ACTE I — SCÈNE I
COLLADAN.
Mademoiselle... Je ne respirais pas ce coup-là.
CHAMPBOURCY.
Avec vingt et un et as, on risque deux sous.
CORDENBOIS.
Un fermier ! un richard ! fi ! c'est de la carotte.
COLLADAX.
Quand on ne respire pas un coup...
LÉOXIDA.
C'est à moi de faire.
Elle donne les cartes.
COLLADAX.
Je suis carre... Parlez !
CORDEXBOIS, à Champbourcy.
Votre lampe file !
CHAMPBOURCY, se levant.
C'est la mèche... (A Cordenbois.) Prenez le globe... (A Coiiadan.) Vous, le verre...
Menu- jeu que la première fois.
COLLADAX, à part.
Il est embêtant avec sa lampe... J'aimerais mieux une chandelle.
CHAMPBOURCY, arrangeant sa lampe.
C'est la mèche qui charbonne... (Reprenant le verre.) Pardon... (Reprenant le globe.) Merci...
Tous trois se rassoient.
CORDENBOIS.
Y' >vons... jouons scrieusemenl .
Un domestique paraît au fond avec deux lettres.
BLANCHE, se levant.
Ah ! le courrier de Paris qui arrive. (Elle prend les
deux lettres. Le domestique sort.) UllC lettre pour ma
tante, non affranchie.
Elle la lui remi t.
LÉONIDA, étonnée et se levant.
Pour moi ?
BAUCANTIN, qui après ces derniers mots a gagné la cheminée.
Moi, les lettres non affranchies, je les refuse.
Et une pour M. Colladan.
Elle regagne sa place.
LÉONIDA, à part, après avoir jeté les yeux sur l'adresse.
Cette écriture... grand Dieu !...
Elle met vivement la lettre dans sa poche et vient se rasseoir.
CHAMPBOURCY.
Oui est-ce qui t'écrit, ma sœur ?
LÉONIDA, troublée.
Personne... c'est-à-dire si... ma marchande de modes... Voyons, à qui à parler?
COLLADAN, qui a mis ses besicles et regardé sa lettre.
Ah ! c'est de mon fils... de Sylvain... que j'ai mis à l'école de Grignon pour apprendre les malices