CHAPITRE XVII
Le scandale de Caen et d'Argentan. — La campagne de l'ermitage contre le jansénisme. — Un pamphlet de Pierre Du Four. — Les autorités civiles et les évoques contre la cabale. — La Compagnie recherchée. — Arrêt du 13 décembre 4660.
Le mercredi 4 février 1660, on vit soudain, à Caen, un spectacle étrange. Cinq jeunes gens, tète nue, pourpoint déboutonné, couraient par les rues, gesticulant et hurlant. Hs répétaient à tue-tête que tous les curés, sauf deux qu'ils nommaient, étaient « fauteurs du jansénisme et excommuniés ». Un cortège de curieux les suivait. La plupart étaient étonnés. Quelques-uns riaient. D'autres aussi commençaient à s'émouvoir ; et, il y avait des gens pour faire écho aux clameurs des énergumènes et pour crier avec eux contre les curés. Le désordre menaçant de s'étendre, les magistrats firent arrêter les cinq individus.
Conduits devant le juge, les jeunes gens déclarèrent qu'ils avaient agi dans le seul but de rendre service à Dieu et qu'ils étaient prêts à mourir pour la vérité qu'ils avaient publiée. Avant de se résoudre à leur manifestation publique, ils avaient fait une communion extraordinaire. L'on en retint quatre en prison, et l'on renvoya le cinquième à ses parents, les médecins ayant attesté qu'il était hypocondriaque. Peu de jours après, le lieutenant criminel avait fini d'instruire le procès. Les prévenus
furent condamnés à quatre livres d'amende; il leur fut défendu, « et à tous autres », disait l'arrêt, de s'assembler ni de provoquer aucun scandale. Il était ordonné, en outre, qu'ils seraient mis entre les mains de leurs parents qui devraient en faire bonne et sûre garde, « avec défense de les laisser entrer dans la ville et dans les faubourgs sous les peines au cas appartenantes ». Les gens bien informés affirmaient que la sentence était dirigée contre les fanatiques de 1' « ermitage ».
Des semaines se passèrent. On ne parlait plus de cette scène extravagante. Cependant, les visionnaires qui avaient voulu ameuter le peuple de Caen nétaient pas guéris. L'un d'eux avait été reconduit chez sa mère à Silly, près d'Argentan. 11 y vivait avec deux ou trois de ses camarades. Ils recommencèrent à s'exciter les uns et les autres. Ils gagnèrent quelques adhérents, qui se laissèrent persuader que les jansénistes ruinaient la foi et la religion en Europe et que les fidèles catholiques seraient bientôt réduits à se réfugier en Amérique. (Juelques prêtres d'Argentan entrèrent dans leurs vues et s'avisèrent de faire fabriquer une figure en bosse de la sainte Vierge foulant un dragon sous ses pieds, avec cette inscription : Flagcllum jamenistarum. Ils placèrent cette image au portail de l'église paroissiale; et, tous les jours s'assemblant devant elle, ils chantaient des litanies et criaient contre l'hérésie. Le procureur du roi ordonna d'enlever l'objet qui servait de prétexte au vacarme quotidien. Le peuple, troublé par les prophéties effrayantes de ces agités, s'y opposa; et l'on mit des inscriptions de ce genre à d'autres statues de la Vierge dans la ville. Et le cénacle continuait ses exercices.
Un matin — c'était deux jours avant la l*entecêle — ils partirent tous, hommes et femmes, pour Argentan. Les prêtres avaient retroussé sur leur tète le derrière de leur soutane, qui était retenue aulourde leur cou par des liens de paille. Onehiues-unes des femmes avaient la tète nue et les cheveux épars. l*arfois, sur la route, ils ramassaientdes immondicesd'animauxet s'en souillaient
le visage. Les plus zélés mangèrent même de ces ordures, disant qu'il fallait se mortifier le goût. Lorsque leur conducteur rencontrait un bourbier bien sale, il commandait à quelques-uns de la troupe de s'y plonger et rouler. Ils tenaient en leurs mains des cailloux qu'ils heurtaient l'un contre l'autre. Ils arrivèrent à Argentan dans cet équipage et se mirent à parcourir toutes les rues, deux à deux et en criant que la foi périssait, que la foi se perdait, que quiconque voulait se sauver devait partir pour le Canada. Après quelques heures de ces mouvements désordonnés ^et de ces vociférations, ils retournèrent à Silly comme ils étaient venus. Le lendemain, ils voulurent recommencer la même scène à Séez. Ils s'y transportèrent en hurlant: « Seigneur, ayez pitié de nous et convertissez les jansénistes ! » Mais des archers les attendaient. Les ecclésiastiques furent appréhendés au corps et les autres renvoyés comme fous. Quelques jours plus tard, le lieutenant criminel de Caen renouvelait sa sentence contre les fanatiques de l'ermitage et interdisait, sous peines sévères, toutes leurs assemblées ^
L'aventure était surtout grotesque. Mais les gens de l'ermitage n'étaient pas seulement les quatre oucinqénergumènes qui avaient provoqué tout ce tapage. Ceux-ci n'étaient que de pauvres déséquilibrés et ils compromettaient par leur conduite d'autres personnes qui avaient peut-être moins d'enthousiasme mystique et bruyant, mais plus d'activité tenace. Les extravagances de cette demi-douzaine de malades effrayèrent plus ces personnes qu'elles n'avaient ahuri le public.
