V. — «loiiranux et revue
L'importance prise actuellement par la presse dans la vie intellectuelle et sociale de tous les pays civilisés nous engage à entrer dans quelques détails au sujet des journaux publiés en Bulgarie. Ils ne sont pas encore bien nombreux, et aucun d'eux, croyons-nous, n'est quotidien : les plus importants paraissent deux ou trois fois par semaine. Voici un tableau de la presse bulgare en 1891, que nous devons îi l'obligeance de la direction du journal la Bulgarie.
Parmi les journaux ayant un caractère administratif figurent, en dehors du Journal officiel, les trois bulletins municipaux (Obchlinski Vôstnitsi) do^feofia, Philippopoli et Varna.
Les journaux politiques publiés à Sofia sont au nombre de 4 : SvoOoda (la Liberté), organe gouvernemental; Narodni Prara (les Droits du peuple), feuille d'opposition; Sélianin (le Paysan), journal religieux; enfin, la Bulgarie, d'opinion nationaliste modérée, qui, rédigée en français, est, par ce fait, le porte-parole de la principauté vis-à-vis de l'étranger.
A Pliilippopoli paraissent Plovdiv (Philippopoli) et la Balkanska Zora (l'Aurore des Balkans).
Les feuilles de province sont : le Slarianin (le Slave), s'imprimanl h Roustchouk; Tcherno-More (la Mer Noire), à Varna ; la Toundja, h Yamboli.
Eu dehors de la principaulé, deux journaux bulgare? se publient a Constanlinople : les Norini (les Nouvelles), organe de TExarchat, et Zrnilsa ( TAurore).
Les villes de Philippopoli et Varna possèdent chacune une feuille rédigée en langue grecque.
Les revues littéraires ou spéciales sont rclalivenient plus nombreuses. A leur tctc nous devons citer les Annales de la Société littéraire bulgare {Pcrioditchcsko Spisanié), publiées depuis plus de vingt ans, d'abord h Bolgrad et h Braïla (Roumanie), ensuite à Sofia) à partir de 1878). Ce recueil, qui a dû h la direction de M. Drinov une haute valeur scienlifique, contient d'importantes études se rapportant à l'histoire, ù Tethnographie et à la philologie bulgares.
Nous nommerons ensuite les revues littéraires appelées : Dennitsa (rÉtoile du matin) et Déiatel (le Travailleur), publiées à Sofia, ainsi que là Svétlind (la Lumière), journal mensuel illustré; deux autres revues : Douma (la Parole) et Kritika (la Critique), paraissent h Philippopoli; citons enfin une revue bulgare (KnijUsi) publiée à Salonique et dans laquelle on trouve notamment d'in- ^iëressants documents concernant les dialectes populaires macédoniens.
Comme publications périodiques spéciales, nous trouvons deux revues judiciaires publiées à Sofia et à Yambol, et le Journal militaire (Yoïcnniï Journal) qui contient une partie officielle et une partie non officielle où paraissent des études provenant d'officiers bulgares et des traductions des publications militaires étrangères.
Nous parlerons ici, en raison de son caractère scienti-
liquc, du service médical et hospitalier, bien qu'il dépende, comme en France, du ministère de l'intérieur, dont il forme une direction, h laquelle est rattaché le conseil médical (mcditsinski sëvêt). .
Dans chaque chef-lieu de déparlement, et dans un assez grand nombre d'autres villes, il existe un hôpital entretenu, au moins en partie par l'État. Sofia en possède un de 200 lits, auquel est annexé un hospice d'aliénés ; Varna et Tirnovo ont des hôpitaux de 180 lits ; Philippopoli, Rouslchouk, Vidin et Sliven, de 100 lits. Les hôpitaux des autres cliefs-lieux de département ont chacun 50 lits. Des hôpitaux de 10 lits existent dans les villes suivantes : Samokov, Gabrovo, Elena, Radomir, Doubnitsa, EskiDjouma, Berkovitsa, Troian, Dobritch, Karlovo, Koula, ïsaribrod, Yambol, Karnobat, Tchirpan, Kotel, Osman-Bazar, Nova-Zagora, Kazanlyk, Belogradtchik, Nikopoli, Toutrakan, Breznik, Panaghiourichté, Harmanly, Ankhialo, Pravady.Rahovo, Baltchik, Koutlovitsa, Orkhanié etPirdop.
