ACTE II — SCÈNE I
SYLVAIN
Mazette !... je ne rougirais pas d'être garçon de café, moi !
BENJAMIN, froissé.
Mais il n'y a pas de quoi rougir !
SYLVAIN
D'abord, on est toujours frisé... et puis on voit des femmes !
BENJAMIN
Oui, mais c'est bien excitant.
Ça m'est égal... Dites donc, mon petit... comment vous appelez- vous ?
BENJAMIN
Benjamin.
SYLVAIN
Eh bien, si tu entendais parler qu'on ait besoin d'un jeune homme... pense à moi !...
BENJAMIN, à part.
Il me tutoie !... (Haut.) Sois tranquille !
SYLVAIN, remontant.
Comme ça, je peux marcher avec mes dix-sept francs !...
BENJAMIN
Parfaitement.
SYLVAIN
Alors retiens-moi un cabinet...
BENJAMIN, lui indiquant la gauche.
Le petit 4... sur le boulevard...
SYLVAIN
Et si je n'étais pas arrivé quand Miranda viendra... tu la ferais monter par l'escalier réservé.
BENJAMIN
Très bien... ne t'en occupe pas.
Tu viendras prendre le café avec nous. (Lui donnant une poignée de main.) Adieu !
Il sort, par le fond, à droite.
BENJAMIN
Adieu !