La société de l'ermitage était une sucursale de la Compagnie du Saint-Sacrement. Dans les débuts, elle s'était consacrée surtout au soin des pauvres. Peu à peu, elle avait connu toutes les ambitions habituelles à la
' * Cf. Extrait iVune lettre du S5 mars contenant la relation des extravagances que quelques-uns d'une Compagnie appelée l'Hermitar/e ont faites à Argentan et à Séez avec la sentence du lieutenant criminel du bailliage et siège présidial de Caen, etc.,
3oO LA CABALE DES DEVOTS
Compagnie. Elle avait pris à cœur de supprimer tout le mal connu d'elle. « 11 est arrivé quelquefois, raconte quelqu'un qui l'a bien étudiée, qu'ayant eu de faux avis, que des maris maltraitaient leurs femmes ou que des femmes n'étaient pas fidèles à leurs maris, ou que des filles ne se gouvernaient pas très bien, les confrères se sont ingéniés, sur le rapport qui en était fait en leurs assemblées, de chercher les moyens de remédier à ces maux, et ils en ont choisi de si impertinents et de si in-, discrets que cela a été capable de causer bien du désordre et de la division dans les famille^ et dans la ville ^ ». L'arrêt du parlement de Bordeaux du 12 juillet IG08 nous a déjà parlé de ces procédés.
Les confrères de Caen étaient obsédés par l'horreur du jansénisme. Us le voyaient partout. En relations constantes avec les congrégations d'hommes que le P. Bagot, jésuite, avait fondées à Paris dans les faubourgs Saint- Marcel et Saint-Germain, ils accusaient de jansénisme quiconque éprouvait la moindre froideur pour les fils de saint Ignace. Les disciples de M. de Bernières-Louvigny prétendaient qu'il découvrait ces hérétiques « au flairer, comme les chiens font leur gibier » ; mais « lui-même disait qu'il n'avait pas Todorat si subtil; la marque à laquelle il les connaissait était quand on improuvait sa conduite ou que Ton était opposé aux Jésuites ». M. de Laval-Montigny, qui devait partir, en 1059, comme vicaire apostolique au Canada, avait fait un séjour assez long en l'ermitage; et certaines des clameurs poussées dans les rues de Caen par quatre ou cinq échauffés révèlent quelques-uns de ses propos.
Les confrères surveillaient tout prédicateur nouveau; et s'ils désapprouvaient ses discours, ils cherchaient les moyens de lui faire interdire la chaire ; l'on racontait que pour y mieux parvenir, ils n'hésitaient pas à le « décrcditer ». On citait, par exemple, le cas d'Éticnuc Norgerot,
* Mémoire pour faire connaître Vespril et la conduite, etc. p. 5. Nous |)arUMOiis tout à riieurc de ce mémoire.
LE COMPLOT DÉCOUVEUT 35J
vicaire du faubourg de Vauxcelles. S'étant permis de blâmer leur conduite, il fut accusé, devant M. deBayeux, d'ivrognerie et d'impudicité, d'impiété, de rébellion envers le roi et enfin de jansénisme. L'officialité de Rouen et le parlement de Normandie se prononcèrent en faveur du prêtre incriminé. Ses ennemis masqués s'acharnèrent contre lui et finirent par persuader à la cour qu'il avait excité le peuple de Caen à se révolter contre le roi. Par arrêt du 30 août 1659, la cause fut évoquée devant le conseil de Sa Majesté, ordre étant donné de surseoir à toutes les décisions de l'official et des juges de Caen ou de Rouen ^.
Si ces évêques sans mitre avaient vite fait de briser les prédicateurs qui leur déplaisaient, ils n'entendaient pas que l'autorité de 1' « ordinaire » diocésain fit à la leur une concurrence trop directe. En IGliO, l'évêquc deBayeux avait envoyé de Paris à l'archiprétre de Caen l'ordre d'interdire aux orateurs de la chaire l'habitude d'homélies par trop belliqueuses. M. de Bernières-Louvigny prit mal la chose, et écrivit à l'archiprétre, curé de Saint- Julien, une lettre très injurieuse pour le prélat, blâmant les instructions qu'il avait eu le triste courage de donner et affirmant qu'il n'en fallait pas davantage pour le compromettre comme fauteur et protecteur du jansénisme. On racontait que le curé avait montré la lettre à l'évêque et que celui-ci avait été intimidé ; et ce succès avait redoublé l'audace des surveillants bénévoles.
