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I. — lu'JÉgllse bulgare

Presque tous les Bulgares appartiennent à la religion chrétienne orientale, appelée par ses adhérents orthodoxe (pravoslavnà) et par les catholiques occidentaux, schismatique ou grecque.

Nous savons qu'un très petit nombre de Bulgares avaient, après la conquête turque, embrassé l'islamisme. Leurs descendants sont actuellement 60,000 environ. Un plus petit nombre encore, à peu près 40,000, appartient à l'Église latine.

Avant d'entamer l'histoire religieuse des Bulgares, il convient de dire quelques mots des caractères fondamentaux de leur culte.

; La séparation des deux Églises d'Orient et d'Occident, commencée au IX« siècle, au temps du pape Nico- ! las et du patriarche de Constantinople, Photius, devint définitive au XI« siècle. Elle eut pour cause plutôt une lutte d'influence, une querelle de suprématie, que de sérieuses divergences dogmatiques.

Actuellement, la question de la primauté du pape est considérée comme le seul point important de dissidence entre les. catholiques et les orthodoxes, les parties les

plus carnclcristiqucs de la doctrine et des pratiques catholiques, les sacrements, l'organisation du sacerdoce, le sacritice de la messe, le culte des saints, l'usage du jeûne et de l'abstinence ne présentant guère dans Ich deux cultes que des différences de forme.

Certaines même de ces difféi'ences, par exemple le mariage des prêtres ou la célébration des offices dans diverses langues, ne sont que le maintien d'anciens usages que l'Église romaine a dans la suite prohibés « en règle générale », sans les condamner cependant, puisqu'elle les autorise, à titre exceptionnel, dans certains rites orientaux qui lui sont rattachés. Le rite ruthone (dit uniate), par exemple, observé en Gallicie et dans quelques parties de la Pologne russe et de la Petite-Russie, n'est qu'une fraction de l'Église orthodoxe slave réunie à l'Église romaine, en conservant tous ses usages particuliers.

A l'origine de la séparation, le patriarche de Constantinople avait conservé une certaine suprématie sur toute l'Église orientale, et semblait destiné à y occupci* une situation analogue à celle du pape en Occident. Mais dans la suite, la Russie d'abord, puis les autres États orientaux, constituèrent des Églises séparées, dites autocépliales, sur lesquelles le patriarche œcuménique n'eut plus qu'une prééminence purement honorifique.

il n'y a donc aujourd'hui dans l'Église orientale aucune autorité centrale exerçant un pouvoir permanent et réel sur l'ensemble des fidèles. Cette circonstance, qui constitue la principale différence entre les deux cultes, a beaucoup contribué h maintenir immuables les traditions et les rites orthodoxes.

La fidélité aux traditions est d'ailleurs un des princi-

paux caniclrrcs clo la dcvolioii des clirclicns on'ciilaux, surtout dans les pays slaves. Aussi les anciens usages sont-ils toujours observés scrupuleusement, même les plus incommodes, comme les abstinences et les jeûnes si nombreux dans l'année orthodoxe, qui ne compte pas moins de vingt-deux semaines de jeûne cl d'abstinence rigoureuse. Le môme respect a été observé h l'égard des jours de fcte chômés, qui. en y comprenant les dimanches, se trouvent au nombre de 160.

Les orthodoxes de tous les pays attachent, du reste, une très grande importance aux côtés extérieurs du culte. L'enseignement religieux, la prédication ont peu de place dans les longs offices de la liturgie orientale, et chez le paysan slave, les signes de croix, les prosternements, les saluts aux saintes images remplacent souvent la prière.

La hiérarchie sacerdotale orthodoxe est analogue h celle de l'Église catholique : les mômes dignités se trouvent dans l'une et dans l'autre; mais la première présente une assez singulière particularité d'organisation. On y trouve, comme chez les catholiques, un clergé séculier composé des prôtres des paroisses (popes) et un clergé régulier comprenant les moines des nombreux monastères répandus dans toule l'Europe orientale. On sait que les prôtres séculiers sont mariés ; le mariage est môme obligatoire pour eux, et l'ordina-. tion ne leur est conférée qu'ensuite, Le mariage n'est d'ailleurs, dans aucun cas, permis après l'ordination. Les évoques, au contraire, sont astreints au célibat et. ne peuvent, par suite, se recruter que parmi les moines, naturellement soumis h la môme obligation ; de sorte que les popes des paroisses ne peuvent, en général, s'élever au-dessus des degrés inférieurs de la hiérarchie.

On désigne vulgairement les deux classes du clergé sous les noms de clergé blanc (clergé séculier) et de clergé mir (clergé régulier, ordre des moines), bien que le noir soit la couleur habituelle des vêtements des uns et des autres. .

