SCENE PREMIERE
CHAMPBOURCY, COLLADAN, CORDEN- BOIS, FÉLIX REXAUDIER, BAUCANTIN, LÉOXIDA, BLAXCHE.
Au lever du rideau, Champbourcy, Colladan, Cordenbois et Félix sont assis à gauche autour d'une table éclairée par une lampe et jouent à la bouillotte. Blanche et Léonida sont assises à droite, auprès d'un guéridon éclairé par une lampe ; elles travaillent. Baucantin occupe le milieu de la scène et lit un journal.
BLANCHE, à Léonida.
Ma tante, vous ne faites donc pas votre partie de bouillotte ce soir ?
LÉONIDA.
J'attends que le quart d'heure soit fini...
FÉLIX, à Léonida.
C'est moi qui sors... Dans cinq minutes je vous cède la place.
io I A CAGNOTTE
BAI CANTIN, montrant le journal.
Parbleu ! voilà une singulière annonce.
TOUS
Quoi donc ?
BAUCANTIN, lisant.
« Une demoiselle d'une beauté sévère, mais chez qui la majesté n'exclut pas la grâce, jouissant d'un revenu de cinq mille francs placés en obligations de chemin de fer, désire s'unir à un honnête homme, veuf ou garçon, doué d'une santé robuste, d'un caractère gai et peu avancé en âge. On ne tient pas à la fortune. On consentirait à habiter une petite ville bien située. S'adresser, pour les renseignements, à M. X..., rue Joubert, 55. — Affranchir. s>
CHAMPBOURCY.
Ah ! je la connais, cette annonce-là. Voilà plus de trois ans que je la vois dans mon journal... (Aux joueurs.) Je passe ! (A part.) J'ai une dent qui me fait mal.
FÉLIX
Je vois le jeu.
Moi aussi... Qu'est-ce que vous faites ? FÉLIX.
Dix centimes.
COLLADAN.
Je file !
BAUCANTIN.
Comprend-on qu'une femme s'affiche de la sorte au mépris de toute pudeur...