SCÈNE XV
CABOUSSAT, à part.
Diable ! (Haut.) Mais... c'est que...
POITRINAS.
CABOUSSAT.
Écrire à une académie...
POITRINAS.
Puisque vous êtes membre correspondant... c'est pour correspondre...
CABOUSSAT va s'asseoir à la table. C'est juste ! (A part, s'asseyant au bureau.) Ils ont tous
la rage de me faire écrire aujourd'hui... et ma fille qui n'est pas là !
POITRINAS.
Y êtes-vous ?
CABOUSSAT.
Un moment ! (A part.) Peut-être qu'avec beaucoup de pâtés...
POITRINAS, dictant.
« Messieurs et chers collègues... l'archéologie vient de s'enrichir... *>
CABOUSSAT, à part.
Allons, bon ! voilà qu'il me flanque des mots difficiles... Archéologie !
POITRINAS.
Vous y êtes ?
CABOUSSAT.
Attendez... (A part.) Archéologie... est-ce q-u-é que ? ou k-é ? Oh ! une idée !
Il prend le canif et taille sa plume.
POITRINAS, dictant.
■ Vienl *lc s'enrichir, grâce à mes infatig travaux... »
i Al'Ol'SSAT, poussant un cri.
Aïe !
POITRINAS.
Quoi ?
CABOUSSAT.
Je me suis coupé... Donnez-moi du chiffon dans le tiroir.
Poitrinas ouvre le tiroir et y prend via chiffon. POITRINAS.
En voilà... Attendez... je vais à mon tour...
Il lui emmaillotte le doigt.
CABOUSSAT, à part, agitant son doigt emmaillotte.
Ça y est !... je suis sauvé !
POITRINAS, agitant au?^i son doigt.
C'est désolant... Enfin, j'écrirai demain.
CABOUSSAT.
Voulez- vous que j'appelle ma fille? Elle rédige comme Noël et Chapsal.
POITRINAS, soupirant.
Ah ! vous êtes un heureux père, vous ! Croyezvous qu'elle consente à accepter mon fils ?
CABOUSSAT.
Pourquoi pas ?
POITRINAS.
Excusez-moi... c'est un petit détail de ménage... mais je désirerais avoir une^ prompte réponse... parce qu'il y a, sur le cours, à Étampes, une maison charmante qui sera libre à la Toussaint...