L'Église orthodoxe embrasse actuellement la presquc\ totalité des pays suivants : Bulgarie, royaumes de \

Grèce, de Serbie et de Roumanie, Turquie d'Europe (sauf l'Albanie septentrionale), Russie (moins les anciens pays polonais, les provinces baltiques et la Finlande). Elle compte aussi un grand nombre d'adhérents dans les pays serbes, roumains et rulhènes de l'Autriche-Hongrie.

L'autorité effective du patriarche de Constantinople ne s'exerce que sur les chrétiens orthodoxes de l'empire ottoman et sur les habitants de race grecque de la Bulgarie. Tous les autres pays, môme le royaume de Gr^ce, ont constitué des églises autocéphales, ayant à leur tête un patriarche particulier, un exarque, un archevêque ou (comme en Russie, en Roumanie et en Grèce) un synode.

Les questions religieuses ont, dans la péninsule des Balkans, une importance capitale dont on ne se rend pas toujours un compte exact dans les pays occiden- ( taux. La différence profonde des croyances des vaincus . et des conquérants, le fanatisme de ces derniers au mo- ■ ment de l'invasion, ont identifié aux yeux des habitants \ chrétiens la religion avec la nationalité. Plus tard, les Grecs ayant accaparé la puissance religieuse et en ayant fait un instrument de propagande politique au profit de leur race, les Bulgares, pour défendre, ou plutôt pour reconquérir les droits de leur nationalité, ont été amenés à entamer d'abord une lutte religieuse, du

succès de laquelle dcpendait ravenlr de leur nation, menacée d'être absorbée par rhellénisme. Il nous paraît donc utile de traiter avec quelques détails l'histoire religieuse des Bulgares, intimement liée à celle de leur développement intellectuel et politique.

/ La conversion des Bulgares au christianisme date du ; IX« siècle. Leur religion primitive, partagée avec peu / de difiérences par toutes les nations slaves, était un polythéisme assez voisin de celui des Gaulois ou des Germains. Leurs adorations s'adressaient aux astres, aux grandes forces de la nature. Svarog, représentant le ciel, était leur dieu principal, ayant pour fils le Soleil et le Feu. Ils adoraient également la Lune, et sans doute aussi le dieu du Tonnerre, Péroun, l'un des rois do rOlympe des Slaves du Nord.

Un grand nombre de divinités inférieures présidaient à toutes les circonstances de la vie, aux saisons de l'année, aux travaux agricoles ou pastoraux. Bien des superstitions encore vivantes, voire même des pratiques mêlées à celles de la religion chrétienne, sont des souvenirs du paganisme, et parfois le paysan slave confond inconsciemment les saints orthodoxes avec les dieux de ses ancêtres. De semblables faits se rencontrent du reste chez toutes les populations peu éclairées, même dans l'Europe occidentale.

La croyance aux êtres surnaturels, génies ou fées» / dont l'imagination populaire peuplait les airs, les eaux, ' les forêts et les montagnes est surtout restée vivace. Les Samovilas ou Samodivas, les lotidas, les Rousalkas^ les dragons mâles et femelles {zmeiévé q\. zmeitsi) jouent un grand rôle dans les légendes et les chants du peuple bulgare.

Les anciens Bulgares avaient la notion de deux principes fondamentaux : le bien et le mal, représentés par deux divinités adverses : le âiett blanc {béliï hog) et le dieu noir {tcJiernti bog). Aussi, h côté des divinités secondaires bienfaisantes s*en trouvait-il de méchantes, appelées d'une manière générale démons (bésové).

C'est cette croyance qui, conservée à l'état latent après l'établissement du christianisme, a facilité un peu plus tard l'éclosion et le développement du bogomilisme.

Avant l'arrivée des Slaves dans la péninsule des Balkans, le christianisme y était déjfi établi. Plusieurs apôtres avaient prêché en Macédoine et en Thrace et y avaient fondé des églises. Les barbares, au contact de peuples chrétiens plus instruits qu'eux, arrivèrent en partie h adopter leur religion. A l'époque où Boris monta sur le trône de Bulgarie, les chrétiens étaient dé]h assez nombreux dans ses États. Comme nous Favons vu, ce furent des raisons politiques qui portèrent ce souverain à changer de religion ; entouré d'États chrétiens, il comprit qu'il ne pouvait entrer réellement dans la famille européenne, tant que lui et la majorité de ses sujets seraient païens. Il se fit donc baptiser, et son peuple l'imita malgré la résistance d'une partie des nobles, résistance qui fut réprimée avec une rigueur qui montre que, chez Boris, le barbare n'avait pas encore fait complètement place au chrétien.

Le baptême do Boris avait eu lieu à la suite d'un traité de paix avec Constantiiiople, et l'empereur Michel III avait été son parrain. C'était donc de Byzance que les Bulgares recevaient le christianisme. Or, c'est précisénicnt h cette époque que commençaient entre le

pape Nicolas cl le patriarche de Conslanlinoplc Pholius les discussions qui devaient amener la séparation des églises d'Orient et d'Occident.

