SCENE III COCAREL, SYLVAIN, puis JOSEPH
SYLVAIN, paraissant au fond, à gauche.
Monsieur Cocarel ?
Hein ! que voulez-vous ?
SYLVAIN
C'est moi ; je viens pour la soirée.
COCAREL.
Ah ! très bien ! (A part.) L'ami d'Anatole... son remplaçant. (Haut.) Attendez, il faut que je vous examine...
11 va au pupitre déposer ses papiers.
SYLVAIN, à part, étonné.
Il va m'examiner !
COCAREL, revenant.
Voyons ! tournez-vous !... pas mal !... pas mal ! votre gilet est bien... mais le pantalon n'est pas de la première fraîcheur...
SYLVAIN
Dame !... on met ce qu'on a.
COCAREL.
Oh ! mon ami ! il manque un bouton à votre habit... Ah ! je n'aime pas ça !
SYLVAIN, à part.
En voilà un qui épluche ses invités !
Vous pas ère: an vestiaire... on vous en remettra un.
SYLVAIN, à part.
Tiens ! on es1 raccommodé !
COCAREL.
Je n'ai pas besoin de vous recommander de la -. de la réserve... un langage châtié, pas de mots équivoques, d'allusions grossières...
SYLVAIN, étonné.
Ah!
COCAREL.
Vous n'avez droit qu'à une brioche et à une tasse de thé.
SYLVAIN
Je n'aime pas le thé... c'est fadasse !
COCAREL.
Fadasse ! voilà un mot que je n'aime pas... dites : « Le docteur me le défend... » Soyez homme du monde, palsembleu ! attendez !
Il va à la table et prend une paire de gants dans le tiroir.
SYLVAIN, à part, et passant.
Ah bien, voilà un drôle de bonhomme ! il fait passer des glaces et il défend à ses invités d'en prendre !
SYLVAIN
Oui... faut pas dire de bêtises aux dames.
COCAREL.
Autre chose ! on passera des glaces... des bonbons assortis... vous n'y toucherez pas.