‹ La cagnotte, et autres comédiesChapitre 250 sur 333 · ACTE III — SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

ACTE III — SCÈNE XIII

AUBERTIN, tirant un papiei i a poche, à Blandinet. Tiens, signe-moi ça !

BLANDINET.

Quoi ?

AUBERTIX.

Un acte d'association !

BLANDINET.

Encore ! (Lui sautant au cou.) Ah ! Gustave ! (A part, pleurant et s'essuyant lis yeux avec les actes d'association.) Et j'ai dit qu'il ne reviendrait pas ! Ah ! il faut croire aux amis !

AUBERTIN

Maintenant, voici Laure qui attend que tu veuilles bien demander sa main...

BLANDINET.

Oh ! ça ne se peut plus ! Léonce n'a pas de dot...

Pardon, il en a une... il a pour dot les cinquante mille francs que tu voulais me prêter...

BLANDINET, vivement.

Ne parlons pas de ça !

AUBERTIN

Parlons-en, au contraire ! je les lui constitue comme apport !

BLANDINET, à part.

Mon Dieu, que les hommes sont bons !

LAURE

D'ailleurs, je nie trouve assez riche pour deux... et, s'il le faut, je me priverai...

BLANDINET.

le priver! pauvre petite! (A pan.) Mon Dieu, que les femmes sont bonnes !

AUBERTIN

El puis tout n'est peut-être pas désespéré. M.Turneps, ton banquier, vient d'être arrêté à la frontière de Belgique...

LÉONCE

M. Turneps...

BLANDINET.

Tu sais... les trois cent mille francs ?

Mais ils ne sont plus chez lui... Muni de votre procuration, je les ai retirés avant-hier... ils sont à la Banque !

TOUS

Ah !

BLANDINET.

Est-il possible ! je suis... je suis riche ! Mizabran ! je vous rendrai vos deux termes !

MIZABRAN.

Ça ne presse pas... demain.

BLANDINET, à Joseph.

Joseph! je double vos gages! (A sa femme.) Tu auras des diamants ! (A Léonce.) Un cabriolet !

AUBERTIN

Eh bien, tu es content ?

BLANDINET,

Oh ! oui ! (Le regardant.) C'est-à-dire non !

Page 1