ACTE II — SCÈNE III
CHAMPBOURCY.
C'est bien ! nous irons aux voix !
BLANCHE
Comprend-on M. Félix qui manque le chemin de fer?...
COLLADAN.
Je m'en doutais... parce que les notaires... ça n'est pas du matin.
LÉONIDA.
Je suis lasse. Asseyons-nous.
Elle s'assoit ainsi que Blanche.
CHAMPBOURCY.
Déjà ! nous n'avons encore rien vu...
CORDENBOIS.
A qui la faute ? nous partons pour voir les monuments, et vous nous menez chez votre dentiste... Monsieur fait ses courses !
CHAMPBOURCY.
M. Ccrdenbois, vous êtes amer... Je ne vous souhaite pas de mal... mais, si le hasard voulait que vous vous cassassiez un bras... je m'estimerais fort heureux, moi, de vous conduire chez un médecin... je ne regretterais pas la course.
COLLADAN, à part.
Bien tapé ! (Haut.) Au moins vous a-t-il soulagé, votre arracheux ?
CHAMPBOURCY.
Oh ! tout de suite ! il m'a brûlé un petit nerf de la gencive... ça ne m'a pas soulagé... alors il m'a extirpé ma dent... ça m'a coûté dix francs !... je les ai pris sur la cagnotte...
CORDFNBOIS.
Dix francs !... C'est roide !
BENJAMIN, rentrant avec nue carte encadrée. Voici la carte du jour...
TOUS
Ah !
CHAMPBOURCY, prenant la carte.
Donnez ! ça me regarde !
Benjamin remonte.
CORDENBOIS.
Ça vous regarde... ça nous regarde tous...
CHAMPBOURCY.
Oh ! si tout le monde veut gouverner... j'abdique...
Papa ?
LÉONIDA.
Messieurs...
CHAMPBOURCY.
Non !... c'est que M. Cordenbois a la prétention de nous régenter.
CORDENBOIS.
Moi ?... je n'ai rien dit !
COLLADAN, à part.
Ils sont toujours à s'asticoter. (Haut.) Voyons... chacun dira son petit mot... Voilà !... il faut d'abord expliquer à monsieur (il indique Benjamin.) que nous sommes une société qui est venue à Paris pour se régaler.
CHAMPBOURCY.
Sans faire des folies.