L'abbé de la Luthumière avait fondé un séminaire à Valognes. On le fit solliciter d'en remettre la direction au P. Eudes et de l'incorporer à l'ordre des prêtres de Jésus et Marie. 11 refusa, parce qu'il voulait donner l'établissement au diocèse de Goutances et l'assujettir à l'autorité de l'évêque. Il était clair que ce personnage, assez osé pour résister à une suggestion de l'ermitage, ne songeait qu'à créer un repaire de jansénistes. On le fit savoir à l'évêque intéressé. Celui-ci eut la méchante idée
* Voir l'arrêt d'évocation, bibl. Nat. (imprimés) : Ld*278.
de ne pas admettre l'accusation sans une enquête préalable. Il se rendit compte de tout et publia une sentence qui lavait les inculpés de tous les griefs dirigés contre eux et menaçait de l'excommunication quiconque les répéterait (3 mars 1660). Les confrères du Saint-Sacrement n'étaient pas gens à se soumettre pour si peu et ils continuèrent leur campagne ^.
Au début de 1659, ils avaient lancé un libelle venimeux contre les Pères de l'Oratoire. Le procureur du bailliage s'en était ému et s'était porté partie contre les auteurs et distributeurs de ce papier. Il ne put recueillir tout d'abord aucun témoignage; et la cabale pensa qu'elle échapperait aux regards indiscrets. Mais les magistrats avaient réclamé et obtenu de l'évèque un monitoire; et ce monitoire avait délié quelques langues : plusieurs personnes avaient raconté ce qu'elles savaient de l'ermitage. L'affaire devenait dangereuse, M. de Mézy, major de la ville, et l'un des personnages les plus considérables de la Compagnie, avait fait appel comme d'abus de ce monitoire. Puis, on avait joué de tous les moyens de procédure et de toutes les influences possibles; et, finalement, en août 1659, un ordre du conseil du roi avait arrêté l'enquête et les dépositions. On avait cru le péril écarté. Mais quelqu'un s'intéressait très fort aux menées du cénacle et préparait avec passion un dossier contre lui. Quelque chose de ces révélations lui parvint.
Pierre Du Four, abbé d'Aulnay, ci-devant curé de Saint Maclou de Uouen et ancien grand vicaire de l'archevêque, n'avait pas oublié ce qui s'était passé à la suite de ses sermons contre la morale des casuistes. 11 en avait rapproché tous les accidents arrivés, en basse Normandie, sous prétexte de jansénisme, à tous les prêtres qui ne s'inclinaient pas devant les fantaisies d'une coterie. Il avait recherché en quoi pouvait bien consister cette -cabale dont on sentait l'action dansles diocèses
' Cf. Procès-ver baiw des (issemblées du Clergé, l. IV, p. 692.
de Baveux et de Lisieiix; et il avait découvert des détails intéressants. Or, comme, le 80 juillet 1659, il se présentait à la chapelle des Ursulines de Gaen pour y dire la messe, ces religieuses lui déclarèrent qu'il n'avait rien à faire chez elles et qu'elles s'étaient interdit, par un statut formel, de laisser aucun prêtre soupçonné de jansénisme célébrer dans leur maison le saint sacrifice. Elles cédèrent, pourtant, sur l'intervention de leur directeur. Peu de jours après, elles se repentirent de cette faiblesse et renouvelèrent, mais avec plus d'éclat, le scandale. L'affaire parvint jusqu'au conseil du roi *. L'abbé Du Four eut gain de cause. Mais il n'en était pas moins très vexé. Il poussa plus loin son enquête. Son travail était prêt, quand les extravagances tumultueuses d'une demi-douzaine de détraqués à Gaen et à Argentan lui fournirent l'occasion de le publier. Il lança immédiatement une brochure anonyme : Mémoire pour faire connaître r esprit et la conduite de la Compagnie établie en la ville de Caen et appelée l'Ermitage.
Cette fois la Compagnie était dénoncée avec une précision terrifiante. Outre son nom populaire, Du Four livrait son titre exact. Il savait son organisation : « Elle est composée de gens de toutes conditions, à savoir d'ecclésiastiques, de gentilshommes, d'officiers, de marchands, de bourgeois... Ces messieurs s'assemblent d'ordinaire tous les jeudis, non pas toujours en même lieu, de peur d'être découverts, mais toujours chez quelqu'un des confrères, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre... Depuis que le feu sieur de Ber... (Bernières-Louvigny), trésorier de France à Caen, qui était le chef delà Compagnie . . ., se fut retiré. jea ia,iïiai&on.. iie .i'jermitage,. -qu-i- -â^âiiyenL 9^ux Ursujin^^^ est à l'entrée de leur
moDXistère> ces messieurs s'assemblaient le plus souvent en ce logis, tant à raison que le dit sieur de Ber... sortait peu à cause de la faiblesse de sa vue que parce
* L'arrêt d'évocation est du 23 août 1639 et la condamnation des Ursulines du 9 mars 1G60 (bibl. Nat., imprimés. Ld * 277 et 281).