Les médecins en chef des hôpitaux des chefs-lieux de départements remplissent les fonctions de médecins départementaux. Us servent de conseils h Tadministration préfectorale dans les questions d'hygiène publique./ Les sept villes dans lesquelles existent des hôpitaux de 1" classe possèdent un médecin départemental spécial. ,
Chaque arrondissement possède aussi un médecin d'arrondissement ; dans les villes où se trouve un hôpital de 3° classe, ces fonctions sont remplies par lé médecin de cet hôpital.
Du service sanitaire dépendent encore : le Ia])oratoirc du conseil médical, à Sofia, les instituts de vaccination de Sofia et Roustchouk, et les quarantaines de Varna, Bourgns et Baltchik.
Les crédits prévus au budget de 1890 pour le service sanitaire présentaient un total de 1,982,580 francs.
VII, — GiiltCH.
Nous avons déjà parlé, dans un des chapitres précédents, de Tétat et de l'organisation des différents cultes professés par les Bulgares. Il suffira maintenant que nous indiquions la nature des rapports existant entre les communautés religieuses et les pouvoirs publics.
En vertu du titre IX (articles 37 et suivants) de la Constitution, la religion chrétienne ortliodoxe (pravoslavnd) est la religion de l'État. Le prince et ses descendants sont tenus de la professer; cependant, un prince élu, s'il appartient ii un autre culte (comme c'est le cas actuel), n'est pas obligé de le quitter.
La Principauté est partie constitutive du territoire de l'Exarchat bulgare, et reconnaît pour autorité ecclésiastique supérieure le Saint-Synode de l'Église bulgare, en quelque endroit qu'il réside : nous savons que son siège est actuellement àConstanlinople.
Tous les autres cultes sont entièrement libres, sous la seule condition de ne pas contrevenir aux lois du pays. Leurs affaires religieuses sont gérées par leurs supérieurs ecclésiastiques respectifs, sans ingérence, mais sous la surveillance de l'État.
Les questions religieuses sont, en Bulgarie, du ressort du Ministère des affaires étrangères.
Une subvention est allouée, sur le budget de ce njinistère, à l'Exarchat bulgare à Constantinople. Elle s'élève, pour cette année, à 207,000 francs. Les évoques bulgares sont rétribués par l'État et reçoivent des traitements variant de 6,000 îi 10,000 francs. Le clergé
des paroisses est entretenu, d'une manière assez mo- j
dcslc d'ailleurs, par les revenus des propriétés ecclé- 'i
siasliqucs et par le produit des honoraires du service reli- ■]
gicux ou de redevances traditionnelles. Des subventions de l'État (80,000 francs par an) sont accordées aux paroisses les plus nécessiteuses, La question du traitement des prêtres de paroisse n'est du reste pas encore réglée définilivemont.
Les cultes isi'aélite et musulman reçoivent aussi de l'État des subventions dont le total s'élève annuellement a C0,000 francs, sans compter les crédits alloués au séminaire maliomélan de Clioumla et à la commission !
administrative des l)iens ecclésiastiques musulmans (
(vakoufs).
Le culte orthodoxe bulgare possédait, en 1888, dans la Principauté, 10 évoques, dont nous avons donné les résidences au chapitre XI, 1951 prêtres de paroisse (popes) et 1819 églises; le clergé régulier comptait, à la môme époque, 204 moines, répartis dans 78 monastères, dont plusieurs servent en môme temps d'églises paroissiales; les couvents de femmes, au nombre de 14, contenaient 348 religieuses.
Les églises grecques ressortissant au Patriarchat sont au nombre d'une quarantaine, avec 80 prôtres environ. . '
En 1889, il existait dans la Principauté 17 églises catholiques, avec 53 prôtres, et 15 églises protestantes avec 24 pasteurs.