SCÈNE III
BENJAMIN, CHAMPBOURCY, COLLADAN, CORDENBOIS, LÉONIDA, BLANCHE,
avec des sacs de niait et des petits cartons.
COLLADAN.
Eh bien, je ne suis pas fâché d'avoir vu ça... je n'avais jamais vu de voleur... ça ressemble à tout le monde.
LÉONIDA.
Mais courait-il ! courait-il !
CHAMPBOURCY.
Il a passé tout près de moi... en étendant la main, j'aurais pu l'arrêter.
CORDENBOIS.
Il fallait le faire...
CHAMPBOURCY.
Moi ? ça ne me regarde pas !... nous ne sommes pas venus à Paris pour ça... sans compter qu'on
peut recevoir Un mauvais COUp. (Apercevant Benjamin.)
Ah ! garçon !...
BENJAMIN
Monsieur !
CHAMPBOURCY.
Peut-on déjeuner ?
Quand ça ?
COLLADAN.
Eh bien, tout de suite ! je meurs de faim...
BENJAMIN
Certainement, monsieur... si vous désirez un cabinet.
TOUS, choqués et remontant.
Hein ?
LÉONIDA.
Pour qui nous prenez- vous ?... Cardez vos cabinets pour vos lorettes !
CHAMPBOURCY.
Très bien, ma sœur !
BENJAMIN
Ne vous fâchez pas... je vais chercher la carte du jour... (A part.) Des gens qui ont faim avant midi... ça vient du Berry ou de la Champagne.
Il entre à droite. Champbourcy dépose son parapluie sur une table à gauche, tandis que les autres envahissent les autres tables avec leurs paquets ; celui de Colladan est enveloppé dans un mouchoir de couleur. Léonida pose ses paquets sur la première table, à droite.
CHAMPBOURCY.
C'est ça !... installons-nous...
COLLADAN, montrant son paquet.
Moi, j'ai emporté une paire de souliers.
Nous ferons de ce restaurant notre quartier général... si nous y sommes bien, nous y viendrons dîner.
Ils reviennent en scène.
CORDENBOIS.
Du tout ! du tout ! je propose Véfour..