ACTE I — SCÈNE VIII
CORDENBOIS.
Magnifique !
COLLADAN.
Je la croyais plus grasse.
CORDENBOIS.
Dame ! sans les boutons...
CHAMPBOURCY.
Maintenant, messieurs, le moment est arrivé où nous devons, après une mûre délibération, fixer l'emploi de la cagnotte.
TOUS
Oui ! oui !
Champbourcy prend le guéridon et le met au milieu du théâtre. Baucantin a pris la lampe et l'a posée sur la cheminée.
FÉLIX, paraissant au fond.
Vous êtes en affaires ?
CHAMPBOURCY, s'asseyant.
Entrez ! vous avez voix au chapitre... Asseyonsnous... la séance est ouverte... (Tous s'assoient.) Je n'ai pas besoin de vous recommander le calme... la modération... souvenons-nous que la divergence des opinions n'exclut pas l'estime que l'on se doit entre gens... qui s'estiment. (S'asseyant, à part.) Ma dent me fait mal !
FÉLIX, à part.
Il est solennel, papa beau-père !
Il s'assoit.
CHAMPBOURCY.
Oui est-ce qui demande la parole ?
i ORDENBOIS et COLLADAN, se levaat ensemble.
Moi !
CHAMPBOURCY, bas, à Baucantin.
Je crois que nous allons avoir une jolie séance. (Haut.) Pardon... qui est-ce qui l'a demandée le premier ?
CORDENBOIS et COLLADAN.
Moi !
CHAMPBOURCY.
Diable ! voilà une difficulté qui se présent*'...
BAUCANTIN, à Champbourcy.
Ordinairement, dans les assemblées délibérantes, le plus jeune cède le pas au plus âgé...
CHAMPBOURCY.
Très bien... ! Monsieur Cordtnbois, vous avez la parole...
CORDENBOIS.
Permettez... M. Colladan est plus âgé que moi.
COLLADAN.
Moi ? Ah ! ben ! je suis votre cadet... vous êtes mon ancien... et de pas mal de pains de quatre livres encore !
CORDENBOIS.
C'est faux ! je ne parlerai pas le premier.
Il s'assoit.
COLLADAN.
Moi non plus !
Il s'assoit.
CHAMPBOURCY.
Sapristi ! moi qui comptais sur une discussion brillante... Voyons, messieurs, pas d'entêtement !