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moins à une cachexie palustre qu’à une maladie d’Addison. D'ailleurs, la face est amaigrie, le malade est d’une faiblesse extrême; enfin, le segment sous-diaphragmatique du corps est le siège d'un œdème énorme ; l’ascite est considérable et distend les parois abdominales au point d'avoir déterminé de larges vergetures.
Le malade uous raconte sans tarder qu'il est diabétique depuis deux ans seulement et que le dosage de son sucre à été régulièrement fait tous les deux mois, depuis un an et demi environ. Jamais la quantité n’a dépassé 60 grammes par vingt-quatre heures ; et voici deux mois que le sucre a disparu des urines en même temps que l'abdomen se tuméfiait.
Le diagnostic s’imposait donc. D'ailleurs, pour compléter notre examén, nous constatons que la teinte pigmentaire est uniformément étendue à la totalité des téguments ; que les muqueuses accessibles à la vue ne sont point pigmentées ; enfin qu'il existe, au niveau des deux mains, une rétraction de l’aponévrose palmaire, datant de quatre ou cinq ans, circonscrite aux tractus fibreux qui correspondent au trajet du tendon fléchisseur de l’annulaire; cette lésion est symétrique; aucun traumatisme chronique professionnel ne peut l'expliquer.
L'examen de l'abdomen présente d’insurmontables difficultés ; on constate seulement que, malgré la distension énorme qu'il offre, il n’est pas sensible à la pression. On ne peut déterminer, même approximativement, le volume du foie ou de la rate. On note toutefois que la matité hépatique ne remonte pas au-dessus du cinquième cartilage costal droit.
L'urine ne contient ni sucre ni albumine, et, jusqu’au dernier jour, elle restera normale.
Le cœur bat sourdement; il ne semble pas hypertrophié. Les artères périphériques sont un peu épaissies, un peu flexueuses. Les masses musculaires sont très émaciées.
Il s'agissait, en résumé, d'un diabète de date relativement récente, arrivé très vite à une période de consomption avancée. La gravité de la situation s’expliquait aisément par l'état pathologique du foie. Il était logique de penser que nous avions affaire à une cirrhose hépatique. En outre, je ne craignis pas d'annoncer que, selon toute vraisemblance, nous assistions aux dernières phases d’une lésion si remarquablement décrite pour la première fois par MM. Hanot et
At]
RS) FE Chauffard, sous le terme de cirrhose hépatique pigmentaire dans le diabète.
Dès le surlendemain de son entrée, le patient réclamait avec insistance la paracentèse de l'abdomen. L'opération fut pratiquée avec toutes les précautions désirables ; 14 situation du sujet nous paraissait éminemment favorable au développement d’une péritonite secondaire à l'évacuation du liquide.
7 litres d’un liquide jaune, légèrement rougeâtre, sont extraits. Avant la ponction, nous avons eu le soin de prendre la température locale de la paroi abdominale, au milieu de la région hypogastrique, et les chiffres obtenus nous avaient permis d'affirmer la nature subinflammatoire de l'épanchement péritonéal.
Lañtempérature axillajreétaitide 4 00... , 0.17 9708
La t spat nl na avant l'opération... 86°2 < e tureun ogastrique.
a tempéra 1Ypog jue après l'opération... 36
Cette élévation locale de la température au niveau de l’épanchement abdominal nous obligeait à redoubler de prudence. On sait, depuis les travaux de notre excellent maître le professeur Peter, que la tem-
pérature normale de la paroi abdominale est de 35 degrés et quelques
dixièmes, la température axillaire étant de 37 degrés.
Désireux d'étudier cette question encore neuve de Ja cirrhose pigmentaire dans le diabète, je fis pratiquer lexamen chimique du liquide.
M. Saudau, interne en pharmacie à l'Hôtel-Dieu, voulut bien s’en charger. Voici la note qu’il me remit à ce sujet. J’insiste sur l'intérêt qu'elle présente au point de vue de l'existence d'une substance analogue, sinon identique, au glucose. On devra remarquer que le malade, le jour même de la ponction, comme les jonrs précédents, aussi bien que les jours consécutifs, n'urinait plus de sucre.
Par litre.
Poids de l'extrait sec à 100 degrés........... 49,025
SAR iiiiloribrotouratonmer eo Tee 708 Fibrine (déposée au bout de 48 heures)....... 2,96 RO DO Coin cine een ce dec 10,656 MbumiInerorRdNaIre mr MR CEE CCR de te 420
Matieres grasses. 7: ...:.t.......0.. PRES RTE 1,80
O0 ee
Les sels sont constitués par des chlorures, quelques sulfates et phosphates.