que la plupart des personnes qui vivaient avec lui en communauté en cette maison, étaient de cette Compagnie, ce qui rendait leurs assemblées plus commodes en ce lieu qu'en tout autre... Les assemblées de cette Compagnie sont conduites et modérées par des officiers qui sont un président (supérieur), un directeur, des conseillers et un secrétaire; le directeur est toujours un ecclésiastique, mais les autres officiers peuvent être laïques... Ils ont union et correspondance avec d'autres semblables Compagnies du Saint-Sacrement qui se sont établies depuis quelques années dans plusieurs grandes villes du royaume, où elles se fortifient beaucoup ^ »
Du Four révélait toute la portée de leur ambition : « M. de Ber... leur a persuadé que la Compagnie était établie pour prendre soin de toutes les bonnes œuvres publiques et particulières qui regardent la piété et la religion et que Dieu les avait suscités principalement pour suppléer aux défauts et négligences des prélats, des pasteurs, des magistrats, des juges et autres supérieurs ecclésiastiques et politiques qui... omettent de faire dans les occasions beaucoup de bien qu'ils pourraient procurer et négligent de résister à beaucoup de maux, d'abus et d'erreurs qu'ils pourraient empêcher. » C'est bien là le programme queeous connaissons. Du Four en montrait aussi les principales applications : « C'est dans cette pensée que ces Messieurs croient avoir le droit de se mêler de toutes choses, de s'ingérer dans toutes les actions un peu éclatantes de la religion, de s'ériger en censeurs publics..., d'entrer et pénétrer dans les secrets des maisons et des familles particulières, comme aussi dans la conduite des communautés religieuses pour y gouverner toutes choses à leur gré 2. » Et, tout heureux d'avoir mis la main sur le centre du complot, l'ancien grand vicaire de l'archevêque de Houen rappelait, en les expliquant, tous les incidents qui, de-
* Mémoire pour faire connaître, etc., \). \, 1*. ' Mémoire pour faire connaître, etc., p. 4.
puis quelques années, avaient troublé l'Eglise dans la basse Normandie.
11 dévoilait, d'ailleurs, la méthode ordinaire des confrères : « Ils tâchent d'éviter la haine de ceux qu'ils attaquent, en agissant avec tout le secret qui leur est possible; car, après avoir jeté la pierre, ils cachent le bras, afin que l'on ne voie point d'où vient le coup. Par exemple, s'ils ont résolu de pousser à bout un ecclésiastique, parce qu'ils le croyaient de mauvaises mœurs ou de doctrine suspecte, s'ils pensent pouvoir le faire punir par les voies de la justice ordinaire, ils lui susciteront un dénonciateur qui l'accusera, sans faire aucunement paraître qu'ils prennent part à cette poursuite. Que s'ils jugent qu'il n'y a pas moyen de perdre un homme par les formes ordinaires de la procédure, ils tâchent par le moyen de leurs intrigues de le décrier auprès des puissances, afin... de surprendre quelque ordre, qui tende ou à l'éloigner ou à le priver de sa liberté ou à l'interdire de ses fonctions et le rendre inutile en flétrissant sa réputation de quelque nature d'infamie. » Et Du Four proclamait ces pratiques encore plus dangereuses que celles d'une juridiction que la France n'a jamais admise : « Dans les pays d'inquisition, on ne doit condamner que selon les formes prescrites par les lois et canons de l'Eglise; mais dans ces assemblées, on condamne les gens sans les examiner, sans les entendre et sans aucune forme ni figure de procès ^ »
11 n'avait pas de peine à expliquer le danger de « ces sortes d'assemblées et de sociétés, qui se font sous prétexte de religion ou de bien public, sans autorité et sans la permission des supérieurs soit politiques, soit ecclésiastiques..., toujours rejetées, réprouvées et défendues par toutes les lois civiles et canoniques ». Il le dénonçait surtout aux chefs des diocèses : « Il y va principalement de l'intérêt de NN. SS. les Evèques de s'opposer aux progrès de ces cabales dont les entreprises continuelles
* Mémoire po ut' faire connaître, etc.j p. 3, 3o.
sont autant d'attentats... et de conspirations contre l'autorité sacrée. Car... il y en a plusieurs parmi ceux qui composent ces assemblées, qui sont si présomptueux et si extravagants que de s'imaginer qu'ils sont plus sages, plus éclairés et plus zélés que les évoques, et que Dieu les a suscités pour suppléer aux défauts, aux négligences et aux manquements des prélats... Ils entreprennent de mettre des curés et des prêtres dans les paroisses, des supérieurs et des supérieures dans les monastères, des prédicateurs dans les chaires, des précepteurs dans les collèges et les écoles, des séminaires dans les diocèses, et des directeurs dans ces séminaires; ils s'ingèrent de vouloir établir de nouveaux monastères, de réformer les anciens, de faire ériger des confréries, de faire faire des missions, de suggérer des testaments, de dispenser les aumônes des autres et de censurer les évêques... * »
Le secret de la cabale des dévots était bien livré aux méditations du public et des puissances.