L'Église bulgare se trouvait naturellement indécise entre les deux pouvoirs spirituels rivaux. Car, si d'une part, sa position géographique la rapprochait de Constanlinople à qui elle devait ses premiers prédicateurs, et dont elle avait h l'origine, adopté la liturgie, d'autre part la rivalité politique qui, depuis l'origine de l'État bulgare n'avait cessé d'exister entre lui et l'Empire grec, devait porter les souverains bulgares à rompre un lien qui établissait une sorte de dépendance vis-h-vis de Constantinople.

Aussi Boris, peu d'années après son baptême, envoya-t-il une ambassade au pape Nicolas pour lui demander des prédicateurs, et en même temps pour réclamer l'érection d'un palriarcat ou tout au moins d'un archevêché bulgare, concession que les Grecs avaient refusée. Les négociations durèrent assez longtemps; des ambassades, des messages furent envoyés à plusieurs reprises par le souverain bulgare à Nicolas et à son successeur Adrien, des prêtres et même quelques évoques vinrent de Rome en Bulgarie, où ils commencèrent h introduire la liturgie et les coutumes latines; mais la question capitale, celle du patriarcat ne put être résolue. Boris se retourna alors vers Constantinople où les sentiments étaient naturellement devenus plus conciliants. Un concile qui s'y trouvait réuni en ce moment, décida l'envoi en Bulgarie d'un archevêque et de plusieurs évêques. L'archevêque devait être complètement indépendant pour toutes les affaires intérieures, et avoir le second rang après le patriarche.

Ces événements nous montrent que la question de

l'autouomic do l'figlise bulgare a 0U\ agilétî dès l'introduction du christianisme en l^ulgario, et nous pourrons constater dans la suite que les Bulgares ont constamment maintenu leur droit à cet égard et ont toujours considéré une église indépendante comme le corollaire indispensable de leur autonomie nationale.

Après avoir parlé de la conversion des Bulgares, nous ne pouvons passer sous silence le nom de deux hommes qui, bien qu'ils n'eussent pas eu d'action directe sur cet événement, exercèrent une influence considérable sur le développement intellectuel et religieux des peuples slaves. Constantin, plus connu sous son nom monastique de Cyrille, et son frère aîné. Méthode, étaient nés à Salonique, vers 825, d'une famille que l'on croit d'origine slave. Distingués par leur intelligence et leur savoir, ils occupèrent d'abord dans l'empire grec des fonctions administratives ou diplomatiques, puis ]ls embrassèrent l'un après l'autre l'état religieux dans un monastère du mont Olympe. Ils le quittèrent en 857 pour se rendre chez les Khazarcs, habitant les rives septentrionales de la mer Noire, puis, en 8C2, en Moravie, sur la demande du roi de ce pays, Rostislat\

Des missionnaires de lÉglise latine étaient déjà venus dans ce royaume, ainsi qu'en Pannonie, mais avaient eu peu de succès auprès des habitants. Ceux-ci furent heureux, au contraire, d'entendre les apôtres de Thessalonique prêcher l'Évangile et prier en langue slave.

La nécessité de traduire dans cet idiome les saintes Écritures avait amené Cyrille et Méthode h composer un alphabet que l'on a depuis appelé cyrillique (1) et dont

(4) On a soulevé depuis quelque Icmps la question de savoir si le

ceux employés acluellemcnt par les Russes, les Bulgares et les Serbes sont des modifications.

L'œuvre d'évangélisalion de Cyrille et Méthode ayant été contrariée par un parti qui prétendait qu'on ne pouvait prier Dieu que dans certaines langues, les deux frères allèrent à Rome défendre eux-mêmes leur cause et la gagnèrent.

Cyrille mourut dans cette ville en 869, et Méthode fut mis h la tête d'un diocèse de Pannonie et Syrmie, qui venait d'être constitué sur un territoire habité par des Slaves, mais qui dépendait précédemment de l'archevêché de Salzbourg. Cette circonstance lui attira, jusqu'à sa mort, survenue en 888, les persécutions du clergé allemand. Cyrille fut enterré h Velehrad, en Moravie. La mémoire des deux apôtres est aujourd'hui en grande vénération chez tous les peuples slaves, et leur fête est célébrée par les catholiques aussi bien que par les orthodoxes.

Méthode mort, ses disciples durent bientôt quitter la Pannonie, et les principaux d'entre eux vinrent en Bulgarie, où ils reçurent de Boris l'accueil le plus favorable; ce furent donc les Bulgares qui. bien que n'ayaivt pas eu l'occasion d'entendre la parole de leurs illustres compatriotes, recueillirent leur héritage. C'est dans leur pays que se développa d'abord la litlérature religieuse slavonne et que se forma la langue qui est encore aujourd'hui la langue sacrée de tous les Slaves orthodoxes.