Le liquide, débarrassé des matières albuminoïdes et décoloré, réduit la liqueur de Fehling et dévie à droite le plan de la lumière polarisée. I contient donc une substance que j'ai dosée comme étant du glucose et qui répond à 1 gr. 425 de ce dernier corps par litre.
CHUCOS CRM RE AT CR RTE NE AA te 1 gr. 425
Examen microscopique. — La préparation, obtenue par évaporation partielle, a présenté quelques cristaux de chlorure de sodium et quelques rares globules graisseux. Le dépôt contenait en outre un très grand nombre d'hématies. :
L'observation de notre malade se terminerarapidement. Loin d’être soulagé par la précédente opération, il s’affaissa de plus en plus. Bientôt l’ascite se reproduisant en abondance, l’œdème des membres inférieurs devint considérable. L’oligurie, la constipation, le dégoût profond des aliments, conduisirent rapidement le patient à la mort, qui eut lieu le 21 septembre, cinq jours après une seconde ponction ayant donné encore une fois issue à neuf litres d'un liquide brun rougeûtre, plus foncé et plus trouble que celui de la première opération. La mort arriva au milieu d’un état soporeux qui durait depuis trois jours consécutifs.
AUTOPSIE, le 23 septembre 1885.— L'ouverture de l'abdomen donne issue à 7 ou 8 litres d’un liquide brunâtre, chargé de flocons pseudomembraneux. Il existe une péritonite aiguë généralisée à toute la surface de la séreuse. Au-dessous des fausses membranes qui tapissent le péritoine pariétal, ainsi que les feuillets viscéraux, on aperçoit par places de larges taches pigmentaires brunâtres.
C'est surtout au niveau du foie que cet aspect noirâtre du péritoine est le plus apparent. La glande hépatique pèse 1,720 grammes. Elle a conservé sa forme normale, mais sa couleur est d’un brun roux très remarquabie, parsemée par endroits, surtout au niveau du lobe gauche, de larges placards noirs sous-péritonéaux. La surface de l’organe est un peu chagrinée, semée de petites granulations égales, à peines saillantes. e
Sur les coupes, la teinte brun roux est plus évidente encore; le foie offre un aspect lobulé à petits grains égaux, de 1 à 2 millimetres de diamètre en moyenne, entourés par une zone de sclérose très
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. manifeste. Toutefois on peut remarquer, à l'œil nu, que les travées fibreuses qui décomposent ainsi le parenchyme hépatique en îlots, loin d'offrir la teinte grisâtre ou gris rosé habituelle, présentent au contraire un ton brun roux très apparent ; en outre, en de nombreux points, il s’est formé dans ces travées mêmes un dépôt de pigment noirâtre dessinant des taches et des lignes sinueuses très appréciables.
La consistance de la glande est fort augmentée. La cirrhose est done manifeste, sur la coupe les granulations ne sont pas saillantes ; il s’agit d’une cirrhose lisse avec gros foie pigmenté.
Les branches de l'artère hépatique sont béantes sur les coupes; les veines sus-hépatiques sont peut-être légèrement dilatées. La veineporte est normale. La vésicule biliaire contient une très faible quantité de liquide à peu près incolore ; les canaux biliaires sont perméables jusqu’à l’abouchement du cholédoque dans l'intestin.
Il existe au niveau de la rate des adhérences celluleuses anciennes, très vasculaires ; en outre de cette périsplénite adhésive, l'enveloppe de la rate s’est considérablement épaissie en quelques points et a formé des plaques cartilaginiformes. La pulpe splénique est d’un rouge brun foncé, elle est sillonnée par des travées fibro-vasculaires très apparentes. L'organe dans sa totalité ne paraît pas amyloïde, mais est certainement sclérosé. En certains points, les artérioles très épaissies ont subi la transformation calcaire. Le poids de la rate est 450 grammes.
Les reins sont peu volumineux, un peu congestionnés, très lisses, ne paraissant pas altérés ; l'épaisseur de la substance corticale est de 6 millimètres ; leur poids, 160 et 150 grammes.
Le cœur, un peu dilaté, paraît mou. Il existe une symphyse cardiaque à peu près générale, de date ancienne. L'épicarde est épaissi, principalement au niveau du ventricule droit. Dans sa portion qui recouvre le centre aponévrotique du diaphragme, le péricarde pariétal est notablement pigmenté.
Les cavités du cœur gauche semblent un peu dilatées, le ventricule gauche — 10 millimètres. Valvule mitrale intacte ; orifice aortique légèrement athéromateux. L’épaisseur du ventricule droit est de 4 millimètres, il n’est pas dilaté; les orifices du cœur droit sont sains. Le myocarde offre une teinte jaune brunâtre, feuille morte très marquée. Poids du cœur, 255 grammes.