SCÈNE IX TIBURCE, puis JOSEPH
TIBURCE, seul.
Pas moyen ! j'ai voulu lui en parler à déjeuner, mais il n'était pas suffisamment... mûr. D'un autre côté, il y a de par le monde une prise de corps qui trottine après moi... si je pouvais... (S'arrêtant.) J'ai
3io LES PETITS OISEAUX
soif ! (Apercevant le sucrier et le carafon.) Tiens ! je vais me faire un grog. (Il s'approche du buffet et se fait un grog.) Voyons donc ! il me vient une idée... violente... je vais écrire à l'huissier... — Joseph !
JOSEPH, paraissant.
Monsieur ?
TIBURCE
Donnez-moi une plume... de l'encre.
JOSEPH, montrant la table.
Voilà tout ce qu'il faut pour écrire. (A part, le voyant
remuer son grog.) Il fait comme dlCZ lui.
Il sort par la droite.
TIBURCE, seul, écrivant.
« Monsieur... il faut que la justice suive son cours... Papa est à Paris, pincez -moi à son bras. . . nous nous promènerons ce soir à six heures devant la porte de l'ex-café Lemblin. » Voilà ! (il avale son grog.) De cette façon, papa saura tout... je n'aurai rien à dire et il payera !... (Réfléchissant.) Il payera ! s'il allait me laisser sous les plombs de Clichy pendant quelques mois... il me faudrait un peu d'argent pour mes petites dépenses... (Vidant sa poche.) Onze francs ! Ah ! que je suis bête ! L'oncle Blandinet ! je vais lui emprunter vingt louis. — Allons d'abord faire porter ma lettre...
Il sort par la droite, deuxième plan.