ACTE I — SCÈNE VIII
Diable ! tu fais bon marché de ton autorité.
BLANDINET.
Ton fils en porte bien ?
FRANÇOIS
Lui?
BLANDINET.
Il me semble que... (Regardant Tiburce, et à part.) Tiens ! il les a coupées !
FRANÇOIS
Et qu'est-ce que tu fais de ce grand garçon à moustaches ?
BLANDINET.
Il est avocat !
LÉONCE
Je suis avocat.
BLANDINET.
Comme son cousin.
FRANÇOIS
Plaide-t-il ?
LÉONCE
Oh ! pas encore...
FRANÇOIS
Ah çà! ils ne plaident donc pas les avocats à Paris !... A quoi t'occupes-tu ?
BLANDINET.
Dame !... il se promène... il va dans le monde.
TIBURCE, à son père.
Là... vous voyez...
FRANÇOIS, à Tiburce.
Chut ! n'écoute pas ça, toi !
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BLANDINET.
Et puis il m'aide à gérer mes propriétés. 11 a ma procuration.
FRANÇOIS
Ce n'est pas fatigant !
LÉONCE, à part.
De quoi se mêle-t-il ?
ïl descend à gauche.
FRANÇOIS
Moi, je pose en principe qu'à vingt ans un jeune homme est un homme... et ne doit plus rien coûter à ses parents ! (A Tiburce.) Écoute ça, toi !
TIBURŒ.
Oui, papa...
BLANDINET.
Comment ! rien ? avec quoi veux-tu qu'il vive ?...
FRANÇOIS, montrant Tiburce.
Tu vois bien ce bonhomme-là... A vingt ans et un jour, je lui ai coupé les vivres radicalement... je lui ai dit : «Tu es un homme... tire-toi d'affaires... t> et il s'en est tiré... Il a pioché... il donne des leçons de droit... des répétitions... enfin il gagne de l'argent ! Est-ce vrai ?
Oui, papa.
BLANDINET.
Tu lui envoies bien quelque petite chose ?...
FRANÇOIS
Cinq louis à ma fête et cinq louis au jour de l'an... je les lui place sur ma maison, en lui tenant compte des intérêts à dix pour cent... que je replace encore.