Les relations entre l'Église bulgare et le patriarcat

Téritabic alphabet de saint GyriUe était bien celui qui a jusqu'à présent porté son nom, et non pas un autre alphabet slave plus ancien appelé glagoliUquB,

de Conslantinopic ne se mainlinrcnt pas toujours sur le môme pied. Les rapports politiques, ordinairement très tendus entre les empereurs grecs et les souverains bulgares, engagèrent souvent ces derniers à se retourner vers Rome. C'est ainsi que nous avons vu Siméon recevoir du pape Formose le titre impérial. Il en fut de môme de son fils Pierre. C'est vraisemblablement à la môme époque (vers 920) que le chef de rÉglise bulgare, résidant h Prêslav, reçut la dignité de patriarche, qui lui fut reconnue dans la suite môme par l'Église de Constantinople.

Le patriarcat de Prôslav, après avoir été, pendant quelques années, transporté à Derster (Silistrie), disparut avec le premier empire bulgare.

Mais nous savons que Tindépendance bulgare, détruite h Prôslav, s'était maintenue en Macédoine, où un nouvel État venait d'être fondé. Le patriarcal ne disparut pas non plus et, après avoir erré pendant quelque temps de ville en ville, entre Triaditsa (Sofia), Voden, Prespa, le chef de l'Église bulfï^are fixa définitivement sa résidence h Okhrida, capitale des tsars de la Bulgarie occidentale.

Ce patriarcat fut donc incontestablement, d'après les circonstances mômes de sa création, une institution bulgare. Môme sous la domination grecque, le titre d'archevêque de toute la J3ulgarie fut constamment reconnu à son titulaire, qui le porta, encore après la suppression de l'autonomie de ce siège en 1767.

La prétention d'après laquelle il aurait été serbe n'est fondée sur aucune base sérieuse. Nulle partie de la Macédoine n'était à celte époque au pouvoir des Serbes; et le fait que la Serbie se trouvait comprise dans son ressort ne peut ôlre invoqué comme argument,

car (les diocèses de la Bulgarie proprement dite, par exemple Sofia, Kustendil et Vidin, en dépendaient également.

La question de la nationalité du patriarcat d'Okhrida n'est pas sans intérêt politique, car, malgré son antiquité, elle a été plus d'une fois invoquée, dans un sens ou dans l'autre, en faveur des prétentions bulgares et serbes sur la Macédoine.

Les limites de c,e patriarcat subirent, dans la suite des temps, des variations nombreuses; ainsi, au XIV* siècle (vers 1340), sous le règne de Douchan, rétablissement du patriarcat d7y;^A: lui enleva les diocèses serbes, tandis que, au siècle suivant, il étendit sa prépondérance sur la Moldavie et la Yalachie.

Bien qu'il eût conservé une existence indépendante jusque vers la fin du XVIII® siècle, le patriarcat d'Okhrida fut bientôt hellénisé. Au XII» siècle, il avait déjà eu des titulaires grecs, et, sauf quelques interruptions occasionnées par des retours de la puissance bulgare, cette situation se prolongea jusqu'à nos jours.

Dans la deuxième moitié du X« siècle, l'hérésie des BogomileSy dont nous ne pouvons nous dispenser de dire quelques mots à cause de l'influence qu'elle exerça sur la vie politique et sociale du sud-est de l'Europe, commença à se répandre en Bulgarie. Désignée d'après le nom d'un de ses principaux prédicateurs, le prêtre bulgare Bogomile, cette doctrine, analogue à celle des Manichéens et des anciens Perses, avait pour base la croyance h deux principes rivaux : celui du bien et celui du mal. Les Bogomiles n'acceptaient qu'en partie les enseignements et les usages chrétiens; ils repoussaient toute hiérarchie, môme sociale. L'analogie existant entre leurs croyances et celles de l'ancienne religion

païenne des Slaves, favorisa l'exlension de celle hérésie dans toute la péninsule, non seulement en Bulgarie, mais en Serbie et surtout en Bosnie. De là, elle se répandit dans le reste de l'Europe, et les Albigeois du midi de la France, entre autres, peuvent cire considérés comme ses adhérents.

Le Bogomilisme imprima une certaine impulsion à la littérature populaire bulgare, mais il eut, au point de vue politique, le résultat fâcheux de contribuer, par les troubles qu'il occasionna, à diminuer la force de l'État bulgare, et à accélérer sa décomposition.

Après l'invasion turque, les Bogomiles acceptèrent sans doute facilement la religion des conquérants, car leur culte disparut complètement de certains pays tels que la Bosnie, où il était auparavant très répandu.

