PETIT AIR
ROBIN
Bonsoir, cousine, et j'ai vraiment L'âme contente En vous voyant!
Je me présente Un peu tremblant !
Bonsoir, cousine, et compliment :
Oh ! quelles figures Vous avez ici !
De cris et d'injures J'ai le cœur transi!
Imitant les Soldats.
C'est un espion !
C'est quelque papiste !
Eli! vite, en prison!
En prison ! en prison!
En prison ! en prison !
Voix naturelle.
Et j'avais beau dire :
Je suis Robinson !
En quoi peut vous nuire Un gentil garçon ?
Grosse voix.
En prison ! en prison ! En prison l'espion !
C'est en vain qu'il résiste!
En prison le papiste !
Voix naturelle.
Ah ! quelle peur dans le chemin !
Mais jusqu'à vous j'arrive enfin !...
Bonsoir, cousine, et j'ai vraiment L'âme contente En vous voyant!
Plus d'épouvante En ce moment :
Bonsoir, cousine, et compliment !
HÉLÈNE
Ne crains plus rien, mon pauvre Robin. Mais comme te voilà grandi ! je t'aurais à peine reconnu.
ROBIN
Je crois bien; voilà quatre ans que vous n'avez eu le plaisir de me voir. Je garde les troupeaux toute la journée; et si mon père ne m'avait pas commandé de vous apporter des nouvelles, je n'aurais pas quitté la montagne.
Hélène, vivement.
Des nouvelles, dis-tu? Et mon oncle t'envoie?
nOBÏN.
Chut!... j'ai peur!
HÉLÈNE
Non; ici l'on ne peut nous entendre.
robin, à son oreille.
Eh bien!... M. le comte!...
Monseigneur?...
ROBIN
Mon père l'a vu ce soir.
HÉLÈNE
Est-il possible?
ROBIN
Oui : dans la cabane du pêcheur Bertrand, où il s'est réfugié avec un autre lord qui partage son malheur ; et Bertrand va leur donner une barque pour les sauver tous deux à la première brise favorable.
HÉLÈNE
Ah ! Tu me conduiras ! je veux aller le voir!
ROBIN
Du tout !... Écoutez-moi! Ne m'embrouillez pas. J'ai ru assez de peine à bien comprendre la commission do mon père. Ne bougez pas d'ici, etmylord va venir vous y faire une visite.
HÉLÈNE
Ici!... Que Dieu l'en garde! il serait perdu!
ROBIN
Non ; au bas du rocher sur lequel celte terrasse est