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III. — Industries exercées en Bulgparle

Les industries les phis répandues en Bulgarie sont celles qui ont pour objet l'utilisation des matières premières fournies par l'agriculture.

En |)remière ligne vient ïindtistrie textile, et spécialement la fabrication des étoffes de laine; deux sortes de draps, la plus épaisse nommée aba, la plus légère, chmjak, sont spéciales au pays; elles sont surtout fabriquées par des paysans travaillant dans leurs maisons ; il existe cependant des fabriques dans quelques villes ; Sliven, notamment, en compte, dans la ville ou les environs, huit, dont une est la propriété de l'État, bien qu'exploitée par l'industrie privée ; elle fournit de drap l'armée bulgare et môme en partie l'armée turque; on trouve aussi des tissages de chayaksàGabrovo(cinq établissements), à Sevlievo et à Travna. Plusieurs des fabriques de Sliven et de Gabrovo font usage de machines à vapeur. La production annuelle représente une valeur de 2,750,000 francs environ pour la première de ces villes, et de 750,000 francs pour la seconde. La fabrication des rubans de laine est aussi extrêmement répandue ; il en existe des fabriques à Karlovo, Sopot, Kalofer, Gabrovo, Sàmokov, Pirdop, Stara-Zagora, Tirnovo, Travna ; en outre, beaucoup de paysans s'occupent ii ce travail.

Dans toute la région des Balkans, et particulièrement

à Tchiprovels, Elena, Kotel, etc., on fabrique des tapis de très bonne qualité.

Les industries précédentes indiquent que la préparation des laines doit avoir une assez grande importance.

La filature et le tissage du coton sont assez répandus, mais sans avoir la môme importance que pour la laine. On fabrique en quelques endroits des étoiles de soie^ et on se sert aussi fréquemment de cette matière pour rornementationd'étofles de natures différentes, drap ou toile; c'est un travail qui revient naturellement aux femmes et dont elles s'acquittent souvent avec beaucoup de goût.

La préparation des peaux a possédé autrefois une extension beaucoup plus grande qu'aujourd'hui ; se trouvant, pour la plus grande partie, entre les mains des Turcs, cette industrie a été fortement éprouvée par rémigration qui a suivi rétablissement de la principauté de Bulgarie ; les principaux centres de ce métier sont: Sevlievo, Varna, Roustcliouk, Choumla; on y prépare non seulement les cuirs ordinaires, mais les maroquins, cuirs de Russie, etc. ; les peaux de mouton garnies de leurs poils sont d'un usage général pour la fabrication de vêtements d'hiver et de coiffures; on sait que la coiffure nationale bulgare est un bonnet de peau de mouton.

Pour terminer la liste des industries utilisant les produits agricoles, il convient de citer les manufactures de tabacy qui existent presque dans chaque département et particulièrement dans ceux de Varna (15), Sliven (10), Philippopoli et Tirnovo (8), Sevlievo (6), etc. ; les distilleries, assez nombreuses dans les départements de Sliven (11), Philippopoli(6), Roustchouk (5), Sofia (3), etc.,

en outre desquelles il existe presque dans chaque village dos appareils servant à la préparation du raki, de la slivovilsa; la fabrication de Tessence de rose, dont il a déjà été question, la préparation de la viande séchée de mouton ou de chôvre, appelée pastrma, notamment dans les régions de Sliven, Stara-Zagora, Varna, etc.

Un assez grand nombre de moulins h vapeur ont été établis pour la production en grand de la farine ; on en trouve 2 dans le département de Bourgas, 2 à Vidin, 1 à Novo-Selo, 4 à llazgrad et à Roustchouk, 2 à Varna, 18 dans le département de Silislrie, 2 dans celui de Philippopoli, 3 à Sofia, etc.; il existe aussi des moulins h eau organisés ;i Teuropéenne.

La fabrication de la bière, que l'on peut rattacher aux industries précédentes, bien qu'elle utilise surtout des matières premières étrangères, a pris en Bulgarie une certaine extension, qui va toujours en croissant; il existe des brasseries dans toutes les villes importantes : 5 h Sofia ou aux environs, 2 à Roustchouk et Choumla, 1 h Samokov, Vidin, Lom, Varna, Philippopoli, Sliven, Kazanlyk, etc.

Le travail du bois n'a guère d'autre but que de suffire aux besoins locaux ; l'industrie des meubles a pourtant une certaine importance h Scvlievo, Lovetch, Etropol; il existe des scieries hydrauliques sur le versant nord des Bolkans, dans le Rhodope, le Rilo.

Le travail des métaux a aussi le jcaraclère d'une industrie exclusivement locale. Il était autrefois beaucoup plus important ; Sliven et Gabrovo possédaient des fabriques d'armes, Stara-Zagora construisait des chaudières en cuivre qui s'exportaient jusqu'en Asie Mi-

neure, dans plusieurs endroits on exécutait avec beaucoup d'Iiabilelé et de goût des travaux en filigrane d'argent. Cette dernière industrie n'est pas entièrement disparue, elle s'exerce aujourd'liui principalement à Yidin. Au point de vue du travail du fer, on ne peut citer comme ayant une importance particulière que Gabrovo,o\x Ton fabrique spécialement les couteaux, les faux, etc.

L'art de la poterie est assez répandu; il s'exerce principalement dans les régions de Roustchouk, Silistrie, Trn, etc. ; les Bulgares y apportent souvent beaucoup de talent; i\ Roustchouk, on fabrique des vases en terre noire, ornés de dessins en or.

Pour terminer le tableau de Tactivité industrielle des Bulgares, nous devons encore citer quelques établissements isolés : les fabriques de savon h Philippopoli, Roustchouk et Silistric; da soude, h Yidin et Sofia; une fabrique depoitdre à Boucovets (département de Yidin); k Kazanlyk, une verrerie produisant principalement les récipients nécessaires pour l'huile de rose; enfin les imprimeries qui existent dans les principales villes: 11 k Sofia, 8 k Philippopoli, 3 k Yarna, 2 k Yidin, 1 îi Roustchouk, Tirnovo, Sliven et Slara-Zagora.

Sous la domination turque, le ])lus grand nombre des artisans des villes étaient groupés en corporations (esnaf), jouissant de certains privilèges et soumis k des règlements spéciaux, comme les anciens corps de métier de l'Europe occidentale; le nouveau régime qui a établi la liberté commerciale, et la situation peu favorable de rindustrie indigène ont amené la disparition de la plupart de ces associations et fait perdre aux

autres une grande partie de leur importance. Il existe cependant encore des associations de jardiniers assez nombreuses, qui s'en vont souvent au loin pour exploiter en commun des cultures maraîchères.

Presque tous les ouvriers occupés par les industries que nous avons énumérées, môme dans les fabriques, sont des sujets bulgares ; ce n'est que dans les villes voisines de la côte ou du Danube, particulièrement à Varna, que Ton trouve un certain nombre d'ouvriers étrangers. Les maçons, briquetiers, etc., ainsi que les manœuvres et journaliers de diverses professions sont souvent des Bulgares de Macédoine.

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