Lorsque l'empire bulgare eut été restauré par les frères Pierre et Jean Asi% ceux-ci cherchèrent bientôt à restituer aussi h l'Église nationale son indépendance antérieure. Comme le patriarcat d'Okhrida ise trouvait alors sous la domination grecque et, malgré le titre d'archevêque de toute la Bulgarie que portait son possesseur, était absolument hellénisé, un archevêché fut institué h Tirnovo, résidence de la nouvelle dynastie, et reçut pour sufFragants tous les évoques des pays soumis en ce moment h l'empire bulgare. Un peu plus tard, l'empereur Kaloian^ étant entré en relation avec le pape Jmwcent JIl, reçut de lui pour l'archevêque de Tirnovo le titre de primat, qu'il remplaça de sa propre autorité par celui de patriarche, qui, sous le règne de Jean Asên II, lui fut reconnu par le patriarche œcuménique et par tous les autres patriarches orientaux.

Quoique plusieurs empereurs eussent entretenu des

rapports avec Rome, on peut supposer que ceux-ci restèrent h l'état de pures formalités et ne changèrent rien au culte du peuple qui demeura constamment attaché au rite oriental.

Le patriarcat de Tirnovo subsista jusqu'à la prise de cette ville par les Turcs en 1393, et disparut par l'exil de son dernier titulaire ; tous les évôchés qui en dépendaient furent alors soumis à la suprématie de Constantinople.

Ainsi pendant toutes ses périodes d'indépendance, la Bulgarie avait possédé une Église autonome, dont les chefs, subissant les mAmcs vicissitudes que les souverains, avaient résidé successivement à Préslm, à Okhrida, et h Tirnovo. La conquête turque seule put anéantir complètement cette autonomie. Lors donc que plus de 400 ans après la prise de Tirnovo, les Bulgares réclamèrent le rétablissement en leur faveur, d'une Église distincte, ils ne firent que revendiquer un droit antique, dont ils avaient été dépouillés par. la violence.

Nous savons que les Turcs, malgré le régime de servitude qu'ils imposèrent aux pays conquis, laissèrent aux habitants la liberté d'exercer leur religion, sauf certaines restrictions touchant le culte extérieur, par exemple l'interdiction de se servir de cloches. L'organisation hiérarchique du culte chrétien fut non seulement conservée, mais officiellement reconnue.

Les Grecs de Constantinople, qui, par leur civilisation avancée, leur intelligence, leur habileté avaient su dès l'origine, se créer auprès du Sultan une situation privilégiée, en profitèrent pour remplacer la puissance politique qu'ils avaient perdue, par une souveraineté spirituelle qu'ils purent, avec la connivence du gouver-

nemcnt, étendre sur tous les chrétiens orthodoxes de l'empire ottoman.

La fierté dédaigneuse qui portait les Turcs h négliger les aflaires concernant exclusivement leurs sujets chrétiens, tu passer aux autorités religieuses, qui avaient seules survécu à la conquête, certains pouvoirs administratifs et judiciaires. Le patriarche de Constantinople devint le représentant officiel, auprès du Sultan, des chrétiens de toutes races, confondus sous la dénomination de f( Roum-Milleti, la nation des Roniaim » (les Turcs voulaient dire « des Grecs) ».

Au XVI" siècle, les sultans pensèrent à tirer profit de la dignité, justement enviée, de patriarche œcuménique, et n'accordèrent plus leur investiture que moyennant le payement de fortes redevances. Les patriarches ainsi élus cherchèrent à récupérer leurs dépenses en prélevant des droits analogues pour la collation des évôchés.

Ces procédés assuraient la possession de tous les sièges épiscopaux à des Grecs phanarioles, qui seuls étaient en état de verser les sommes exigées. Cette situation favorisa largement les plans des Grecs, qui étaient d'helléniser le plus complètement possible toutes les populations chrétiennes de 1 empire ottoman. Maîtres de presque tous les évôchés, ils s'efforcèrent de placer à la tête des paroisses des prôtres de leur race, qui parfois ne comprenaient môme i)as la langue de leurs administrés. A partir du XVIII^ siècle, la liturgie grecque fut substituée à la liturgie slavonne. Les écoles tenues par les popes, qui furent longtemps le seul moyen d'instruction mis à la disposition des habitants des campagnes et môme des petites villes, furent transformées dans le môme sens;

, La haine de l'épiscopat phanariole contre tout ce qui était bulgare, s'attaqua môme aux objets matériels. Par Tordre de certains évoques, les manuscrits bulgares, les images présentant des inscriptions slavones étaient brûlés ou enfouis. Des faits de cette nature se produisirent encore dans le premier quart d<î notre siècle.

Ces procédés étaient arrivés, en quelque sorte, à cacher la nationalité bulgare, mais n'avaient pu la détruire. Malgré tous leurs eflForls, les Grecs n'empêchèrent pas son réveil, et les patriotes bulgares, voyant bien quel était le plus redoutable ennemi de leur cause, s'attaquèrent tout d'abord à lui.

