ACTE IV — SCÈNE VIII
lotte dans le salon... tâchez de me trouver quelque chose dans ce genre-là.
COCAREL.
Nous chercherons... Mais prenez donc la peine de vous asseoir !
COLLADAN, passant.
C'est pas de refus.
Il s'assoit ainsi que Sylvain.
COCAREL.
Vous tombez bien !... dans ce moment, j'ai de très belles occasions... Attendez ! je vais consulter mon livre.
Il ouvre son cadenas qui fait son cric crac habituel. COLLADAN, à Sylvain.
Pourquoi qu'il ouvre cette manivelle-là ?
SYLVAIN
J'en sais rien...
COLLADAN, à part.
J'ai rencontré le plateau... j'ai refait ma provision de brioches.
Il en sort une de sa poche et la mange.
COCAREL, consultant son registre.
Voyons !... je ne lis pas les noms... vous comprenez... la discrétion est le nerf de ma profession... (Lisant.) N° 2,403... Cela fera peut-être votre affaire...
COLLADAN.
Comment ! c'est des mariées que vous avez dans ce gros livre ?...
COCAREL.
Certainement !... (Lisant.) « 2,403... Cinquante mille francs de dot... »
i | | LA CAGNOTTE
CO] LADAN.
Je voudrais mieux que cela.
SYLVAIN
Moi aussi !
COCAREL.
Attendez !...
11 feuillette son livre.
COLLADAN, croyant tirer une autre brioche de sa poche, amène une pierre et mord dedans.
Ah ! saperlotte ! un caillou ! je m'ai ébréché !
Il le pose à terre.
COCAREL.
« N° 9,827... quatre- vingt mille francs !... » COLLADAN.
Je préfère celle-là...
COCAREL, lisant.
« Santé parfaite... caractère enjoué... musicienne si on le désire... »
COLLADAN.
Oh ! nous ne tenons pas à ces bêtises-là.
COCAREL, venant à eux.
Seulement il faut tout dire... elle a un œil...
SYLVAIN
Elle louche ?
COCAREL.
Oh non !... elle est borgne... vous finiriez toujours par vous en apercevoir... j'aime mieux vous prévenir.
Mon Dieu, nous ne tenons pas aux yeux...