ACTE I — SCÈNE VIII
CORDENBOIS, se levant.
Allons! je veux bien parler... non parce que je suis le plus âge... mais parce que je suis le plus raisonnable...
BAUCANTIN.
Très bien !
Messieurs, je serai court...
CHAMPBOURCY, avec grâce.
Xous le regretterons...
CORDENBOIS, saluant.
Ah !... messieurs, nous nous trouvons à la tête d'une somme considérable, inespérée !... On attend de nous quelque chose de grand, qui frappe les masses... Je propose d'écrire à M. Chevet et de lui demander de nous envoyer une dinde truffée.
TOUS, murmurant.
Ah ! ah !
CHAMPBOURCY, agitant une sonnette placée sur le guéridon.
Silence, messieurs... vous répondrez... toutes les opinions... même les plus saugrenues...
CORDENBOIS.
Hein?
CHAMPBOURCY.
Ont le droit de se faire jour.
LÉONÏDA.
M >\, je m'oppose aux truites... je n'en mange pas.
BLANCHE
Moi, non plus.
J'ajouterai qu'elles me font mal !
COLLADAN.
Je leur-z-y préfère les /.'haricots...
CORDENBOIS.
Permettez... Je persiste dans mon conclusum
CHAMPBOURCY.
Monsieur Colladan, vous avez la parole.
COLLADAN, se levant.
Hum !... hum !... Messieurs et mesdames... il fait très beau... le pavé est bon pour les chevaux... je propose que nous allions tous demain à la foire de Crépy.
TOUS, murmurant.
Oh ! oh !
LÉONIDA.
Voilà autre chose !
CORDENBOIS.
C'est idiot !
CHAMPBOURCY, agitant sa sonnette.
Messieurs... messieurs... vous répondrez...
CORDENBOIS.
J'ai répondu.
COLLADAN.
Quoi !... on voit des baraques... des serpents... des magiciens... et la femme qui pèse trois cents... on peut toucher... c'est amusant, ça.