De 1830 à 1870, la question religieuse absorba tous les efforts des champions de la nationalité bulgare, qui voyaient que seule la possession de Taulonomie ecclésiastique pouvait permettre de travailler efficacement au relèvement de la nation et à la conquête de la liberté politique.

Les tentatives de réformes administratives, inaugurées en 1839, par le « hat-i-cherif » de Gulhane, suivi, quelques années après, de la promulgation du Code d'organisation appelé Tanzimaty engagèrent les Bulgares k s'adresser au gouvernement, et à lui présenter leurs réclamations. Ils se bornaient, du reste, à demander que les évoques fussent choisis parmi leurs compatriotes, et que leur langue nationale fût rétablie dans les églises et les écoles.

Déjà quelques années auparavant, en 1833, les habitants des diocèses de Samokov et d'Uskup, dont les sièges épiscopaux se trouvaient vacants, avaient essayé d'obtenir la nomination d'évêques de leur nation, mais le patriarcat refusa d'agréer les candidats présentés et, sous prétexte de maintenir les saintes traditions de

rËglisc orthodoxe, mit de nouveau des prélats grecs à la léle des deux diocèses.

Il est assez intéressant de constater que le diocèse d'Uskup fut un des premiers dans lesquels ait été soulevée la question des évêques bulgares, dont la solution obtenue en 1890 occasionna tant de récriminations injustes contre la Bulgarie.

La lutte pour Tindépendance religieuse se prolongea pendant plus de trente ans, tantôt pacifique, se bornant à des réclamations et à des mémoires présentés à« la Porte ou au patriarche, tantôt accompagnée de soulèvements populaires devant lesquels les évêques phanariotes durent parfois abandonner précipitamment leurs résidences. Les chefs du mouvement national sachant que la constitution d'une Église bulgare, émancipée de la domination grecque, aurait pour résultat, non seulement de faciliter la diffusion de l'enseignement slave, mais aussi de donner une existence officielle à leur nationalité, tournèrent vers ce but toute leur activité. ""

A diverses reprises les Bulgares obtinrent gain de cause auprès du gouvernement, qui consentit k sanctionner la désignation d'évôques slaves; mais le patriarcat réussit toujours à annihiler ces velléités bienveillantes, soit en refusant d'aflecter un diocèse à un prélat déjà consacré, soit en empêchant la consécration ou la prise de possession de l'évêque élu et réclamé par ses diocésains.

En présence de Textension et de l'énergie toujours croissantes du mouvement bulgare, le patriarcat finit cependant par comprendre qu'il était devenu inévitable de traiter avec les révoltés et de chercher au moins à sauvegarder la plus grande part possible d'influence. Il y avait, en effet, lieu de craindre que les chefs du

mouvement, remettant en usage une tactique familière aux anciens souverains de la Bulgarie, n'allassent demander à Rome ce qu'ils ne pouvaient obtenir de Constantinople et ne provoquassent l'union avec l'Église latine, solution qui aurait eu aussi cet avantage de placer les Bulgares sous la protection directe des grandes puissances catholiques. Des tentatives dans ce sens avaient été faites vers 1860. Une députa tion bulgare s'était rendue à Rome pour conclure une union dans des conditions analogues à celle des Arméniens et des Ruthènes; on avait même nommé un archevêque des Bulgares- Unis. Mais, bien que cette union satisfît les deux principaux desiderata des Bulgares, le libre usage de leur langue et l'indépendance par rapport au patriarcal grec, elle s'éloignait trop de leurs traditions pour pouvoir être généralement acceptée. Aussi, cette tentative n'eutelle qu'un résultat extrêmement limité.

A partir de 1860, des pourparlers furent engagés à diverses reprises entre les représentants des Bulgares et le patriarcat, mais celui-ci cherchait sans cesse à restreindre les concessions à accorder, consentant h la nomination d'évêques nationaux, à l'emploi de la langue slavonne, mais rejetant absolument la constitution d'une hiérarchie autonome. Cette dernière mesure, considérée à juste titre comme la garantie de toutes les autres, fut pourtant sur le point d'être accordée en 1866. Le patriarcat consentait à instituer un métropolitain portant le titre d'exarque de toute la Bulgarie. Mais, comme l'autorité de ce dignitaire devait être restreinte au vilayet du Danube, c'est-à-dire au territoire compris entre le Danube et les Balkans, les Bulgares refusèrent à leur tour de souscrire à cet arrangement dans lequel ils flairaient un piège, tendu dans le but de leur faire

reconnaître publiquement qu'il n'existait pas de Bulgares en dehors des limites précitées.

De commission en commission, de conférence en conférence, les choses traînèrent jusqu'en 1870. A cette époque, enfin, le gouvernement ottoman craignant que la surexcitation, arrivée à son comble dans la population bulgare, ne fût l'occasion de troubles graves, d'autant plus que quelques tentatives d'insurrection avaient eu lieu pendant les dernières années, rompit avec sa politique traditionnelle d'hésitations et d'atermoiements et prit d'autorité une résolution radicale.

