‹ La cagnotte, et autres comédiesChapitre 209 sur 333 · ACTE II — SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II — SCÈNE IV

sur un coquin... Il y a des oiseaux qui donnent des coups de bec... ce n'est pas une raison pour abandonner les autres...

FRANÇOIS, entrant ; il est habillé.

Eh bien, monsieur le philanthrope ?

BLANDINET.

Ouoi?

FRANÇOIS, riant.

Au septième... l'échelle à droite...

BLANDINET.

Je te prie de me laisser tranquille... j'ai payé le dîner... tu n'as rien à dire...

Il était très bon !

BLANDINET.

Je crois bien, quarante-sept francs cinquante centimes ; voici la carte. (Il la tire de son gilet.) Potage à la reine, deux francs ; crevettes, trois francs.

FRANÇOIS

Comment, crevettes?... je n'ai pas mangé de crevettes !...

BLANDINET.

Ah ! tu crois?... moi non plus...

FRANÇOIS

On ne nous en a pas même servi... Ah ! ils vont bien, les restaurateurs !...

BLANDINET.

Comment ! tu vas supposer...? Il y a un monsieur à côté de nous qui en a mangé... c'est une erreur, voilà tout !

FRAN< OIS

C'esl possible ! mais, à ta place, avanl de payer,

je vérifierais les additions. (Montranl le sucrier e1 le 'i d'eau-de-vie qui sonl sur le buffet.) Et, de plus, je serrerais mon sucre ei mon eau-de-^ ie... ces ch là s'évaporent facilement.

Allons, il va soupçonner Joseph, maintenant, un brave garçon qui est chez moi depuis dix ans...

FRANÇOIS

Mon ami, je suis du côté de ceux qu'on n'attrape pas... Adieu, je déjeune chez mon fils.

Il sort.

BLANDINET, seul.

Joseph !... un garçon sûr... auquel je confierais... (Il s'est approché machinalement du sucrier et compte les morceaux.) quatre, six, sept, huit... et un petit... Je mange le petit... ça m'embrouillerait... (il le

croque.) L'eail-de-vie, maintenant... (Prenant le carafon.)

Ce n'est pas par méfiance... C'est pour confondre mon frère !... Comment marquer...? Ah ! avec mon mouchoir. (Mesurant.) Vraiment j'en suis honteux. Ça vient jusque-là... Je vais faire un nœud...

Il fait un nœud à son mouchoir. Entre Mizabran avec une paire de bottes.

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