Les chefs de la cabale, à Paris, virent clairement le péril. Ils se gardèrent d'en parler en assemblée générale. Ils savaient que la panique est mauvaise conseillère, que certains confrères, instruits par la peur, auraient soudain des scrupules à se réunir contre la volonté du roi et que l'occasion fait parfois les traîtres. Ils se contentèrent d'insister plus que jamais sur la nécessité du mystère le plus absolu. On se souvint que des papiers de la société étaient encore entre les mains do ^jmo de Renty. On les lui redemanda. Les amis de Vienne proposaient de fonder une succursale à Bourg-en-Bresse. On les avertit qu'il y aurait imprudence, pour l'instant, à suivre ce dessein. On adressa, peu de temps après, la même réponse à ceux de Toulouse qui projetaient d'éta-
Mémoire pour faire conîiaîlre, etc., p. 30, 34.
blir l'œuvre à Castres ^ Cependant on s'efforçait vainement de supprimer le libelle qui avait découvert la Compagnie. L'on pria les confrères de Rouen de suspendre momentanément leurs réunions. On ne voulut point leur écrire, de peur que la lettre ne fût interceptée; mais l'un d'eux, le chanoine Mallet, se trouvant à Paris, on le chargea de les avertir ^.
Le {'^'■juillet 1660, on se résigna à un acte inévitable, mais qu'on estimait très dangereux : on admit le prince de Conti. Celui-ci, étant gouverneur du Languedoc, avait été affilié aux Compagnies de sa province. De droit, on ne pouvait lui refuser l'accès de celle de Paris. D'autre part, on se rappelait les ennuis que son activité téméraire avait causés à Bordeaux. On n'ignorait pas que la cour, mise en éveil par les incidents de 1638, avait l'œil sur lui. a Ses plus intimes amis, dit d'Argenson, disputèrent fort avec lui sur ce sujet et le supplièrent très instamment de ne vouloir point entrer; la Compagnie y était très opposée, elle prévoyait que c'était là le vrai moyen de la faire découvrir et de la rendre suspecte; mais le zèle de ce prince et sa persévérance pendant un long temps à désirer cette consolation l'emportèrent sur la résistance de toute la Compagnie. Il y fut donc reçu comme venant de sa province, et même agrégé extraordinai renient^. »
Tous les confrères ne comprenaient pas ces précautions. Il y en eut quelques-uns pour se plaindre de ce qu'on avait interrompu le catéchisme des laquais. On leur expliqua que cette sainte pratique risquait toujours de manifester la Compagnie. Mais comme on ne leur avait pas tout dit, on voulut les apaiser par une concession apparente. On remit la reprise de cet exercice à la discrétion du Supérieur « suivant les lieux et les temps commodes pour cet effet. » Cela se passait le 29 août'^
' Annales, p. 116 b, 119 b (B.-F. 200, 204).
* Annales, p. 120 6, 122 6 (B.-F. 206, 210). '' Annales, p. 118 (B.-F. 203).
* Annales, p. 119 (B.-F. 204).
Le lendemain ou le surlendemain, les principaux de la cabale s'assemblèrent chez d'Argenson. Le comte d'Albon les en avait priés. Il avait à leur raconter des choses graves : « Le cardinal Mazarin, leur dit-il, s'était plaint à M. de Montaigu de quantité de Compagnies qui se faisaient sans ordre du roi ; que le marquis de la JMotte- Fénelon allait par toutes les grandes villes du royaume où il établissait de pareilles Compagnies, et que, cela étant d'importance à l'État et contre les bonnes règles du gouvernement, il le priait de s'en informer. Le cardinal avait ajouté que la Noblesse s'assemblait aussi en secret, que c'étaient sans doute des gens mal contents et chagrins qui cabalaient quelque chose contre le service du roi et qu'il était nécessaire d'y mettre ordre ; que tous ces dévots étaient intéressés et ambitieux, qu'il le priait enfin de s'enquérir de tout cela et de lui en rendre compte. » Là-dessus, Montaigu, ami intime du comte d'Albon, était venu lui en parler. Le comte s'était bien gardé de lui dévoiler l'affaire. Il avait affirmé à son confident « que Fénelon ne se mêlait que des duels, et que c'était une chose publique qui ne devait donner aucun ombrage ». Il lui avait dit encore qu'il y avait, dans les paroisses de Paris, un grand nombre de confréries pour l'adoration du Saint-Sacrement et « peut-être Fénelon en pouvait avoir promu quelqu'une parce qu'il était homme de piété, mais que tout cela étant public, il n'y avait rien à craindre * ».
