nombreux couvents du mont Athos.
A Toucst de la Chalcidique, se trouve le golfe de Solomfiw(Solounski Zaliv) au fond duquel se jette le Vardar, et dont la côte occidentale appartient complètement à la région hellénique.
C'est aux environs de Salonique que la race bulgare se trouve le plus rapprochée du rivage qu'elle atteint en quelques endroits.