SCÈNE PREMIERE
COCAREL, JOSEPH.
Au levex' du rideau, Joseph achève d'allumer les bougies des candélabres.
COCAREL, entrant du plan coupé gauche.
Dépêche-toi, Joseph.
JOSEPH
C'est fini, Monsieur. . . faut-il allumer aussi dans les autres salons?
COCAREL.
Mais certainement. . . aujourd'hui grande soirée. . . enjevue de première classe. Une jeune personne de la Ferté- K>us-Jouarre... cent mille francs de dot!.,, tu as com- Jaandé des glaces, des petits fours !
JOSEPH
Oui, Monsieur.
<l COCAREL.
Très-bien, tu as prévenu aussi notre personnel de dan< seurs, de danseuses?
JOSEPH
Oui, Monsieur, Ils viendront tous.., sauf M. Anatole.
COCAREL.
Comment! Anatole ne viendra pas.,, et pourquoi?
JOSEPH
Il demande de l'augmentation... c'est Mardi-Gras, il voulait dix francs.
C'est insensé ! il me semble que cinq francs et une paire de gants paille. . . c'est très-raisonnable l
JOSEPH
C'est ce que je lui ai dit. . .
COCAREL.
- Je reconnais qu'il est. très-bien. .. -sa tenue est parfaite!... Ce n'est qu'an premier clerc de coiffeur. . . eh bien ! l'autre jour on l'a pris pour un attaché d'ambassade.
JOSEPH
Et puis il sent si bon !
COCAREL.
C'est vrai!... il a toujours l'air de sortir d'un pot de pommade... ça fait bien dans un salon.
JOSEPH
Il a promis d'envoyer un de ses amis pour le remplacer.
COCAREL. •
C'est égal, je le regrette. . . c'était mon étoile. . . enfin ! allume dans le grand salon... et baisse les lampes... jusqu'à ce qu'on arrive.
(Joseph sort par le fond à droite.)