‹ La cagnotte, et autres comédiesChapitre 143 sur 333 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CABOUSSAT.

Soyez donc tranquille.

POITRINAS.

Mais je suis venu encore pour un autre motif... Mon fils Edmond a vu cet été mademoiselle Blanche à Étampes... Il a conçu pour elle un sentiment ardent mais honorable... et je profite de l'occasion de mes fouilles pour vous faire une ouverture de mariage.

CABOUSSAT.

Mon Dieu !... je ne dis pas non... mais je ne dis pas oui... Il faut que je consulte ma fille...

POITRINAS.

C'est trop juste... Edmond est un bon jeune homme, affectueux, rangé, jamais de liqueurs... excepté dans son café...

CABOUSSAT.

Le gloria...

POITRINAS.

Cent trente mille francs de dot...

C'est à peu près ce que je donne à Blanche.

POITRINAS.

Mais avant tout, il faut être franc... Edmond a un défaut... un défaut qui est presque un vice...

CABOUSSAT.

Ah ! diable !... lequel?

POITRINAS.

Eh bien ! sachez... Non !... je ne puis pas !...

2o6 LA GRAMMAIRE

moi, président de l'Académie d'Étampes. (Lui tendant

une lettre.) Tenez, lise/,...

CABOUSSAT.

Une piquante chanson contre l'Académie?

POITRINAS.

Une lettre qu'il m'a adressée- il y a huit jours... et que je vous soumets avec confusion.

CABOUSSAT.

Vous m'effrayez!... voyons. (Lisant.) «Mon eher papa, il faut que je te fasse un aveu dont dépend le bonheur de toute ma vie... »

POITRINAS, à part.

Dépend avec un t... le misérable !

CABOUSSAT, lis nt.

« J'aime mademoiselle Blanche d'un amour insensé, depuis que je l'ai vue... »

POITRINAS, à part.

Vu... sans e !... Le régime est avant, animal !

CABOUSSAT, lisant.

« Je ne mange plus, je ne dors plus... »

POITRINAS, à part.

Dors... il écrit ça comme dorer !

CABOUSSAT, lisant.

« Son image emplit ma vie et trouble mes rêves... »

POITRINAS, à part.

Rêves... r-a-i... (Haut.) C'est atroce, n'est-ce pas?

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