‹ La Bulgarie dans le passé et le présentChapitre 44 sur 127 · I. — E2nsel élément prliuulre · texte numérisé non relu

I. — E2nsel élément prliuulre

Examinons d'abord Tétat de l'enseignement primaire.

L'instruction est légalement obligatoire pour les enfants de 7 à 42 ans, mais il s'en faut naturellement de beaucoup que celte prescription soit toujours observée dans la pratique, d'autant plus qu'aucune sanction n'est donnée par la loi à son exécution. On n'a qu'à songer aux difficultés que présente, même dans les pays les plus avancés, l'introduction de l'instruction obligatoire, les résistances auxquelles elle se heurte, pour comprendre la situation de la Bulgarie h cet égard. Le chiffre particulièrement faible des petites filles fréquentant les écoles (voir plus bas) s'explique par la condition d'infériorité infligée au sexe féminin dans les pays orientaux, par suite du contact avec la population musulmane.

Le nombre des écoles est d'ailleurs assez élevé. On en comptait, en 1889, 3,844» ce qui représentait une école pour une population de 700 à 800 ilmes, et pour 45 élèves en moyenne, le nombre total de ceux-ci s'élevant à 172,183, dont 129,977 garçons et 42,206 filles.

Ces écoles étaient, à la môme époque, desservies par 4,386 instituteurs et 537 maîtresses.

A la fin de la guerre de 1877-78, il n'existait encore en Bulgarie que 1088 écoles, dont 61 de filles, avec 1247 instituteurs, 132 maîtresses et 48,000 élèves des deux sexes, ^importance de renseignement primaire a donc presque quadruplé pendant les \Q premières années de Vindépendance bulgare.

Pourtant, comme le nombre des enfants soumis à Tobligalion scolaire est de 837,000 (275,009 garçons et 202,000 filles), la proportion des enfants fréquentant Técolc n'est encore que de 47 pour 100 en ce qui concerne les garçons, et 1 G p. 100 seulement pour les filles.

Le programme complet de l'enseignement primaire est relativement très développé, et il semble peu probable qu'il puisse être, pour le moment, exactement suivi dans toutes les écoles. Il comprend l'instruction religieuse, la lecture, l'écriture, la grammaire bulgare, les leçons de choses, le calcul, la géographie, l'histoire de Bulgarie, le dessin, le chant et la gymnastique. Aux élèves les plus avancés on donne des notions sur l'organisation politique du pays et les droits des citoyens, ainsi que des principes d'histoire naturelle et de physique. Dans le programme des écoles de filles figurent en outre les travaux manuels. La durée des classes est, on principe, de 20 heures par semaine.

Les écoles primaires sont, comme nous l'avons déjîi mentionné, entretenues aux frais des communes, mais des subventions de l'État sont accordées aux municipalités dénuées de ressources suffisantes.

Le budget du Ministère de l'instruction publique pour 1890 prévoyait à cet ellet un crédit de 1,200,000 francs. Celui de 1891 alloue seulement 840,000 francs. La somme dépensée par les communes s'élève annuelment l\ 2,300,000 francs environ.

Si l'on se rappelle que le nombre total des communes de la Principauté n'est que de 1795, on voit, en le comparant avec celui des écoles (3,844), que cnaquo commune posséderait en moyenne deux écoles ; en fait, presque tous les villages importants en sont actuellement pourvus.

Le recrutement des instituteurs a été une des principales difficultés de l'organisation de l'enseignement primaire, surtout après Témancipation, car les fonctions administratives et les aftaircs politiques absorbèrent à ce moment une grande partie du personnel enseignant alors en fonctions. 11 existe actuellement pour le recrutement des instituteurs des coiœs pédagogiques dans les collèges de Kmtendil, Kazanlyk, Lom et Silistrie, Un cours de préparation pour les élèvesinstitutrices est établi auprès du collège de filles de Sofia.

Les écoles communales sont placées sous la surveillance de TÉtat. Cette surveillance est exercée, dans chaqne département, par un inspecteur scolaire départemental (Okrûjnii outchebnii inspektor), dépendant du Ministère de Tinstruction publicjuc.

En outre des écoles communales, il existe aussi un certain nombre d'écoles primaires entretenues par les communautés religieuses non bulgares. Au premier rang pour la quantité figurent naturellement les écoles turques, au nombre de 957, avec 1323 maîtres, 48 maîtresses et 52,000 élèves. Les Grecs possèdent une cinquantaine d'écoles, fréquentées par 4,000 élèves environ; les Bulgares catholiques, iG écoles, avec un millier d'élèves ; les protestants, 10 écoles, avec une centaine d'élèves ; les Arméniens. G écoles et 250 élèves; enfin, les Israélites, 30 écoles, avec 2,000 élèves environ.

Ces dernières écoles sont subventionnées par VAl- Uance israélile universelle^ dont le siège est à Paris.

Pour terminer cet aperçu de la situation de la Bulgarie au point de vue de renseignement primaire, nous allons donner, par département, la répartition de la population par rapport à Tinstruction élémentaire.

Du lablcau ci-eontrc ressort d'abord ce fait que la population féminine est presque entièrement illettrée ; 4,1 pour 100 seulement des femmes savent lire et rcrire.

En ce qui concerne les hommes, la situation n'est pas encore bien brillante non plus, puisque la statistique accuse plus des 4/5 d'illettrés ; mais il serait injuste de porter actuellement à ce point de vue un jugement sur la nation bulgare ; ce n'est que dans bien des années, lorsque les générations nouvelles, nées depuis l'émancipation, auront remplacé celles qui avaient grandi sous la domination turque, que Ton pourra juger en toute connaissance de cause du résultat produit par les efforts incontestables de l'État bulgare dans le sens du développement de l'instruction primaire.

Aucune loi bien nette ne se manifeste au point de vue de la répartition, sur le territoire, des gens lettrés ou illettrés, si ce n'est que la lloumélie accuse partout une proportion d'habitants instruits supérieure à la moyenne de la Bulgarie du Nord. On peut remarquer aussi que, dans cette dernière région, contrairement à ce que l'on pourrait supposer, plusieurs départements orientaux, de ceux dans lesquels habite une nombreuse population musulmane, par exemple Varna, Choumla, Roustchouk, Tirnovo, possèdent une proportion relativement forte d'hommes sachant lire et écrire;

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