Le 27 février 1870 (vieux style), le grand vizir réunit les délégués grecs et bulgares encore occupés à étudier un nouveau compromis, et leur donna lecture d'un firman impérial qui organisait un Exarchat bulgare.

En vertu de cet acte qui est encore aujourd'hui la base delà constitution de l'Église bulgare, l'administration de celle-ci était exclusivement confiée à YExarqite et au Synode bulgares, de telle sorte que le patriarche ne puisse ni directement ni indirectement s'immiscer dans ses affaires, et en particulier dans les élections des évêques ou de l'exarque. Ce dernier devait cependant, après son élection, recevoir un acte confirmatif du patriarche, dont il devait aussi mentionner le nom dans les prières liturgiques.

La circonscription de l'exarchat, déterminée par l'art. 10 du firman, embrassait tous les diocèses (éparchies) de la Bulgarie danubienne : llomtchoiik, Silistrie, Choitmltty TirnovOj Sofia, Lovtcha, Vî^atsa, Ftrfm, Nich, Pirot (ces deux derniers appartiennent actuellement iV la Serbie), Kustendil et Sarnokov, ceux de PhilippopoU et de S/irno (moins quelques localités) en Thrace, enfin, celui de Vêles (ou Keupreuli), en Macédoine.

La résidence de l'exarque était Coiisianlinople.

Un second paragraphe de Tart. 10 donnait aux autres diocèses le droit d'accéder aussi à Texarchat, à condition que les deux tiers au moins des habitants soient consentants à cette réunion.

Les Bulgares macédoniens qui, depuis l'origine de la lutte religieuse n'avaient cessé d'y prendre une part active, réclamèrent bientôt le bénéfice de ce paragraphe et, en 1872, les diocèses d'Uskiip et dVkhrida obtinrent en effet des évoques bulgai-es. 11 est vrai que pendant les troubles de 1876 et 1877 ces évoques, ainsi que celui de Vêles, durent quitter leurs sièges et furent ensuite remplacés par des Grecs; mais le droit des Bulgares n'en avait pas moins été formellement reconnu, et c'est ce droit que la Porte a très justement remis en vigueur au mois d'août 1890.

La promulgation de l'acte de 1870 ne termina pas la lutte. Les Grecs, connaissant l'instabilité d'opinions du gouvernement turc, mirent tout en œuvre pour faire annuler le firman et réussirent h en empêcher l'exécution pendant deux ans. Mais les Bulgares tinrent bon et, en février 1872, ils purent élire leur premier exarque.

Alors le patriarcat, voulant au moins se venger h l'aide des seules armes qui lui restaient entre les mains, réunit un concile par lequel il fit déclarer schismatiques les adhérents du patriarcat. Cette sentence était irrégulière, attendu que le concile n'était pas général et que les Bulgares n'avaient pas été appelés à s'y défendre; mais, d'autre part, sans entrer dans des considérations théologiques, il suffit de jeter un coup d'œil sur l'état actuel et sur l'histoire de TËglise orientale pour constater que la situation de l'exarchat bulgare était exactement celle des autres Églises orthodoxes, russe, rou-

mnînc, scrho, olc. Le pniriarcal do Conslanlinoplc n'a jamais traité de schismatiques les llusscs ou les Iloii -. mains; de quel droit infligerait-il plutôt celte qualification aux Bulgares? Nous savons, du reste, que le rétablissement de Tautonomie de l'Église bulgare n'est qu'un retour à Tancien droit, antérieur à la conquête ottomane; Texarque ne fait que relever le trône pontical des patriarches de Prôslav, d'Okhrida et deTirnovo.

La création d'une Église bulgare autonome n'avait pas d'importance qu'au point de vue religieux. Outre qu'elle rendait aux Bulgares la disposition de toutes leurs écoles, elle donnait à leur nationalité une existence officielle et, dans la personne de l'exarque, lui constituait un chef autorisé. Ce fut donc ù tous les égards une grande victoire remportée par les défenseurs de la nationalité bulgare, victoire d'autant plus honorable qu'elle était due tout entière h leur sagesse et à leur persévérance. A partir de 1872, s'il n'existait pas encore de Bulgarie, il existait du moins une nation bulgare. La guerre de 1877 vint lui apporter ce qui lui manquait encore. .