* C est dans celle période quo furonl rédij^ées.à uiio ilalequoii ne peut exuctcnuMit préciser, les Nufes sccrèles sur le personnel de tons les parlements et cours des comptes du royaume. . . que iJeppiii}^ a publiées dans la Correspondance administrative de Louis X]\' {[. II. p. :{3 et suiv.). Il les <lale de UKi.J. Or, Ma/.ariu est niorl en mais ICtiil, et il est dit de deux conseillers : « Faukk. M. Colhert de citez M. le cardinal a tout pouvoir sur lui. Col- HKUT. attaché à M. Colberl do M. le cardinal, son ])aient ». On lit sur la « fiehe » de Lamoignon : « Sous laffectation d'unt^ grande prohilé et d'une gran«l(i intégrité, cache uikî grand»^ and)ili()n, conservant pour cet effet \\\w grand»* liaison ave(' tous les dévots de (pieUpie ])arli et caballe (pie ce soit... A médiocres biens et n en accpierra (pie par voies légitimes. A |)Our amis, MM. de Fénelon, d'Albon et Pelletier. » Plusieurs copies
Les nouvelles apportées par d'Albon furent confirmées par M. Bouleau. On décida d'assurer mieux le secret de la Compagnie. Le jeudi suivant, 9 septembre, à l'issue de la réunion, les « officiers », les anciens et les secrétaires s'entretinrent. Us entendirent de nouveaux rapports de M. d'Albon, de M. Bouleau et de quelques autres. M. du Ferrier avait recueilli des détails intéressants : « Trois évoques avaient eu une grande conférence ensemble pour détruire la Compagnie, disant qu'elle s'opposait souvent à la volonté des prélats, qu'elle choquait leur autorité, qu'elle se mêlait de toutes choses. L'un d'eux avait résolu d'aller à rassemblée du clergé proposer que Ion demandât la suppression de cette Compagnie. » Un de ces personnages avait parlé à Mazarin. Il parut impossible de laisser les confrères dans l'ignorance de ce qui se tramait contre eux. On décida d'avertir aussi les succursales des provinces ; et dès le lendemain la lettre suivante partit dans toutes les directions^ :
Du 10» de septembre 1G60, à Paris. — Nous vous donnons avis, pour bien des raisons qui ne se peuvent exprimer, d'être prêcautionnés plus que jamais dans vos services, du moin jusqu'à nouveau conseil ; changez les jours et les séances, mettez les papiers et les registres en un lieu très sûr et autre que l'ordinaire. Il suffit que les officiers le sachent, ne portez qu'une feuille volante, retardez de quinzaine l'assemblée, peu de dépêches, surséance de correspondance, mais beaucoup de prières et de persévérance, quia tempus visitalionis. {Nulle signature.)
Le 12 septembre, les événements devinrent encore plus sérieux. C'était un dimanche. D'Argenson reçut le matin un billet que du Plessis-Montbard avait écrit la veille, vers minuit. Il était prévenu que, sur les six heures du soir, le prince de Conti et ses amis se présenteraient
de ces notes sont à l'Arsenal. Les manuscrits 4.171 et 4.589 contiennent deux fiches qui ne sont pas reproduites par Depping : « Garibal, un des chefs de la cabale dévote, d'une humilité fastueuse, et d'un esprit assez facile dans l'emploi de sa charge. Baiun de la Galissonnière, bel esprit, savant et peu intéressé ; de la cabale dévote. » Ce dernier n'est pas nommé dans les Annales.
