ACTE IV — SCÈNE VII
COCAREL, à part.
C'est un beau grenadier... il faut s'y habituer.
CHA.MPBOURCY.
Voyons ! franchement... ça ne se peut pas, n'estce pas?
LÉONIDA.
Comment ?
COCAREL, très gracieux.
Mais je ne dis pas cela... Mademoiselle est fort bien... et très capable d'inspirer une passion...
CHAMPBOURCY.
Elle ! mais regardez-la donc !
LÉONIDA, furieuse.
Théophile !
CHAMPBOURCY.
Non... c'est pour répondre à monsieur... L'épouseriez-vous, vous ?
COCAREL.
Mais certainement... si les circonstances...
CHAMPBOURCY.
Laissez-moi donc tranquille !
Théophile !... vous n'êtes qu'un sot... un impertinent comme toujours !
CHAMPBOURCY.
Du reste, allez !... moi, je ne demande pas mieux... parce que, si vous connaissiez son caractère... il n'y a pas au monde d'être plus désagréable... plus acariâtre...
COCAREL remonte et passe.
Chut donc !...
T4o LA CAGNOTTE
LÉONIDA.
C'esi faux... [Monsieur, ne le croyez pas !...
CHAMPBOURCY.
Ht difficile sur la nourriture! Mademoiselle ne mange pas de bœuf !... il faut jeter le bœuf !...
COCAREL.
Mais pas si haut ! on peut vous entendre !
CHAMPBOURCY.
C'est juste !... il est par là, le malheureux !
COCAREL.
J'en ai deux !...
LÉONIDA, joyeuse.
Deux ! Ah ! allons les voir !
Elle remonte.
COCAREL, l'arrêtant.
Mais un instant, vous n'êtes pas habillée...
LÉONIDA.
Comment ?
COCAREL.
Une robe montante pour un bal...
LÉONIDA.
Ah ! mon Dieu !... mais je n'ai pas de robe décolletée...
CHAMPBOURCY, frappant sur son gousset.
Et je vous avoue que, s'il fallait en acheter une dans ce moment...
COCAREL.
Soyez donc tranquille !... ici, tout est prévu... veuillez conduire mademoiselle au magasin... Hn-