‹ La Cachexie Hypophysaire et le probleme de ses parentés morbidesChapitre 8 sur 34 · I. — CACHEXIE HYPOPHYSAIRE · texte numérisé non relu

I. — CACHEXIE HYPOPHYSAIRE

Le 12 février 1914, parut dans la Deutsch Medizinisch Wochenschrift l’observation princeps de la maladie, publiée par SIMMoNpsS, de Hambourg (1).

Le cas s'était présenté à lui, comme il se présentera à tous ceux qui ignorent la maladie, sous l’aspect d’une énigme clinique suivie d’un mystère anatomique.

Voici la relation de cette observation.

« Rien n’est plus pénible pour un anatomo pethologiste, que de constater à l’autopsie, qu'il n’a découvert ni la maladie, ni le mécanisme de la mort.

Une femme de 46 ans est amenée dans le coma.

Elle avait perdu connaissance depuis deux jours.

On ne trouve ni sucre, ni albumine dans les urines.

La ponction lombaire retire un liquide normal.

Les pupilles sont étroites, mais réagissent bien.

Les réflexes sont normaux.

La température est à 36; le pouls petit, filiforme,

Les bruits cardiaques sont réguliers.

Les organes thoraciques et abdominaux sont normaux.

La femme meurt sans avoir repris connaissance.

L’autopsie n’a pas satisfait notre curiosité.

Il n’y a pas de foyer encéphalique.

Les méninges sont souples.

Le cœur est petit, flasque.

Les poumons sensiblement normaux.

Foie, rate et ovaires sont petits, répondant en volume à ceux d’une femme plus âgée.

L'examen histologique ultérieur ne révèle qu’un seul fait à retenir: l’hypophyse est franchement anormale, petite (0,3 gr.), et flasque.

Des coupes sagittales montrent un résultat étonnant. On ne reconnait plus rien de la neuro-hypophyse avec certitude. De la partie moyenne, on ne reconnaît que quelques petits kystes colloïdes recouverts d’épithélium à cils vibratils. De la portion antérieure, on ne reconnaît que quelques traînées cellulaires ou de petits amas de cellules.

L'ensemble de la coupe se trouve en effet envahi par un tissu conjonctif pauvre en cellules, et en fibres élastiques.

En conclusion, un seul fait est découvert : l’absence complète d’hypophyse. Nous pouvons donc lui attribuer la mort (lexpérience sur l’animal a d’ailleurs montré que l’hypophyse est nécessaire à la vie).

Il se posait encore au sujet de ce cas, le problème étiologique.

Or, nous avons appris les faits suivants : après la dernière grossesse, il y a onze ans, était survenue une fièvre puerpérale grave. À partir de ce moment, les règles n'étaient pas revenues; la femme avait perdu ses forces, a maigri, et a vieilli.

Un examen complet deux ans plus tôt, avait été négatif, mais le diagnostic porté était : sénilité précoce.

L'examen systématique de l’hypophyse m’a permis de découvrir souvent des affections septiques au cours desquelles j'ai pu démontrer des embolies bactériennes et des foyers de nécrose dans l’hypophyse. L'absence de séquelles d’une infection chronique, d’adhérences, de troubles vasculaires, le comportement du tissu conjonctif, confirment l’hypothèse qu’à la base du résultat trouvé, il n’y a pas un processus inflammatoire, mais une simple dégénérescence du tissu glandulaire. Si cette hypothèse est exacte, l’histoire de ce cas devient parfaitement logique ».

Cette hypothèse que l’auteur de cette observation tentera de justifier plus tard, on la devine déjà dans

Page 1