chez lui. Conti avait des informations très graves. II était allé voir le cardinal Mazarin, l'avait trouvé de fort mauvaise humeur et avait dû se retirer sans apprendre la cause de cette irritation. It avait interrogé M. Le Tellier ; et celui-ci lui avait répondu que le cardinal « était en grande colère contre des confrères et des Compagnies de dévots, surtout contre une assemblée des duels qui se tenait à IHôtel-Dieu; que ces gens-là écrivaient de tous les côtés, que tout cela était contre le service de lÉtat. etc. » Il avait même eu, à ce sujet, une discussion avec le surintendant Fouquet qui avait cru pouvoir le rassurer; mais il en était encore tout ému, au moment de la visite du prince. Le Tellier avait ajouté que, le prince parti, un nouvel orage avait éclaté. Le cardinal avait reçu une députation de rassemblée du clergé. Hanté par son idée fixe, il avait déclaré qu'il fallait poursuivre tous ceux qui cabalaient, le cardinal de Retz, les jansénistes et autres. Il avait ajouté qu'il y avait de certaines confréries et Compagnies du Saint-Sacrement qui avaient de grandes intrigues et des correspondances de tous côtés et qu'il serait bien aise d'en savoir toute la vérité. Là-dessus, l'archevêque de Rouen lui avait donné des détails précis Le ministre en avait été effrayé et s'était écrié : « Ils sont tous intéressés, ces dévots, ils ne tendent qu'à leurs fins. H faut que le roi détruise toute leur cabale. » L'archevêque de Rouen avait fait chorus avec lui, insistant sur « les inconvénients d'Etat que ces Compagnies portaient avec elles ». Le Tellier, toujours questionné par Conti, avait dit : « Je trouve que toutes les œuvres que font ces gens sont excellentes, mais je no puis souffrir leurs correspondances par toutes les villes du Royaume. Si cette affaire est portée au conseil, je serai d'avis de leur faire défense de s'assembler; mais je ne me chargerai jamais de l'exécution de cet arrêt*. »
Conti et ses amis avaient appris d'autres détails encore. La reine Anne d'Autriche était intervpnue eu vain. EUcl
A/mnlcs, p. 151, lo3 (B.-F. ioB, 262).
avait demandé à Mazarin : « Pourquoi voulez-vous pousser à bout des gens qui sont de si bons serviteurs du roi, qui ont toujours soutenu ses intérêts contre la Fronde, et même les vôtres contre tous vos ennemis? » — « Il est vrai, madame, avait répondu le cardinal; mais quoiqu'ils n'aient rien fait de mauvais jusqu'à présent, ils en peuvent faire par leurs grandes intrigues et, les correspondances qu'ils ont par tout le royaume; et en bonne politique, chose pareille ne doit point se souffrir dans un État. » Enfin la cour avait résolu de surprendre les confrères assemblés^.
Il fallait aviser. Les chefs de la Compagnie, atterrés par les révélations du prince de Conti, discutèrent sur les mesures à prendre, puis se donnèrent rendez-vous pour le 15 septembre, au matin, chez d'Argenson. Le 15, la situation était toujours la même, les nouvelles aussi alarmantes. « On sut, avant que de commencer la délibération, que la reine mère, avec une bonté véritablement pieuse et royale, avait dit à une sage religieuse : « Ma mère, si vous connaissez des gens de la Compagnie du Saint-Sacrement, dites-leur qu'ils se cachent mieux que jamais, parce que le cardinal Mazarin est bien en colère contre eux. » On décida qu'il fallait contremander la réunion régulière qui devait se tenir le lendemain chez M. Poncet, rue d'Anjou, et la renvoyer au 20, chez M. Leschassier.
Ce jour-là, l'assemblée fut très nombreuse. Tous les confrères qui l'avaient pu étaient venus. Les prières prononcées, le supérieur révéla les poursuites haineuses dont la Compagnie était l'objet. Chacun dit son avis et l'on arrêta les décisions à la pluralité des voix. Les réunions du jeudi seraient différées jusqu'en des conjonctures plus favorables. La société ne se considérait pas, pourtant, comme dissoute. Les « officiers » se rencontreraient toutes les semaines et inviteraient dix ou douze anciens à se joindre à eux. Ces délégués, en attendant la reprise
' Annales, p. 120 (B.-F. 205, i>06).
de la vie normale, auraient pleins pouvoirs d'agir, même d'élire le bureau à la fin du trimestre. Ces messieurs changeraient chaque fois le lieu de l'assemblée et le jour de la semaine où elle se tiendrait. Le secrétaire n'apporterait pas avec lui le registre, mais seulement une feuille volante. Les propositions d'aumônes seraient portées ou envoyées sous forme de billets cachetés. Les prélats seraient priés d'observer une discrétion encore plus grande que d'habitude. Les papiers seraient mis en un endroit qui ne serait connu que du supérieur, du directeur et du secrétaire. M. Aubéry, chargé de l'affaire des duels et compromis, cesserait de recevoir les lettres des provinces. Les lettres ne seraient plus signées du supérieur, ni scellées du cachet de la Compagnie. Enfin Ton supplia le prince de Conti de ne parler nulle part en faveur de la société, de peur de la rendre plus suspecte encore. L'émotion était poignante. « J'étais présent, dit d'Argenson ; on ne vit jamais tant de zèle pour le bien, ni tant d'embrassades, ni tant de pleurs répandus, il semblait qu'on se dit adieu pour ne plus se revoir et que l'on en prévoyait la totale désolation '. »
Quelques jours plus tard, le cardinal déclara à sa nièce, la princesse de Conti, qu'il se félicitait d'avoir rompu les assemblées de la Compagnie du Saint-Sacrement et « qu'il ne serait pas digne de son ministère, s'il n'avait détruit toutes ces cal)ales de dévots. » La princesse ne lui répondit rien, il s'emporta contre Fénelon : c'était un ambitieux et il se faisait des amis pour se rendre puissant. — « 11 me semble, repartit-elle, qu'il n'en prend guère le chemin puisqu'il se fait ennemis tous les gcnlilshommes que Ton poursuit pour le crime. » — « il est vrai, dit le cardinal ; mais de cela même on s'en forme une gloire qui fait parler de soi et qui rend estimable. » — « Mais, répliqua-t-elle, cette gloire ne fait guère d'amis et ne rend guère puissant; il faut bien que quelque autre motif le soutienne. » Et -Afazarin se remit
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à parler de la Compagnie du Saint-Sacrement et de la grande cabale des dévots. Mais, sur ce point, sa nièce se tut, se contentant de louer les dévots particuliers qu'elle connaissait. Le même jour, la reine chargea M. de Montaigu de dire au premier ministre que, parmi les gens qu'il tourmentait, il y avait beaucoup de ses plus intimes amis et qu'il était bien étrange qu'un homme de sa qualité s'emportât si fort contre la piété. Mais aucune de ces conversations ne calma le cardinal. D'Argenson apprit tous ces faits le dimanche 26 septembre ^.
