SCÈNE XIV
LENGLUMÉ
Oui.
POTARD, à part.
Pourquoi
LENGl UMÉ.
Eh bien, Potard, c'est atroce, n'est-ce pas ?
POTARD
Quoi ?
LENGLUMÉ
Tu m'as vu cette nuit ?
POTARD
Je vous ai même suivi... vous battiez les murs... et tout ce qui se trouvait devant vous... avec mon parapluie... pif ! paf ! pan !
LENGLUMÉ, à part.
La malheureuse !...
POTARD
Ah ! vous allez bien quand vous vous y mettez !
Je te jure que c'est la première fois que je m'y mets !... Pauvre femme !...
POTARD
Votre femme n'en saura rien.
LENGLUMÉ
Oui... mais l'autre ! T1 . ,. , . ,
Il indique le ciel.
POTARD, à part, riant.
Comment, il en a une autre ?... au-d<ssus !
LENGLUMÉ
Potard... j'ai une demande à t'adresser.
POTARD
.Moi au^si !
LENGLUMÉ
Tu ne voudrais pas me mettre dans la peine, n'est-ce pas? toi, notre seul parent du côté des Frottemouillard !
POTARD
Parlez, cousin.
LENGLUMÉ
Eh bien, si jamais on te demande à qui tu as prêté ton parapluie... ton sinistre parapluie !...
POTARD
Qu'est-ce qu'il a ?
Réponds... ah ! réponds que tu l'as égaré dans le chemin de fer de Versailles en allant voir jouer les eaux, un dimanche !...
POTARD
Tiens !... quelle drôle d'idée !
LENGLUMÉ
Tu m'as compris ?
POTARD
C'est-à-dire...
LENGLUMÉ, lui serrant la main.
Merci !... merci !...
Soupir de satisfaction.
POTARD, à part.
Il a l'air bien disposé. (Haut.) Cousin, à mon tour, j'ai un service à vous demander.