‹ La Cachexie Hypophysaire et le probleme de ses parentés morbidesChapitre 12 sur 34 · DE GENNES · texte numérisé non relu

DE GENNES

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FREQUENCE — ETIOLOGIE

Nous voyons par ce tableau qui contient à peu près la totalité des observations publiées, que la cachexie hypophysaire est une affection rare. Nous avons dit comment de nombreux cas ont sans doute passé inaperçus, et nous pensons que, même actuellement, beaucoup de formes frustes ou apparentées, évoluent, guérissent ou tuent, sans révéler leur identité.

Cette fréquence varie peu avec l’âge. Cependant, le stade moyen de la vie est le plus souvent frappé par l’affection. Nos 78 cas sont compris entre 30 et 60 ans, et se groupent, en majorité, autour de 40.

2 cas ayant débuté entre 0 et 10 ans

) — — 10 et 20 ans 10 —- — 20 et 30 ans 25 —— — 30 «et 40 ans 107 —— —- 40 et 50 ans 13 — —— 50 et 60 ans 6 — — CO et 70 ans

La femme est beaucoup plus exposée que l’homme à la cachexie hypophysaire. Notre statistique globale comporte 71 femmes contre 17 hommes. Nous croyons

que c’est là une constatation très importante et que

Pt

à PRE bats hater res 155 FAR et gere Me. 7e l’étiologie n’est pas encore à même d’expliquer com- | e ” à plètement. | ; HS En effet, les données étiologiques sont devenues | F de À de plus en plus complexes au fur et à mesure que des | % : observations nouvelles apportaient des causes iné- | Re” dites. | | % Au début, une seule cause semblait légitime : la | EC grossesse. L'observation princeps en était une excel- | pe lente représentation.

“: Et ce qui frappe encore davantage que cette cir- Le. constance étiologique, c’est que la malade était déjà | =4 - surmenée par de nombreuses grossesses antérieures D et que le dernier accouchement a entrainé des comà plications diverses. | NS. Précisons par des chiffres : | D 1°) Sur 26 cas post-puerpéraux, on retrouve dans de: les antécédents, une moyenne de 5 grossesses. ‘ 2°) Sur les 26 accouchements, 15 ont été compliee qués.

: — 9 par des hémorragies très importantes liées à De un placenta prævia ou à l’inertie utérine; | — 3 par l'infection puerpérale.

4 — 1 par embolie cérébrale avec hémiplégie.

à Enfin il y eut :

Es —— 1 grossesse gémellaire.

RL — 1 fausse-couche.

“#4 Voici la traduction des premières lignes d’une obk servation de REYE (4) :

« Femme mariée à 21 ans.

: En 7 ans, 6 grossesses.

Le FRS

À nourri aux trois premières.

Dans les trois dernières, délivrances artificielles, grosses hémorragies.

De plus, après le dernier accouchement, inertie utérine avec syncope prolongée et fièvre irrégulière ».

Des citations aussi typiques ne manquent pas, confirmant l’importance de la grossesse, dans le déterminisme de la cachexie hypophysaire.

Mais par ailleurs, d’autres causes sont bientôt signalées. Et SIMMoxps, le premier, apporte en 1914 (5), 5 cas de syphilis congénitale de l’hypophyse et un cas, fort curieux, de syphilis acquise dans lequel la gomme hypophysaire était survenue en même temps qu'une véritable efflorescence de gommes pulmonaires, moins de deux mois après le chancre.

En 1916 (6) il publie deux évolutions de cachexie liée à des tumeurs basophiles de l’hypophyse.

BuppeE (7) en 1923, signale une cachexie provoquée par un cancer de l’hypophyse qui s’était révélée cliniquement par une métastase cervicale.

La tuberculose hypophysaire a fait d’autre part, l’objet de nombreuses descriptions. Déjà SImMoxps en rapporte 4 cas et FROBOESE (8) dans un long article qui lui est consacré, fait allusion à un ensemble de 30 cas dont il en exclue 9 de dates très anciennes et d’authenticité douteuse. Tous ces cas relatent une tuberculose secondaire de l’hypophyse chez des tuberculeux avérés. L’atteinte de la glande a été réalisée par voie sanguine, lymphatique ou bien encore par propagation directe au cours d'évolution, d’une piemé-

rite bacillaire, d’une ostéite de la base du crâne. Et c’est par contraste avec tous ces cas qu'il apporte une observation originale d’atteinte primitive de lhypophyse. Il convient de faire cette réserve que dans l’observation relatée, la nature bacillaire du processus inflammatoire n’est pas prouvée par la présence du bacille de Koch.

A l’opposé du facteur obstétrical qui s'impose par la netteté de son action, tous les autres facteurs étiologiques que nous venons de citer restent obscurs et ne sont que bien rarement diagnostiqués cliniquement.

Bien plus, nous verrons au chapitre de l’anatomie pathologique, qu’il existe des processus de destruction du lobe antérieur de l’hypophyse, plus latents encore que les précédents, tels les kystes ou la simple dégénérescence atrophique des cellules glandulaires, que l’on découvre à l’autopsie ou à l'examen histologique.

Ces constatations accentuent l'impression mystérieuse que suscite l’atteinte élective et primitive du lobe antérieur de l’hypophyse.

À l'exemple de quelques auteurs, il paraît tentant d'établir une distinction entre la « Maladie de Simmonds >», d’origine puerpérale, et « des formes syndromiques » multiples, d’origine tuberculeuse, syphilitique, cancéreuse, kystique, ou même indéterminée.

Mais au fond, une telle distinction est artificielle et toutes ces formes s’apparentent étroitement dans le cadre général d’une insuffisance du lobe antérieur de

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