Dès le lendemain, on s'occupa de réaliser tout ce qui avait été décidé. On nomma huit correspondants et secrétaires des dépêches, « entre lesquels fut M. l'abbé Bossuet, depuis évèque de Condom et précepteur de Mgr le Dauphin et enfin évêque de Meaux ». On prévint les amis des provinces de ce qui se passait. Et les « officiers » continuèrent à gérer les bonnes œuvres de la Compagnie, dans la prière et dans l'attente de temps plus doux. Le 12 novembre, ils apprirent que « quelques personnes avaient été chargées de la part du ministère de découvrir la Compagnie. » Ils s'exhortèrent les uns les autres à redoubler de prudence -.
Il semble que d'Argenson, ici, taise plusieurs détails importants. Le procureur général avait, en effet, ouvert une enquête ; et son substitut, assisté du commissaire Galliot, avait fait des perquisitions en diverses maisons des paroisses Saint-Eustache et Saint-Sulpice et des faubourgs Saint-Jac({ues et Saint-Antoine, « notamment en un lieu appelé le refuge Saint-Paul, où se sont trouvées plusieurs femmes et filles retenues sans aucun ordre de justice, ainsi qu'il appert par le procès-verbal dudit commissaire, fait en la présence dudit substitut ». En 4660, à Paris, comme à Bordeaux en 16o8, les charges relevées par le parquet étaient les mêmes : « Sous le voile de piété et de dévotion, qui sert de prétexte à l'éta-
* Annales, p. 153 b (B.-F. 263).
- Annales, p. 122 6, 123 h (B.-F. 209, 212),
blissement des dites assemblées, il s'y commet de notables abus, tant parce qu'on y enferme toutes sortes de personnes, sans l'autorité et l'aveu du juge ordinaire, que parce que l'on y peut pratiquer des cabales et des intrigues ruineuses et préjudiciables au service de l'État et du public. » Le procureur requit l'interdiction et dissolution de semblables sociétés.
Sa requête fut transmise à la cour. Le 13 décembre 1660, elle fut mise en délibération. Lamoignon se souvint qu'il était premier président du Parlement. Il tint à siéger. Il se montrait, ainsi, soucieux des intérêts du roi. H s'appliqua et réussit à adoucir les termes de l'arrêt qu'on ne pouvait éviter. Il fut fait « inhibitions et défenses à toutes personnes, de quelque qualité et condition qu'elles soient, de faire aucunes assemblées illicites ni confréries, congrégations et communautés en cette ville, et partout ailleurs, sans l'expresse permission du roi, et lettres patentes vérifiées en ladite Cour; comme aussi de tenir aucunes prisons, et retenir aucuns sujets du Roi contre leur volonté, dans maisons et chartes privées, sous quelque prétexte que ce soit^. » Il fut enjoint au procureur général d'y tenir la main et ordonné aux commissaires du Châtelet de se transporter à la première requête, partout où ils auraient avis de ces assemblées^ La Compagnie du Saint-Sacrement n'était pas nommée dans ce document. L'interdiction prononcée était d'une portée toute générale. Cependant on résolut d'obéir à cette défense ^...
* Arri'l (lu VarlemeiU de Ptiris, rendu en forme de rèfjlernent le 1S déceni/ji'e 1600, portant défenses à toutes personnes défaire aucunes assemblées, ni confréries^ conqréqations et communautés en cette ville, ni partout ailleurs, sans ie.vpresse permissioii du Hoi. (Boaiu'het-Filloau, p. ^80). Deux oxoinplairos imprimés en sont aux Archives nationales (AD. XVIII, liB et iO/i); le second de ces exemplaires est de 1006.
^Annales, p. ii'Sb (IL-F. 21i).