‹ La cagnotte (volume 2)Chapitre 57 sur 97 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

COCAREL, seul regardant la pendule.

Septheures'trois quarts... Si j'en crois sa dépêche : la belle Léonida ne tardera à arriver. (Tirant un papier de sa poche et lisant.) « Moi, venir à huit heures... moi, bien émue... moi, « pas dormir... » Elle parle nègre elle est peut être créole... voyons son dossier.' (Il va à son pupitre et prend sur la tablette de dessous des papiers.) Remettons-nous en mémoire les détails de sa personne. (Prenant une lettre et lisant.) « Je suis brune. . . » (Parlé.) Sapristi ! pourvu que ce ne soit pas une négresse!... c'est très-difficile à écouler... cependant l'année dernière j'en ai réussi une. .. mais c'est un autre prix!... je prends 10 pour 100 sur la dot au lieu de 5. (Lisant.) «Mon front est pâle... » ah! elle est blanche. (Lisant.) «Une tendre mélancolie, tempérée par une douce

« gaieté, brille dans mes yeux, je suis distinguée de ma- « nières sans afféterie,- expansive, douce. . . » (Parlé.) Elle entend le prospectus;.. (Lisant.) « Il ne m'appartient « pas de parler de mon cœur, mais depuis mon enfance, « je me suis dévouée à soigner un frère beaucoup plus « âgé que moi, c'est un vieillard goutteux, morose, désa- « gréable... et cependant jamais une plainte ou un re- « proche ne s'est échappé de mes lèvres de roses. Enfin, « si la personne me plaisait, je consentirais à habiter une « petite ville bien située. . . »

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