Au point de vue religieux, elle n'amena pas de changements importants à la situation antérieure, sauf la séparation définitive des diocèses de Nich et de Pirol donnés à la Serbie. Le domaine de l'exarchat, compris dans les limites de la principauté de Bulgarie et de la Iloumélie orientale, s'est trouvé dès lors soustrait h toute ingérence du patriarcat. Mais le parti hellénique sembla vouloir prendre sa revanche sur les territoires bulgares encore soumis à la Porte, notamment en Macédoine, où il a un intérêt majeur h faire dominer sa nationalité et sa langue en vue d'un dernier partage de

la Turquie d'Europe. Les Grecs ont employé dans ce pays tous les moyens imaginables pour entraver renseignement de la langue bulgare et pour obtenir l'adhésion des populations au patriarcat, ce qui, aux yeux des autorités, les fait passer pour grecques.

La propagande hellénique a depuis quelques années trouvé un auxiliaire inattendu chez les Serbes, également intéressés à entraver l'action des Bulgares. Mais le zèle patriotique des Macédoniens, généreusement soutenus par leurs compatriotes de la Principauté, l'activité intelligente de l'exarchat, la sollicitude du gouvernement bulgare, ont surmonté ces obstacles, et la cause bulgare n'a cessé de faire des progrès.

La bienveillance du gouvernement turc, longtemps acquise aux Grecs, semble maintenant se tourner vers les Bulgares. Sur la demande du prince de Bulgarie, défenseur naturel de l'Église exarchale, le Sultan s'est décidé, en 1890, à faire droit aux réclamations incessantes des Macédoniens et à rendre aux diocèses d'Uskup, d'Okhrida et de Vêles, les évoques bulgares qui leur avaient été accordés par les actes de 1870 et de 1872. Les bérats (décrets) d'investiture ont été, au mois d'août 1890, remis aux prélats, malgré les protestations du patriarcat qui, désespéré de voir lui échapper des positions reconquises, a renouvelé l'ancienne accusation de schisme, de même que sa prétention de faire imposer au clergé bulgare un costume distinct de celui des prêtres grecs.

Il faut espérer que le gouvernement ottoman se montrera cette fois-ci aussi ferme qu'en 1870 et que les Bulgares conserveront une situation que le droit historique et le droit national s'j^ccordeut h leur reconnaître,

L'organisation de TÉglisc bulgare, établie par le firman de 1870, est encore en vigueur aujourd'hui et n'a pas été modiliée par les changements politiques survenus en 1878 (sauf par le fait de l'annexion de Nich et de Pirot à la Serbie).

L'exarque a sous sa juridiction treize diocèses {eparkhii)y h la tête de chacun desquels est un évoque (vladika). Il n'existe pas, comme dans l'Église catholique, de hiérarchie honorifique entre les évoques, qui portent tous également le titre de métropolitain (mitropolit).

Les évêchés bulgares existant actuellement sont les suivants :

8 dans la Bulgarie du nord : Tirnovo, Roustchouk, Varna et Prêslav, Vratsa, Samokov, Vidin, Sofia, Lovetch (Lovtcha);

2 dans la Roumélie orientale : Philippoli, Sliven (Slivno) ;

3 en Macédoine : Skopie (Uskup), Okhrida, Vêles (Keupreuli).

En Macédoine, il existe, en outre, dans quelquesuns des diocèses qui ne possèdent pas d^évêques bulgares, à Salonique, Dibra, MonastiVy des archiprêtres dépendant directement de l'exarchat et remplissant une partie des fonctions épiscopalcs.

Comme tous les autres pays orientaux, la Bulgarie compte sur son territoire un grand nombre de monastères, dont quelques-uns remontent à une haute antiquité.

La plupart se trouvent, dans les hautes vallées voisines des Balkans, sur les bords pittoresques et escarpés des rivières qui y prennent naissance. Les environs de Tirnovo, la capitale historique de la Bulgarie, sont surtout très riches sous ce rapport, et M. Kanitz, qui y

a compté jusqu'à onze couvents sur un espace de quelques lieues carrées, compare cette région au mont Alhos. Mais le plus ancien et le plus célèbre de toute la Bulgarie est celui du Rilo, fondé au X« siècle par saint Jean du Rilo (Svéti Ivan Rilskiï).

La vie monastique en Orient est sensiblement diffé-. rente de celle de l'Europe occidentale, et le religieux semble plutôt avoir cherché dans son monastère le repos et le calme que la force résultant de l'action en commun, qui est le but de la plupart des ordres d'Occident. Aussi ne voit-on pas dans l'église orthodoxe de congrégations comparables h celles des bénédictins, des dominicains, des trappistes, vouées à l'accomplissement d'une œuvre matérielle ou morale. L'entretien, la prospérité du monastère occupent seuls le moine orthodoxe, en dehors des offices religieux. Il faut y joindre aussi, dans quelques couvents, l'instruction des enfants du voisinage.

Les moines bulgares, comme les popes, ont fréquemment pris une part active aux luttes pour la nationalité; souvent des mouvements politiques ont eu pour point de départ des couvents, et parfois, les religieux, par exemple ceux du monastère de Kopinovo, près de Tirnovo, en 1836, ont payé de la vie ou de la liberté leur dévouement patriotique.

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